• L'oracle d'Oberhausen

    Conscience animale 

    Paul, l'oracle d'Oberhausen 

    Paul le poulpe ou Paul la pieuvre, surnommé « l’oracle d’Oberhausen », (Weymouth, 2008 – Oberhausen, 26 octobre 2010) est une pieuvre commune mâle maintenue en captivité à l’aquarium Sea Life d’Oberhausen en Allemagne. Paul est devenu mondialement célèbre pour le spectacle de ses prédictions du résultat des matchs de l’équipe d'Allemagne de football lors du Championnat d’Europe 2008 et de la Coupe du monde 2010, dont il a également désigné le vainqueur. Paul le poulpe faisait connaître ses choix en ouvrant une boîte aux couleurs de l'équipe gagnante.

    Sur 14 prédictions au total, 12 se sont révélées exactes.

    L'oracle d'Oberhausen

    Origine du poulpe

    Paul est né officiellement en 2008 à l’aquarium Sea Life de Weymouth en Angleterre, mais Verena Bartsch, qui s’occupait de Paul, affirme l’avoir récupéré en Italie. Selon ses dires, au tabloïd allemand Bild-Zeitung, il serait en fait né en avril 2010. Auquel cas il aurait existé deux « Paul le poulpe » (l'un en 2008, l'autre en 2010).

    Cependant, un mareyeur français du Sud de la France aurait vendu Paul Ier et son successeur. Les deux poulpes seraient donc d'origine française, nés et élevés en France, à Sète.

    Le responsable de l'aquarium d'Oberhausen, Daniel Fey, a expliqué que Paul « avait une façon tellement singulière de regarder les visiteurs qui s'approchaient de son réservoir, qu'ils ont eu l'idée de découvrir et de développer ses talents ».

    Son nom vient du titre d'un poème Der Tintenfisch Paul Oktopus de l'écrivain allemand pour enfants Boy Lornsen.

    L'après coupe du monde

    Après avoir été récompensé pour ses bons résultats avec une reproduction du trophée de la Coupe du monde de football, Paul ne sera plus utilisé pour prédire des résultats sportifs. Selon Tanja Munzig, porte-parole de l'aquarium, il retournera à son ancien métier : amuser les enfants qui viennent lui rendre visite. Cependant, l'espérance de vie de la pieuvre commune dans son milieu naturel étant située entre 1 à 3 ans, étant âgé de 2 ans et demi à l'issue de la Coupe du monde, Paul pouvait vivre encore 6 mois après celle-ci.

    L'association People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) a lancé une campagne pour la libération du poulpe dans un parc national dans le sud de la France, où la pêche est interdite. Mais le directeur du Sea Life aquarium affirme que cet animal n'aurait aucune chance de survie dans la nature, Paul est né en captivité et n'est pas habitué à trouver de la nourriture par lui-même.

    Après la défaite de l'Allemagne face à l'Espagne en demi-finale, de nombreux internautes allemands ont proposé diverses manières de le cuisiner (grillade, marinade, paëlla...) tandis que sa cote de popularité sombrait. Plusieurs membres du gouvernement espagnol, dont José Luis Zapatero, ont évoqué, sur le ton de la plaisanterie, leur intention de protéger l'animal afin que les Allemands ne le mangent pas. L'auteur uruguayen Eduardo Galeano a jugé le poulpe « passablement corrompu » au moment où il a prédit la défaite de l'Uruguay contre l'Allemagne pour le match de la 3e place, car il cherchait à « maintenir de bonnes relations avec le pays où il vit ». Ces exemples montrent que les réactions suscitées par cet inoffensif céphalopode permettent d'en apprendre davantage sur le caractère humain que sur le comportement des poulpes. Au-delà des péripéties sportives, la sympathie dont bénéficie Paul le poulpe s'enracine dans un imaginaire ancien qui voit dans le poulpe l'image de la pensée ondoyante et rusée.

    Sa mort est annoncée le 26 octobre 2010. Il est mort pendant la nuit de causes naturelles. Sa dépouille a été congelée et il pourrait être inhumé dans les jardins de l'établissement où serait érigé « un modeste monument permanent ».

    Son successeur

    Le 27 octobre 2010, le porte parole de l'aquarium Sea Life d'Oberhausen, a annoncé son successeur baptisé Paul II. Né quelques jours avant dans une commune près de Montpellier, il aura droit à une cérémonie d'intronisation digne de son prédécesseur lors de son transfert en Allemagne.

    En fait pour la Coupe du monde féminine 2011 (tenu du 26 juin au 17 juillet) ce sont 8 poulpes qui devront prédire l’issue des matchs de l’Allemagne. Il y a un poulpe candidat dans chacun des 8 aquariums d’Allemagne. La meilleure fiche vaudra à son auteur la succession de Paul.

    Déroulement des prédictions

    Chaque boîte est marquée d'un drapeau et contient de la nourriture.

    Avant les matchs internationaux, on présente au poulpe deux récipients transparents percés de trous, munis d'un couvercle, contenant chacun une moule décoquillée, apparemment cuite (sa friandise préférée) ; l'un de ces récipients est marqué, par exemple, du drapeau de l'Allemagne, et l'autre de celui de l'adversaire. Le poulpe doit ouvrir l’une des deux boîtes en soulevant son couvercle et s’emparer ensuite de la nourriture. Les poulpes sont en effet capables d'une grande dextérité et peuvent utiliser des outils ou ouvrir des récipients. Dans chaque cas, le geste de l'animal est interprété comme la désignation prémonitoire du futur vainqueur.

    Bilan des prédictions

    Lors du Championnat d'Europe de football 2008, la plupart de ses prédictions ont été correctes, hormis les défaites de l'Allemagne face à la Croatie et à l'Espagne.

    Pendant la Coupe du monde de football de 2010, il a correctement prédit les victoires de l'Allemagne contre l'Australie, le Ghana, l'Angleterre, l'Argentine et l'Uruguay, ainsi que les défaites contre la Serbie et l'Espagne. Il a également désigné le vainqueur de la finale entre l'Espagne et les Pays-Bas.

    TournoiPhaseOpposantDrapeau de la boîte ouverte par le poulpeRésultatPrévision
    Euro 2008 Phase de Groupe Drapeau de Pologne Pologne Drapeau d'Allemagne Allemagne 0-2 Correcte
    Drapeau de Croatie Croatie Drapeau d'Allemagne Allemagne[4],[27] 2-1 Incorrecte
    Drapeau d'Autriche Autriche Drapeau d'Allemagne Allemagne 0-1 Correcte
    Quarts de finale Drapeau du Portugal Portugal Drapeau d'Allemagne Allemagne 2-3 Correcte
    Demi-finales Drapeau de Turquie Turquie Drapeau d'Allemagne Allemagne 2-3 Correcte
    Finale Drapeau d'Espagne Espagne Drapeau d'Allemagne Allemagne 1-0 Incorrecte
    Coupe du monde 2010 Phase de groupes Drapeau d'Australie Australie Drapeau d'Allemagne Allemagne 0-4 Correcte
    Drapeau d'Allemagne Allemagne Drapeau de Serbie Serbie 0-1 Correcte
    Drapeau du Ghana Ghana Drapeau d'Allemagne Allemagne 0-1 Correcte
    Huitièmes de finale Drapeau d'Angleterre Angleterre Drapeau d'Allemagne Allemagne 1-4 Correcte
    Quarts de finale Drapeau d'Argentine Argentine Drapeau d'Allemagne Allemagne 0-4 Correcte
    Demi-finales Drapeau d'Allemagne Allemagne Drapeau d'Espagne Espagne 0-1 Correcte
    Petite finale Drapeau d'Uruguay Uruguay Drapeau d'Allemagne Allemagne[28] 2-3 Correcte
    Finale Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas[N 1],[29],[30] Drapeau d'Espagne Espagne[28],[3] 0-1 Correcte

    Calcul des probabilités

    Paul entrant dans la boîte de l'Espagne le 9 juillet 2010.

    Paul entrant dans la boîte de l'Allemagne le 9 juillet 2010.

    Cet animal a donc, de juin à juillet 2010, désigné correctement huit vainqueurs d'affilée. Si on suppose qu'il a à chaque fois une chance sur deux d'obtenir le bon résultat, la probabilité d'avoir juste en choisissant au hasard est de 1/256, soit 0,391 %. Pour l'Euro 2008, la probabilité était de 31 %. En effet, le calcul de la probabilité s'obtient en calculant la probabilité d'avoir au moins quatre succès sur six tentatives à l'aide de la loi binomiale. La probabilité de faire exactement 12 succès sur 14 est de 0,56 %. La probabilité totale actuelle de toutes ses prédictions, avec ces hypothèses, est de 0,65 % (au pire 2 erreurs sur 14 essais).

    Cependant, il est possible que la probabilité ne soit pas d'une chance sur deux à chaque tentative et soit biaisée, car l'expérience n'est pas réalisée suivant des procédures scientifiques. Un tel résultat est d'autant moins surprenant si on considère que de nombreuses expériences de ce genre sont tentées dans le monde. Parmi elles, il est statistiquement normal que certaines aboutissent à des résultats comparables.

    Critiques

    Le succès apparent du poulpe est comparable à une expérience de pile ou face. Ce parallèle a été fait par le professeur Chris Budd de l'université de Bath, le professeur David Spiegelharter de l'université de Cambridge, et Étienne Roquain de l'université Pierre-et-Marie-Curie[.

    Si l'on fait l'hypothèse que l'animal soit tout aussi susceptible de choisir le gagnant ou le perdant d'un match, et que l'on néglige la possibilité d'un match nul, il a une probabilité de 1/2 de prévoir correctement un simple résultat et une probabilité de 1/64 d'en prévoir correctement six d'affilée. Spiegelharter et Roquain précisent que « [d']autres animaux ont essayé, mais sans succès de prévoir les résultats des matches de football » ; il n'est donc pas remarquable qu'un animal ait eu plus de succès dans ses prévisions que les autres, mais les animaux chanceux gagnent davantage l'attention du public.

    Biais envisageables

    Roquain admet que la chance n'est pas nécessairement la seule explication aux bons choix du poulpe. Il pourrait choisir les boîtes de façon systématique — si ce n'est sur la base de l'expertise footballistique, peut-être en fonction des drapeaux présentés ou de la nourriture offerte selon le pays.

    La pieuvre commune ne voit sûrement pas les couleurs ; ni les études de son comportement, ni les expériences à l'électrorétinogramme ne montrent une différenciation des teintes. Néanmoins, les individus peuvent distinguer la luminosité ainsi que la taille d'un objet, sa forme et son orientation. Shelagh Malham de l'université de Bangor affirme qu'ils sont attirés par les formes horizontales, et en effet, il y a des bandes horizontales sur les drapeaux que l'animal a choisis. Le drapeau de l'Allemagne, un drapeau tricolore composé de trois bandes horizontales égales de noir, de rouge et d'or, est le drapeau favori de l'animal. Mais le drapeau de l'Espagne, avec sa large rayure jaune, et le drapeau de la Serbie, avec son contraste de bleu et de blanc, sont plus vifs encore, ceci peut peut-être expliquer pourquoi le poulpe a préféré ces pays à l'Allemagne. Daniel Fey, porte-parole de l'aquarium de l'animal, a suggéré que le poulpe avait confondu les drapeaux allemand et espagnol, particulièrement similaires.

    Matthew Fuller, aquariophile au parc Weymouth, a jugé que la théorie du motif du drapeau est plausible : « Les pieuvres sont les plus intelligents des invertébrés et les études ont montré qu'elles sont capables de distinguer les formes et les motifs, alors peut-être sont-elles capables de reconnaître des drapeaux ? ». Vyacheslav Bisikov, un biologiste russe, estime qu'il est possible qu'une pieuvre soit attirée par un drapeau rayé. Cependant, les drapeaux argentin, ghanéen et hollandais, également rayés, ne semblent pas l'avoir intéressé. Pascal Coutant, directeur de l'aquarium de La Rochelle, a déclaré que « c'est le hasard complet qui guide ses choix ».

    La pieuvre commune est également pourvue de chémorécepteurs sur ses bras, qui sont utilisés pour « sentir » le goût des aliments et l'eau. Le biologiste Volker Miske, de l'université de Greifswald, suggère que les différences chimiques mineures sur la surface de chaque zone peuvent rendre compte des décisions du poulpe. Bisikov estime que l'animal pourrait être « facilement formé » pour choisir la boîte de droite avec son odorat. Selon les gardiens de l'animal en captivité, il y a des trous dans les boîtes pour l'aider à choisir.

    Les théories sur son comportement pourraient être testées systématiquement si le poulpe pouvait répéter sa sélection plusieurs fois, mais il choisit une seule boîte par match. Une expérience scientifique serait plus vigilante envers les sources d'influence, y compris les visuels des drapeaux et des potentielles différences dans la préparation de la nourriture. 

    Les prédictions qui se sont déroulées pendant la Coupe du monde 2010 ont reçu l'attention des médias. À l'issue de la rencontre contre l'Angleterre, dont le résultat correspondait au choix du poulpe, des journaux internationaux comme The Guardian et même l'organisateur du tournoi (la FIFA) sur son site web ont signalé l'existence du poulpe[. Le journal Le Monde qualifie alors cet animal de « pronostiqueur quasi infaillible », puis d'« imparable devin » à la fin du championnat.

    L'auteur du but victorieux de l'Espagne en finale de la Coupe du Monde, Andrés Iniesta, n'a pas hésité à clamer au public de Madrid venu fêter l'équipe, le 12 juillet 2010, en brandissant une peluche figurant Paul : « Grâce au poulpe nous avons été champions ! ».

    (source : wikipedia)

     

    Un animal extraterrestre : le poulpe
      
    Plus intelligent après le dauphin?
    Sans squelette et sans tête, une chair molle et élastique, huit tentacules, trois coeurs, neuf cerveaux et un bec déchiquetant...
      

    description de ce charmant céphalopode…

     (par Alan :  podcastscience)

    Franchement, je trouve que certains auteurs de science-fiction qui décrivent des extra-terrestres le plus souvent humanoïdes manquent cruellement d’imagination. Pas besoin d’aller chercher les aliens bien loin, prenez un poulpe (ou une pieuvre, c’est synonyme) : pas de squelette, une tête à la chair élastique, 8 bras d’une puissance extraordinaire, 3 coeurs, 9 cerveaux.

    Capable de changer de couleur à sa guise. Pas juste de couleur en fait, la peau des pieuvres peut imiter n’importe quel motif même complexe, et elles s’amusent à prendre l’apparence (et le comportement) de prédateurs dangereux (comme le poisson scorpion ou le serpent tricot rayé) pour éloigner les gêneurs ou encore sont capables d’imiter le Bernard lermite pour faire croire qu’elle est protégée par une solide carapace.

    Des expériences à l’aquarium de la Corogne, en Galice, ont montré qu’elles sont mêmes capables de se camoufler sur un fond géométrique artificiel aléatoire ou régulier. Leur camouflage n’est pas un simple réflexe instinctif mais le résultat d’une combinaison d’observation et de volonté. Franchement, ET peut aller se rhabiller.

    Du point de vue de son intelligence, les stratégies et globalement les performances de la pieuvre sont comparables à celles de l’homme.

    Les poulpes cherchent en permanence à comprendre leur environnement et sont doués d’un sens de l’observation hors du commun.

    En fouillant un peu dans les sous-sols de l’Internet, j’ai déniché un formidable reportage de Thalassa, intitulé “Planète Pieuvre”. Ce documentaire  relate de nombreuses expériences menées pour mesurer l’intelligence de ces céphalopodes.

     

    Voici quelques exemples de problèmes totalement inconnus dans la nature et qui ne résistent pourtant pas plus de quelques minutes à l’intelligence du poulpe.

    1. Dévisser le couvercle d’un bocal pour accéder à un crabe qui y est enfermé (démontrant non seulement de la dextérité, mais encore un raisonnement logique et pas mal d’imagination);
    2. Aller se servir dans les nasses des pêcheurs galiciens pour manger à l’oeil, et ils n’ont bien sûr aucune difficulté pour ressortir du piège;
    3. Récupérer un crabe introduit de force dans un récipient à col de cygne (impossible à sortir du récipient, donc). Pour info, nos proches cousins chimpanzés, d’une intelligence pourtant remarquable sont incapables de résoudre ce problème;
    4. S’évader d’une boîte de verre ne contenant qu’une ouverture de 6 cm de diamètre (6 cm, c’est la taille de son bec, la seule partie rigide de son corps). Par contre, si l’ouverture fait moins de 6 cm, la pieuvre n’essaye même pas de s’échapper, elle sait qu’elle ne passera pas. Elle mesure l’ouverture avec un tentacule et décide d’y aller ou non);
    5. S’échapper d’un labyrinthe de verre à l’itinéraire inconnu, en étant entouré de prédateurs. La pieuvre met quelques minutes la première fois, mais ce qui est intéressant, c’est qu’elle ne met plus que quelques secondes à partir de la 2e fois, démontrant qu’en plus de tout le reste, elle a une excellente mémoire !

    On a affaire  une créature capable de déduction, de raisonnement logique, de stratégies, de conduites instrumentales (je ne l’ai pas indiqué dans les exercices, mais la vidéo de la noix de coco comme abri est éloquente à ce sujet !), de mémoire à court et à long terme, alors qu’il s’agit d’un mollusque, plus  proche génétiquement de l’huître et de la limace que de tous les autres animaux!

    Mieux, chacun des bras dispose de son propre cerveau, qui n’a pas à rendre de comptes au système nerveux central pour prendre ses décisions. 250 millions de neurones dans le cerveau central et 50 millions dans chacun des 8 bras… 650 millions de neurones en tout pour une intelligence comparable à la nôtre, qui en comptons quelque 100 milliards ! Comment expliquer un tel rendement ? Des équipes entières de chercheurs en neurosciences sont en train d’étudier la question.

    Alors, avec une telle intelligence et de si nombreux avantages évolutifs, comment se fait-il que ce soit l’homo sapiens qui domine le monde et pas le poulpe ? (Abstraction faite du regretté Paul, bien entendu)

    Eh bien, l’homme est un animal social, comme la plupart des mammifères. Il tire ses avantages de son mode de vie en société, de sa communication et collaboration avec ses pairs, et en l’occurrence, contrairement à la plupart des mammifères, de son langage et de sa culture ! Chez nous, le savoir se transmet de génération en génération. On bénéficie des inventions et découvertes passées : on n’en serait pas où on en est si chaque individu devait redécouvrir le feu et réinventer la roue…

    C’est exactement cela qui se passe chez le poulpe. Les parents meurent juste avant la naissance des petits et ceux-ci sont livrés à eux-mêmes avant d’être secs derrière les oreilles: ils doivent repartir à zéro, tout redécouvrir, tout réinventer.

    Ceci étant dit, le dernier passage du reportage de Thalassa que je mentionnais tout à l’heure évoque de nombreuses recherches qui concluent à un changement de comportement chez les pieuvres. Il semblerait que les individus d’une même génération, sans doute en raison des pressions auxquelles leur environnement en mutation les soumet, déploient de nouvelles stratégies d’imitation et d’apprentissage. Ils ne doivent plus tout redécouvrir seuls mais sont capables d’apprendre les uns des autres et de bénéficier des expériences des autres pieuvres.

    Alors à quand un monde gouverné par les poulpes ? S’ils continuent d’améliorer leur partage de connaissances tandis que nous continuons de couper dans les budgets de l’éducation et de la culture, c’est à dire, ce qui fait notre différence, ils nous mangeront peut-être à la Gallega, avec un peu de piment d’espelette et un filet d’huile d’olive… On ne pourra pas vraiment leur en vouloir!  

      

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