• De la science fiction dans la nature

    Nature insolite 

    LE NEMATOMORPHE - Bestiole bizarre !

    De la science fiction dans la nature

    Le Nématomorphe

    Les parasites propagent des affections aussi terrifiantes que le paludisme, la maladie du sommeil ou la grippe aviaire. Ils représentent 50% des formes de vie sur Terre ! La compréhension du comportement étonnant de certains parasites est donc un enjeu majeur pour la santé au plan mondial.  

     Le nématomorphe est un ver parasite dont l'étude a débuté en France il n'y a même pas 10 ans par une équipe de chercheurs dirigée par Frédéric Thomas, directeur de recherche au CNRS. Il se développe dans l'abdomen de divers insectes en prenant bien soin de n'altérer aucun organe vital. Le moment venu, le ver s'extirpe de son hôte d'une manière très spectaculaire.

    Pour ce faire, il va manipuler ses hôtes et les contraindre à des actes totalement étranges et contraires à leur nature. Par des moyens chimiques, il force par exemple le grillon des bois à se suicider en se jetant à l'eau, ce qui lui permet de retrouver le milieu aquatique indispensable à sa reproduction.

    Si le grillon survit à cette catastrophe peu naturelle pour lui, il pourra peut-être reprendre une vie (presque) normale. Si l'insecte parasité est ingurgité par une grenouille ou un poisson, le nématomorphe parvient à ressortir intact du prédateur… Un cas unique dans la nature. Par quels arguments chimiques ce maître manipulateur parvient-il à ses fins ? En savoir plus pourrait nous éclairer sur les stratégies pratiquées par des parasites très dangereux pour l'homme.

    source : cerimes

     

    L’étude des stratégies employées par les parasites afin d’être transmis d’un hôte à un autre est un sujet central en parasitologie. Comprendre de telles stratégies est fondamental pour tous les aspects appliqués de la parasitologie comme l’épidémiologie et la médecine.

    L’une des stratégies de transmission parasitaire les plus fascinantes est certainement la manipulation de l’hôte, observée quand un parasite accroît sa transmission en altérant le comportement ou la morphologie de son hôte. Par exemple, de nombreux parasites transmis de manière trophique altèrent le comportement de leur hôte intermédiaire afin d’augmenter leur chance d’être mangé par l’hôte définitif prédateur.

     Bien que les exemples soient nombreux, peu de choses sont connues concernant les dialogues et conflits moléculaires entre l’hôte et le parasite au cours du processus de manipulation. Prologue Les nématomorphes constituent un taxon relativement inconnu d’environ 300 espèces distribuées dans le monde entier. Les femelles et les mâles adultes ont une vie libre et aquatique et se rassemblent en noeuds gordiens pour se reproduire. Contrairement aux adultes, les juvéniles sont parasites d’arthropodes, principalement des insectes terrestres.

    Les nématomorphes sont donc confrontés au problème de franchir la barrière entre le milieu aquatique et terrestre. Pour cela, ils utilisent des hôtes intermédiaires comme des larves aquatiques d’insectes (par exemple, larves de moustiques ou de phryganes) ou bien infectent directement les hôtes lorsque les larves sont ingérées avec de l’eau.

    Pendant leur développement, les nématomorphes passent d’une taille microscopique à celle d’un ver dont la longueur est considérablement plus grande que celle de l’hôte qui l’héberge. Le nématomorphe arrivé à maturité occupe tout son hôte à l’exception de la tête et des pattes. À ce stade, les vers sont prêts à émerger. Il a été récemment montré que les insectes hébergeant des vers matures manifestent un comportement original et spécifique à leur statut de parasité : ils sont à la recherche d’eau et y sautent quand ils en rencontrent.

    Sachant que les insectes sautant ainsi dans l’eau ont un risque de noyade élevé, ce comportement est considéré comme « suicidaire ». Les vers adultes émergent alors de leur hôte et nagent activement dans l’eau afin de rencontrer des partenaires sexuels. Ce comportement de recherche d’eau par les insectes infectés est observé chez au moins 8 espèces d’orthoptères dans le sud de la France et il se pourrait que la plupart des espèces de nématomorphes aient la capacité d’altérer le comportement de leur hôte afin de pouvoir rejoindre un environnement aquatique au terme de leur développement.

     (source : erudit.org/)

     

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