• Des dinosaures à plumes

    Nature insolite

    DES DINOSAURES A PLUMES 

    La découverte d’un fossile d’un petit dinosaure en Mongolie éclaire l’apparition des plumes.

    Guère plus gros qu’un pigeon, Epidexipteryx hui en possédait bien mais elles ne lui servaient pas à voler. Il semble que son plumage n'était là... que parce c'est joli. Un article de Nature décrit ce dinosaure qualifié de "bizarre" par ses découvreurs.

    Il est aujourd’hui admis que les oiseaux descendent d'un groupe de dinosaures, les théropodes, et même qu'ils sont des dinosaures.

    Cela peut surprendre mais n'est-ce pas aussi logique que de considérer dauphins

    et baleines comme des mammifères typiques ?

    La découverte vers la fin des années 1990 de plusieurs exemplaires de dinosaures possédant des plumes a confirmé cette filiation. On la soupçonnait d'ailleurs depuis le dix-neuvième siècle après la découverte dans le calcaire des carrières de Solnhofen de l’archéoptéryx et de Compsognathus longipes.

    Epidexipteryx hui est un petit dinosaure à plumes découvert en Mongolie intérieur dans des sédiments datés de -168 à -152 millions d’années, ce qui le rend légèrement plus ancien que l’archéoptéryx. Son squelette montre qu’il ne peut pas être l’ancêtre direct des oiseaux mais il est incontestablement l’un des dinosaures qui leur est le plus proche d’un point de vue phylogénétique. Il semble apparenté aux scansorioptérygidés et possède plusieurs caractéristiques que l’on retrouve chez les théropodes, des dinosaures bipèdes carnivores dont l‘étymologie du nom signifie "pieds de bête sauvage", qui font partie des dinosaures saurischiens.

    DES DINOSAURES A PLUMES

    Un plumage uniquement pour faire le beau

    Si la filiation entre dinosaures et oiseaux est maintenant admise, on est loin de comprendre comment et pourquoi les plumes sont apparues, sans parler de l’invention du vol. La découverte d’un fossile d’Epidexipteryx hui est intéressante car les empreintes des plumes qu’il possédait révèlent que, d'une part, elles n’étaient pas adaptées au vol et, d'autre part, qu’elles formaient quatre longs rubans en forme de queue. Il semblerait donc qu’il s’agissait surtout d’ornements.

    Comme il s’agit d’un animal vivant avant l’archéoptéryx, on peut penser que bon nombre de dinosaures possédaient déjà des plumes bien avant de s'en servir pour voler. La diversité des dinosaures à plumes commence donc à apparaître et elle n’est pas sans rappeler celle des oiseaux eux-mêmes.

    Lentement mais sûrement, les étapes et les circonstances de la transition entre dinosaures et oiseaux sont donc en train d’être découvertes par les paléontologues. Gageons que le plus surprenant est encore à venir...

     DES DINOSAURES A PLUMES

     Conservés dans un morceau d'ambre, des fragments de plumes de cent millions d'années ont permis à des chercheurs de l’Université de Rennes de reconstituer un maillon dans l’évolution des plumes de dinosaures à celles des oiseaux.

    Aussi incroyable que cela puisse paraître, on possède depuis un certain nombre d’années des fragments de plumes datant de l’époque des dinosaures, piégés dans de l’ambre fossile en provenance des Etats-Unis et même de la France. De tels fossiles sont devenus encore plus excitants lorsqu’on a retrouvé des squelettes de petits dinosaures en Chine clairement associés à des empreintes de plumes. L’hypothèse déjà avancée au XIXè siècle d’une filiation directe entre les dinosaures théropodes et les oiseaux modernes devenait un fait bien établi. On pouvait dès lors se prendre à rêver : parmi les fragments de plumes retrouvés, certains n'auraient-ils appartenus à des dinosaures ? Pouvait-on imaginer trouver un jour des plumes de vélociraptor, les dinosaures carnivores mythique de Jurassic Park ?

    Récemment, des fragments d’ambre vieux de cent millions d’années avaient été extraits en 2000 d’une carrière de Charente-Maritime par Didier Néraudeau de l’Université de Rennes et par Vincent Perrichot du Museum für Naturkunde de Berlin. Grâce aux rayons X produits par le synchrotron de Grenoble, ces restes avaient fourni de remarquable images d'insectes piégés dans l’ambre. Les chercheurs ont continué leurs travaux avec la même méthode sur 7 fragments de plumes retrouvées dans l’ambre de la même provenance.

    Des détails micrométriques

    Déjà en 2004, Loïc Marion de l’Université de Rennes avait fait remarquer que ces fragments de plume possédaient des caractéristiques différentes de celles que l’on connaît chez les oiseaux modernes. Avec Paul Tafforeau, du synchrotron de Grenoble, les trois chercheurs ont donc analysé d’un peu plus près ces mystérieuses plumes. Ils ont obtenu des images en trois dimensions et une résolution remarquable puisque des détails de l’ordre du micron étaient visibles.

    Sans démontrer qu’il s’agit bien de plumes de dinosaures, les nouvelles données obtenues montrent que ces restes ne provenaient pas d'un oiseau, au sens classique du terme. Les chercheurs pensent donc qu’il s’agit au moins de façon sûr d'une espèce primitive proche des dinosaures bipèdes, faisant la preuve du passage des plumes primitives, de type duvet, aux plumes modernes. Quel que soit le propriétaire de ces plumes, il était bien un intermédiaire entre dinosaures et oiseaux...

    (source : futura-sciences

        

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