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    Nature insolite

    LE DODO

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    le 19-01-2012 - Dernière nouvelle du DODO ! 

     100 ANS APRÈS : Un squelette d'un Dodo mauricien, retrouvé dans le musée de Durban 

    L'oiseau, qui a échappé à des analyses scientifiques pendant des siècles, est actuellement examiné avec soin par le scientifique américain Leon Claessens, utilisant les toutes dernières nouvelles technologies.A un moment, assimilés aux créatures de la mythologie, le Dodo est aujourd'hui une icône de l'extinction des espèces et le symbole ultime de la tragédie de la destruction biologique causée par la cupidité humaine.

    Le squelette de Dodo de Durban a été acheté de Maurice en 1919 par le conservateur du musée de l'époque et transporté en Afrique du Sud. Il est l'un des plus complets et les mieux conservés au monde.Il est aussi l'un des deux qui ont été préparés par le chercheur mauricien Etienne Thirioux au début du siècle dernier. L'autre est exposé dans le musée principal de Port-Louis à Maurice.Les deux squelettes ont été trouvés dans une grotte et sont relativement récents à l'origine, ce qui explique leur excellente conservation et leur exhaustivité.

    Au cours des deux prochaines semaines, Claessens utilisera un scanner de surface laser 3D afin d'examiner le squelette. Ce scanner est composé d'une caméra à haute résolution et d'un laser, qui sont parfaitement réglés l'un à l'autre. Quand le laser brille sur une partie du squelette, l'appareil photographie cette partie, ramenant l'ensemble à un millionième de mètre. "Le squelette entier sera numérisé comme cela", a déclaré Claessens.

    Une fois les scans complétés, de nouvelles études peuvent être effectuées sur l'oiseau disparu. A l'aide de logiciels informatiques, on peut reconstituer les muscles sur les os, ce qui peut montrer comment les membres du Dodo s'articulaient.

    LE DODO

    Le Dodo, qui était étroitement lié à une espèce proche du pigeon, était un grand oiseau se déplaçant uniquement en courant. Il vivait uniquement à Maurice. Il ne faisait pas plus d'un mètre de haut et pesait moins de 20kg. "Les premiers humains enregistrés sur l'île sont arrivés en 1598", a déclaré Claessens. "À l'époque, le concept d'extinction n'existait pas et les gens pensaient que ces animaux étaient une ressource illimitée."

    La chasse, l'abattage des forêts par les colons et la prédation des œufs et des poussins du Dodo par les porcs, singes, chiens, chats et rats introduits sur l'île par les colons ont contribué à sceller le sort de cet oiseau.

    Presque 200 ans après la disparition de l'oiseau de grande taille, les scientifiques ont trouvé un marais de l'île rempli d'ossements de Dodo, mais un squelette complet n'a jamais été retrouvé. Ces ossements ont été recueillis jusqu'en 1930 quand le marais a été comblé pour éviter la propagation du paludisme.

    L'aéroport de Plaisance a été érigé en ce lieu.

    Claessens, qui a été à Durban pour une semaine, a confirmé que le squelette de Durban est différent de ceux trouvés dans le marais, qui ont été assemblés à partir de nombreux oiseaux.

    "Je suis convaincu que ce squelette, comme celui de Maurice, vient d'un Dodo unique, ce qui en fait l'un des deux premiers exemplaires dans le monde. Il y a tellement de choses que nous ne savons pas. Ce que font les animaux et comment ils vivent", a déclaré Claessens.

    "Le Dodo a été oublié au fil du temps, mais cette étude nous permettra de répondre aux questions qui ne pouvaient pas être résolues avant. C'est quelque chose de fantastique et le potentiel pour le public d'en savoir plus sur ce spécimen est inestimable."

    (source : lemauricien.com/

    Le dodo (Raphus cucullatus), oiseau de l'île Maurice disparu vers la fin du 17e siècle, est l'une des plus célèbres espèces animales exterminée par l'action de l'homme. Pourtant, de nombreux aspects de sa biologie demeurent obscurs, à commencer par son poids. Beaucoup de représentations artistiques du dodo le montrent comme un oiseau très gras, presque obèse, et il a été souvent admis que son poids devait être élevé, dépassant les 20 kilogrammes. Une étude associant le musée d'Elbeuf-sur-Seine, le Laboratoire de géologie de l'ENS (CNRS-ENS) et le laboratoire Mécanismes adaptatifs : des organismes aux communautés (CNRS-MNHN), parue dans la revue Naturwissenschaften, suggère un poids nettement moins élevé et remet en cause l'idée du dodo obèse. 

    Le dodo est en quelque sorte un fossile ultra récent. Il s'est éteint au 17e siècle, mais la plupart des os conservés dans les musées viennent d'un site daté d'environ 4000 ans. Le dodo a certainement été victime des activités humaines, mais sans doute pas uniquement de la prédation directe de l'homme, même s'il est certain que les marins et colons hollandais (et autres) ont consommé des dodos en abondance. Il est vraisemblable que les animaux introduits par l'homme (chiens, porcs, chats, singes) ont joué un rôle important en détruisant, suivant les cas, les adultes, les jeunes ou les oeufs. C'est ainsi que c'est achevée la vie de ce bel oiseau, représenté assez dodu dans les gravures anciennes.  

    Cette étude a pour point de départ la "redécouverte" d'un ensemble d'ossements de dodo conservés dans la riche collection d'histoire naturelle du Musée d'Elbeuf-sur-Seine (Seine-Maritime). Donnés au musée par le naturaliste mauricien Paul Carié en 1923, ils n'avaient jamais attiré l'attention des scientifiques et ne figurent dans aucune des diverses listes d'ossements de dodo publiées dans divers ouvrages récents. C'est à l'occasion d'un inventaire des vertébrés fossiles du musée d'Elbeuf que l'attention a été portée sur cette collection rare et qu'une étude minutieuse des ossements a été entreprise1. Les résultats surprenants a conduit les protagonistes de l'étude à examiner la question très controversée du poids du dodo. 

    En effet une récente étude suédoise portant sur plusieurs centaines d'espèces d'oiseaux actuels a permis d'établir une relation, exprimée par des équations, entre le poids moyen de l'animal et la longueur des os de ses pattes. Pour évaluer le poids du dodo, les longueurs des os de dodo du Musée d'Elbeuf ont été utilisées, ainsi que de nombreuses mesures prises sur des ossements de dodos conservés dans des musées du monde entier. A partir des équations établies pour les oiseaux actuels, un poids moyen de 10,2 kg a été obtenu pour le dodo. Ce poids est significativement inférieur à des estimations datant des années 1990, obtenues suivant d'autres techniques, qui allaient jusqu'à 22 kg. Suivant la nouvelle étude, le poids moyen du dodo aurait été à peu près celui d'un dindon sauvage, oiseau dont la taille est similaire à celle du dodo.  

    Cette nouvelle estimation permet de penser que les rares représentations anciennes du dodo, faites d'après nature, qui le montrent comme un oiseau relativement svelte, sont plus réalistes que celles, plus connues, qui le dépeignent comme excessivement gras. Les auteurs de ces dernières ont eu pour modèles des dodos captifs amenés en Europe, qui avaient probablement été suralimentés, à quoi s'est ajoutée une exagération de la grosseur de l'oiseau au fil des reproductions par des artistes successifs. Il est possible aussi que ces représentations aient eu pour point de départ des dodos se livrant à une parade durant laquelle ils gonflaient leur plumage et leur jabot. Toutefois, on sait si peu de choses sur le comportement du dodo que cette hypothèse demeure hautement spéculative.

     Source : insu.cnrs

        

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