• La montagne Sacrée des Maasaïs

     Sagesse ancestrale

    Ol Doinyo Lengaï - La Montagne des Dieux

    Montagne Sacrée des Maasaïs

    Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Masaïs

    L'Ol Doinyo Lengaï est un stratovolcan de Tanzanie située dans la vallée du grand rift qui parcourt l'Afrique orientale du Nord au Sud. C'est le seul volcan actif de Tanzanie. Ol Doinyo Lengaï est un terme maa, la langue des Maasaïs dont elle est la montagne sacrée, qui signifie « Montagne des Dieux » en français. Il fait partie du massif du Ngorongoro et une savane s'étend à ses pieds.
    L'Ol Doinyo Lengaï est situé sur le bord occidental du rift, à 160 kilomètres à l'ouest du Kilimandjaro, au nord-est du cratère du Ngorongoro et au sud du lac Natron. Il culmine à 2 960 mètres d'altitude.

    Alors que les autres volcans émettent des laves silicatées, l'Ol Doinyo Lengaï est le seul volcan au monde en activité à émettre de la natrocarbonatite (en), carbonatite riche en sodium et potassium. Cette lave, composée en majorité de carbonate de sodium, contient très peu de silice (moins de 1 %). Ceci lui confère une très grande fluidité, une température de 500 °C à 550 °C, une teinte noire lorsqu'elle est en fusion et blanche lorsqu'elle refroidit et que ses minéraux s'hydratent avec l'humidité de l'air, donnant ainsi son aspect enneigé au volcan. Néanmoins elle est rougeoyante lorsque la luminosité baisse.
    L'Ol Doinyo Lengaï est âgé de moins de 370 000 ans ce qui fait de lui le volcan le plus jeune de cette partie du rift africain. Les grandes éruptions (observées) de ce volcan se sont produites en 1880, de 1914 à 1915, en 1926, de 1940 à 1941, en 1958, de 1960 à 1966, de 1983 à 1993, de 1994 à 1998 et depuis 2007, mais il n'est réellement observé et étudié que depuis les années 1960.

    Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Masaïs

    En 1966, le type éruptif est devenu plus explosif, passant à vulcanien puis plinien. Cette éruption a créé un cratère de cinq cents mètres de longueur sur trois cent cinquante mètres de largeur et cent mètres de profondeur au sommet du volcan. Ce cratère s'est rempli lors de l'éruption suivante en 1983. La lave, jaillissant de petits cônes, s'est arrêtée juste en dessous du bord du cratère. À la fin 1998, l'éruption a complètement rempli le cratère et la lave a commencé à déborder sur les pentes du volcan. En 2007, le volcan a changé de régime, redevenant explosif (subplinien)

    Source : wikipedia

     Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Masaïs   

    Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Masaïs

    Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Masaïs

      

      Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Maasaïs 

       Comprendre la Spiritualité des Maasaïs

    (Texte de Xavier Péron - « Les Neuf leçons du guerrier maasaï »)

    Ilmao : accepter la dualité
    Encipaï : être dans la joie
    Osina kishon : accueillir la « souffrance-don »
    Eunoto : devenir un planteur
    Aingoru enkitoo : rechercher le bon ordre

    L'homme dit « civilisé » a souvent taxé de « primitifs » et de « sous-développés » les peuples restés proches de la nature et de la Terre nourricière. Il s'est la plupart du temps placé au-dessus d'eux, décrétant que le progrès technologique était synonyme d'évolution intérieure et de supériorité de l'âme. Mais la barbarie de ses actes, l'absence de respect de toute forme de vie et la majeure partie de ses œuvres ont démontré le contraire. Depuis quelques années, les Peuples dits « Premiers » sont regardés d'un autre œil par de nombreux individus en quête de spiritualité et de vérité. Ces Peuples Premiers apparaissent sous un nouveau jour, doués d'une Humanité, d'une grandeur d'âme et d'une intelligence de la Vie qui surpasse de loin celle de notre culture moderne. Les Maasaïs, par exemple, sont détenteurs d'une Tradition orale précieusement conservée, remontant probablement à l'Ancienne Egypte d'Akhénaton, et ont préservé la flamme d'une Sagesse authentique qui sera à n'en pas douter le second souffle nécessaire au réenchantement de l'Occident.

     Le terme Maasaï dérive du mot Ilmao (Les Jumeaux) qui fait référence à leur Spiritualité fondée sur l'expérience que toutes choses sont reliées à d'autres pour former des paires d'éléments complémentaires. La Spiritualité maasaï se situe entre l'action inventive, fabricatrice de l'Occident et la méditation de l'Orient, et fait de l'Homme un Co-créateur.

    Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Masaïs   

    Anyorro duo, kake meitudutie kewon 

     « Je t'aime, mais pas plus que je ne m'aime moi-même » 

    Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Masaïs

    Kenny Matampash - Sage Maasaï

     Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Maasaïs

     Accepter la dualité  - "Ilmao"

      Elle est très concrète à l'image de leur Déesse-Mère Enk'Aï, Réalité qui donne la vie à tout ce qui est, et non pas un concept philosophique ni une autorité céleste abstraite. Pour les Maasaï, hommes ou femmes, que j'ai appris à connaître et à aimer durant toutes ces années, seul compte le fait de s'harmoniser intérieurement et intimement à un quotidien qui est multiple dans ses aspects et manifestations.
      Seul leur importe de coller au plus près à leur expression la plus sacrée de l'accomplissement individuel : « avoir le regard clair et la démarche alerte ! » reflétant l'extraordinaire liberté qui habite chacun et, avec elle, une attitude indépendante, franche et directe vis-à-vis des autres et du monde en général. D'où le fait que leur société se vive comme une réelle démocratie sans chef, à l'opposé de tout système de domination où prédominent les relations de commandement-obéissance. Peuple en permanence relié à la Terre nourricière entretenue et reproduite en permanence par la Déesse Enk'Aï, ils ne reconnaissent de statut supérieur qu'à leurs Iloïboni Kitok, à la fois grands prêtres, médiateurs divins, prophètes et « hommes-médecine de très grande renommée ». Car, même si ces derniers ne peuvent décider à la place des femmes et des hommes accomplis, leur grand prestige et le respect supérieur qu'ils inspirent proviennent de leur pouvoir de prier Enk'Aï au nom de tous.
     Chaque homme, et chaque femme, a son propre chemin à suivre, mais afin de le connaître et ainsi ne pas empiéter sur celui de quelqu'un d'autre pour être complémentaire avec lui, il convient d'accomplir dans sa vie et en neuf étapes deux grands cycles initiatiques d'une durée respective de 25-30 ans. Le premier est celui de l'école de la Vie qui permet de découvrir son chemin, faire l'apprentissage intérieur de la dualité, et finalement trouver l'harmonie et le bonheur sans avoir eu à les rechercher artificiellement ; le second est celui de la transmission sans coercition, dans la mesure où avec l'âge et la maturité, l'on est naturellement devenu l'exemple vivant de la façon dont les jeunes générations doivent se comporter.

     

      J'ai mis beaucoup de temps à comprendre, mais je crois pouvoir dire qu'aujourd'hui j'ai au moins une idée plus précise de ce qu'être Maasaï veut dire. C'est surtout à force de manquer de l'Essentiel à chaque retour en France que j'ai fini par réaliser qu'être Maasaï signifiait tout simplement être Humain. Que me manque-t-il en effet de si fondamental à chaque fois que je reviens dans le pays qui est pourtant censé être le mien ? Avant tout la chaleur humaine, dont je perçois l'absence comme résultant du déséquilibre et de la dualité ; la générosité et l'art de l'attention à l'autre, dont j'attribue le manque à la montée des peurs ; le sens de l'humour, distanciation par rapport à l'ego, dont la perte signale selon moi la rupture du lien sacré avec les énergies cosmiques ; d'une façon générale, le bien-être auquel tend à se substituer la maladie généralisée.
      L'éthique orale maasaï que j'ai faite mienne continue quant à elle, malgré l'encerclement négatif qui les menace outrageusement, d'être fondée sur la Présence divine et l'amour de la Vérité. La Spiritualité qui nourrit chaque Maasaï leur inspire toujours aussi profondément le dégoût pour le mensonge, le faux témoignage et la convoitise, mais aussi le respect dû aux parents et aux anciens, l'hommage quotidien à la Beauté de la nature et à son enchantement, et enfin le constant remerciement individuel à Enk'Aï pour les bienfaits autant que pour les épreuves personnelles sur terre.
     Accepterez-vous de faire un pas, un tout petit pas, pour vous transformer à votre tour et quitter l'ère des poissons nageant en sens inverse, symboles de la dualité ? Dans la confiance totale et la joie d'Être relié, je vous livre ci-dessous quelques clés maasaï toutes simples pour y parvenir.

     Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Masaïs

    Être dans la Joie - "ENCIPAI"

      La Joie naît de la joie aussi sûrement que la tristesse naît de la tristesse, vous diraient les Maasaï. Ils l'appellent respectueusement Encipaï. Pour eux, sans la Joie en soi on ne peut pas évoluer car elle est la condition même de l'existence et notre fondement à tous. L'avoir durablement en soi constitue par conséquent la première étape de toute véritable initiation. Rien d'étonnant à cela lorsque l'on réalise après coup que la Joie permet aux autres de s'ouvrir à la Vérité de la vie, et pour soi, de recevoir à travers eux des directives intuitives ou ne fût-ce qu'une idée de ce qu'il conviendrait de faire. Des coïncidences de plus en plus fréquentes surviennent alors pour nous mettre sur la bonne voie, c'est-à-dire sur notre chemin. La Joie, c'est pour ma famille maasaï : l'unité, et il est intéressant de noter que l'ultime étape de leur premier cycle initiatique consacre la complétude ⎯avec la révélation de l'Amour qui finalement n'est rien d'autre que la Joie en conscience. Il aura juste fallu pour y parvenir, grâce à la légèreté de la vraie vie qu'est la Joie, avoir eu le courage de surmonter les dangers de la séparation et de la dualité.

    Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Masaïs

    Kenny Matampash et Xavier Péron 

     Lors des périodes inévitables de grand doute, les Maasaï cultivent à outrance le sens de l'humour pour retrouver le sourire si vital, continuant à prendre au sérieux ce qu'ils doivent faire tout en ne se prenant eux-mêmes jamais au sérieux. La clé pour être heureux que j'ai fini par découvrir en vivant parmi eux, c'est aussi et avant tout de bien intégrer ceci : Enk'Aï, Le Grand Tout, La Déesse maasaï, œuvre à travers tous les hommes, et les pensées d'amour qui émanent continuellement de nos cœurs constituent son unique message. Il n'y a qu'à les accepter et à remercier. La seule chose à faire pour vivre une vie harmonieuse est donc de se mettre en disponibilité, en harmonie avec l'énergie créatrice qui nous entoure, et de se laisser guider.
      Il est d'ailleurs merveilleux de noter une convergence fondamentale chez ces êtres libres et pacifiques entre la Vérité intérieure (Esipata) qui est faite de joie pure, la Joie elle-même (Encipaï) qui provient directement du cœur, et l'Amour (Enyorrata) qui est le même pour tous. Pour eux, ces trois termes représentent une seule et même source à laquelle il est recommandé de s'abreuver sans compter. La Vérité consiste à ne pas calculer et à se laisser guider par les battements Joyeux de son cœur pour Aimer sans restriction : la Vie, l'Autre, tous les Etres de la Création. C'est un état d'Être facile à mettre en œuvre par tous.

    Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Masaïs
      A signaler toutefois une chose à éviter absolument : réserver votre amour à des personnes et le refuser à d'autres. Cela vous empêcherait de ressentir sa présence durablement en vous. Enfin, l'Encipaï, c'est aussi le constat que tout dans l'univers et sur cette terre fonctionne non seulement par paires, mais avec à la fois une énergie mâle et une énergie femelle, et que pour être heureux, il faut de toute évidence les deux. Chez les Maasaï où tout est cercle, de leurs villages à leurs bijoux en passant par l'ensemble de leurs rituels, l'on devient une personne entière le jour où l'on a réussi à s'insérer tout entier dans son propre cercle.
      Mais attention ! Pour parvenir à l'unité dans son propre cercle, seul le Cosmos peut apporter l'énergie du sexe opposé. Ça se passe néanmoins automatiquement, à condition de ne pas vous être vous-même coupé de cette connexion vitale. Ce qui est invariablement le cas si vous vous êtes contentés de compléter votre cercle en vous reliant à une personne qui elle aussi cherche à compléter le sien. Avoir la Joie en vous vous aidera à cultiver la patience !   


    Accepter les difficultés - "Osina kishon"
     
     La difficulté existe pour vous rendre conscient de l'authentique sens de la vie humaine. Elle est là pour vous aiguillonner vers l'éveil, car vos frustrations vous permettront de vouloir vous surpasser. Les Maasaï l'appellent Osina Kishon (la Souffrance-Don). Elle est en effet un don du Ciel. Vous remercierez sans cesse lorsque nous y serez confrontés car elle aura été placée sur votre chemin pour vous élever toujours plus haut ; spiritualité maasai qu'Enk'Aï non seulement vous fait un grand honneur mais vous donnera les moyens de la surmonter. Sachez que la difficulté trempe votre âme. C'est aussi parce que vous êtes en difficulté que vous pouvez sonder la puissance de votre foi, c'est-à-dire l'authenticité de votre engagement pour accomplir votre objectif, votre programme, votre chemin. Chaque moment dans la vie est un acte de foi. Il vous appartient seulement de l'accepter ou non.

      Sachez mes chers amis que j'en ai fait l'expérience et que je continue de le faire tous les jours. En faisant confiance à la Vie, je me suis rendu compte que je ressentais comme une Force protectrice en moi et autour de moi, quoique je fisse. Les Maasaï n'ont cessé de me répéter ce que j'avais toujours pensé tout bas sans oser en parler : ou bien tu crois en Enk'Aï et en ses Enfants (anges gardiens), et alors tu te sens protégé, intouchable ; ou bien tu désespères et tu tombes malade ! C'est vrai, je l'affirme, cette force protectrice inexpliquée a toujours été à mes côtés dans les moments les plus périlleux, voire désespérés, et j'ai appris des Maasaï qu'il n'y avait qu'une seule chose à décider : laisser faire Enk'Aï pour être en accord avec Elle. Est-ce la raison pour laquelle en moi, à leur contact, a toujours respiré l'infini, comme si j'avais détenu la vérité sans avoir eu à l'enfermer.

     Il est vrai aussi que pour obéir à une grammaire de l'équilibre entre différents éléments apparemment opposés et atteindre l'harmonie, ils ont su m'amener en douceur à fonctionner comme eux sans séparation, et à l'instar la Vie elle-même, en opérant, par paires, des mouvements de navette entre deux points, deux éléments, deux états, deux groupes, deux êtres, etc. Homme et femme, droite et gauche, jour et nuit, aube et crépuscule, naissance et mort, Maasaï et non Maasaï, aînés et jeunes gens en phase d'initiation, ciel et terre, herbe et eau, espérance et désespérance, facilité et difficulté, monde visible et monde invisible, temps horizontal et éternité, rouge et noir, tous formant des paires qui s'alternent, s'opposent mais dépendent toujours les unes des autres. En un mot, ils m'ont appris l'Essentiel de la Vie, à savoir que l'interaction positive des contraires est vitale et que la dualité est tout simplement inséparable. À quoi bon dans ces conditions vouloir en vain retirer de toutes ces paires l'élément dont nous aurions l'orgueil illusoire de croire qu'il ne nous convient pas ou qu'il empêche notre bonheur ? 

     

    Planter - "Eunoto"

      Dans la vie, tout est constamment changeant et nouveau. Pour s'adapter à ce qui Est, il convient donc de garder en permanence en soi une grande simplicité, une grande ouverture ainsi qu'une certaine naïveté créatrice. Lors de « La Plantation » (Eunoto), la plus prestigieuse de toutes leurs cérémonies, le « Planteur » désigné « plante » un tronc d'olivier sauvage au centre de la maison des rituels. Elle symbolise la cohésion d'une génération mais surtout l'équilibre, la complétude et l'unité intérieure de chaque guerrier. Le « Planteur » et l'arbre « planté » constituent le rappel du Tout qui dissout toute forme de dualisme.
     Les Maasaï sont des « Planteurs » non pas au sens physique du terme puisqu'ils ne cultivent pas mais dans leur intériorité. Ils ont l'humilité d'observer que la seule option possible de l'Homme est de s'aligner sur la nature, et que le Bien-Etre n'est pas lié à la seule nourriture que l'on mange, même si elle est importante. Qu'il a plutôt à voir avec le fait d'être heureux, d'être accepté, de rester humble, de se sentir libre parce que connecté sans effort à Enk'Aï et à la Terre-Mère, autant de choses qui proviennent du plus profond de soi et non de l'extérieur. J'ai appris à leur contact à respecter ce qui a toujours été en laissant la Création s'opérer. Et j'ai acquis la certitude que le Grand Tout ne laisse rien au hasard, que ce n'est ni vous ni moi, ni personne, et qu'Il ne nous abandonne jamais. Ce faisant, j'ai réalisé l'importance très concrète d'avoir des racines. Non pas pour des racines en tant que telles, mais pour les valeurs humaines aussi fondamentales que l'amour, la dignité, l'humilité et le respect qu'elles m'ont permis de faire croître en moi.
      Vous êtes cocréateurs, ne l'oubliez pas ! Toute votre vie, vous aurez le choix entre ″construire″ ou ″planter″. Beaucoup de ceux qui se sont perdus dans la finitude de la ligne droite (définition de la modernité selon Kenny) passent leur temps à s'occuper, à bâtir un univers extérieur, pour se fuir et s'empêcher de voir cette vérité en face. A l'image des Maasaï au contraire, je n'ai jamais pu faire autrement que de ″planter″. J'ai parfois souffert de saisons creuses, de traversées houleuses ou de périodes orageuses comme vous avez pu le lire, mais, à la différence de la finitude d'une tâche, non seulement mon jardin intérieur n'a jamais cessé de pousser mais, en toute humilité, il tend de plus en plus à devenir le reflet de la Terre et du Cosmos où tout demeure éternellement et naturellement en croissance. La beauté du guerrier maasaï, malheureusement dépeinte au travers de l'image du guerrier folklorique, n'a jamais été que l'aspect extérieur de cette qualité-là : vivre debout avec cette fragilité de l'Être constamment en devenir mais jamais limité par des murs définitifs, et la reconnaître comme la seule susceptible de développer son Humanité.  

     Oldoinyo Lengaï, Montagne Sacrée des Masaïs

    Rechercher le bon ordre - " Aingoru enkitoo "

      Pour les Maasaï, il faut être prêt à se débarrasser de ses peurs, si l'on prétend vouloir se transformer et savoir qui l'on est réellement. Il faut être prêt à laisser faire les choses, à se laisser aller. Pas à se laisser aller au sens de n'en avoir plus rien à faire mais au contraire au sens de se débarrasser de ce que tout homme craint le plus : lui-même, pour redécouvrir la force du divin en lui et le laisser agir. Quoi qu'il arrive, ne jamais résister mais au contraire s'abandonner ! Oublier ses pensées, ses émotions, ses jugements qui causent les peurs. Les entraîner vers vos cœurs pour qu'elles se transforment en une vive énergie. Ceux qui vous veulent du mal ne vous verront pas ou ne sauront même plus pourquoi ils vous voulaient du mal. Car Enk'Aï ne vous laissera jamais tomber, Elle aura toujours une solution pour vous, à condition que vous ayez une foi illimitée en Elle pour qu'Elle agisse à votre place. Elle vous enverra ses enfants (qui correspondent aux anges chez nous) pour vous seconder si besoin est.

    Il vous faudra tout simplement « être à l'écoute du bon ordre » (aingoru enkitoo), pratique courante de la plus haute importance chez ce peuple premier. Chaque être mûr s'y abandonne tout simplement et ce plusieurs fois par jour et a fortiori lorsque l'exige l'Ici et Maintenant, en faisant le vide en lui pour se connecter à Enk'Aï. En agissant ainsi, il trouve toujours le bon ordre car il ne doute pas qu'il recevra Ses instructions et Sa plénitude au travers du cordon ombilical qui le relie à Elle. Apprenez à observer en silence. Enk'Aï colore tout ce qui Est jusque dans le moindre détail. Le Réel est éternel, il est mouvant aussi et se vit dans le partage. Le bon ordre, vous le trouverez non pas dans les dogmes ni dans un horizon religieux vague et distant, mais dans la qualité de l'instant coloré par Enk'Aï.

     C'est une Déesse bien vivante, pas un concept philosophique. La Réalité seule est féconde. Il suffit d'en adopter la couleur pour colorer sa vie et la rendre efficace. La Réalité est le Bleu indigo du Paradis, le Nuage et la Pluie. La Réalité est Vivante, Humide et Fertile. Enk'Aï donne. Placez-vous au centre de toute cette merveilleuse Réalité et invariablement vous découvrirez le bon ordre. Vous n'aurez plus peur et vous recevrez. Vous serez au cœur du Féminin sacré, ″qualité″ centrale de la Vie où tout n'est qu'Un. Vous aurez retrouvé la chaleur éternelle de l'Utérus sacré d'où nous venons tous, vous y aurez retrouvé votre « jumeau ».


     Xavier Péron
     Anthropologue, écrivain, conférencier
     Auteur des « Neuf leçons du guerrier maasaï »
    aux éditions Jouvence  

    Source : energie-sante

     

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