• Le magnétisme animal

    Spiritualité et bien être

    Le magnétisme animal

    Mesmer croyait en l'existence d'un fluide universel qui réglait les interactions des humains avec les corps célestes et celle des humains entre eux.

    Un magnétiseur extériorise-t-il ou non un fluide réel ?

    Le magnétisme animal 

    Dans les années 1780, Franz Anton Mesmer (1734-1815) était au sommet de sa carrière médicale. Après avoir pratiqué à Vienne, il s'était établi à Paris où ses traitements basés sur le magnétisme animal  faisaient  fureur à la cour du roi Louis XVI.

    Mesmer et le magnétisme animal 

    Mesmer croyait en l'existence d'un fluide universel qui réglait les interactions des humains avec les corps célestes et celle des humains entre eux. Une idée en harmonie, pour les esprits de l'époque, avec les théories de Newton sur le mouvement des planètes. Pour Mesmer, la maladie était causée par une mauvaise distribution dans le corps de ce magnétisme animal et la guérison demandait une restauration de cet équilibre perdu. Ce que Mesmer se disait capable de faire grâce à ces talents de magnétiseur.

    Mesmer organisait des séances où ses patients étaient accueillis par de la musique douce et une lumière tamisée. Il se déplaçait à travers la salle dans un habit de soie lilas et utilisait ses mains et des incantations pour transmettre ce fluide magnétique invisible à ces disciples. Beaucoup d'entre eux, se proclamant guéris de maladies, réelles ou imaginaires, firent de Mesmer une célébrité. Le Marquis de Lafayette et Mozart, notamment, figuraient parmi ses patients. D'ailleurs, ce dernier fait référence à Mesmer dans son opéra Cosi fan tutte.

    Devant le nombre grandissant de patients, Mesmer organise des séances de groupe. Pour cela, il fait appel à des baquets, de larges récipients en bois de chêne remplis d'eau qu'il avait « magnétisée ». Il en sortait des tiges de fer (voir la photo*) que les patients, reliés entre eux par une corde, devaient agripper pour recevoir le fluide magnétique. Certains de ces baquets pouvaient traiter jusqu'à 20 personnes à la fois et Mesmer en avait quatre dans son salon; trois payants et un réservé aux pauvres. Ces traitements collectifs donnaient lieu à des «crises magnétiques» où les sujets perdaient le contrôle et étaient pris de convulsions. Pour Mesmer, ces crises étaient un signe que le fluide magnétique faisait son effet. Devant une demande grandissante qu'il n'arrivait pas à satisfaire, Mesmer «magnétisait» des arbres de son jardin et invitait ceux qui ne trouvaient pas de place autour des baquets à enlacer les arbres à la place!

    Les succès de Mesmer étaient tels qu'il était souvent invité à la cour pour pratiquer sur la reine Marie-Antoinette. Ce qui allait en fin de compte amener sa chute. En 1784, le roi Louis XVI, plus sceptique que sa femme et ses courtisans au sujet du magnétisme animal, nomma une commission royale pour se prononcer sur le phénomène. Cette commission comptait parmi ses membres des sommités comme Antoine Lavoisier et Benjamin Franklin. À l'époque, ce dernier était ambassadeur des États-Unis à Paris. Il y avait aussi le mathématicien Jean Sylvain Bailly et le médecin Joseph Guillotin. Ironiquement, Lavoisier et Bailly perdirent leur tête pendant la Révolution grâce au dispositif qui porte le nom du docteur Guillotin.

    À cause de la mauvaise santé de Franklin, les travaux de la commission furent conduits à sa résidence de Passy. Avec comme aspect intéressant que ceux-ci sont probablement le premier exemple d'étude scientifique «à l'aveugle». Mesmer était représenté par un de ses disciples, le docteur Deslon. Après que ce dernier ait «magnétisé» un des arbres du jardin, un enfant aux yeux bandés avait été placé entre eux et était supposé se sentir attiré par le fluide animal émanant de l'arbre magnétisé. Bien qu'au cours de l'expérience, l'enfant fit état de diverses sensations, il fut incapable d'indiquer leur provenance. Il déclara que celles-ci augmentaient alors qu'il s'éloignait de l'arbre et qu'elles diminuaient alors qu'il s'en rapprochait. Dans une autre expérience, une patiente entra en convulsion après avoir bu de l'eau normale, mais il n'y a eu aucun effet après qu'elle est consommée de l'eau «magnétisée». Écrit par Bailly, Le rapport des commissaires chargés par le roi de l'examen du magnétisme animal fut dévastateur. Il conclut qu'il n'y avait aucune évidence scientifique du phénomène et que les effets observés étaient le fruit de «l'imagination».

    À la suite de la publication du rapport, la popularité de Mesmer s'évanouit. Il quitta Paris en 1785 pour retourner à Vienne d’où il était venu quelques années plus tôt. Aujourd'hui, on se souvient de Mesmer pour deux raisons: tout d'abord, Mesmer peut être considéré un précurseur de l'hypnotisme, une technique développée dans les années 1840 par le docteur écossais James Braid. Ce dernier s'est inspiré des expériences de Mesmer pour mettre au point les différentes formes de suggestion qui peuvent amener à l'état d'hypnose. Ensuite, le nom de Mesmer est à l'origine de l'expression de la langue anglaise to mesmerize, qui veut dire «fasciner», un terme bien en accord avec le personnage.

    *Le seul baquet qui existe encore de nos jours et qui se trouve au Musée d'histoire de la médecine et de la pharmacie de Lyon.

    (source : sciencepresse)

        

    LE BAQUET DE MESMER

    Le Mesmérisme

    La vie de Mesmer, comme l'histoire de son œuvre apparaît comme un paradoxe constant dans ce Siècle des Lumières et de la Raison. Contemporain de Voltaire et de Diderot, mais aussi de Cagliostro ; probablement sincère à l'origine, mais rapidement grisé par son succès, il est à la fois rationaliste et intuitif, médecin et charlatan.

    Franz-Friedrich-Anton Mesmer est né en 1734 à Iznang près du lac de Constance en Allemagne. Mesmer passe ses premières années en contact étroit avec la nature; il connaît des sourciers et éprouve lui-même l'attirance de l'eau. Après avoir étudié la philosophie, la théologie et le droit, il s'inscrit à l'école de médecine de Vienne où il est l'élève de Van Swieten et de Stoerck. Là, il fréquente des cercles d'illuminés qui s'intéressent aux sciences occultes. C'est dans ce cadre qu'il écrit sa thèse de médecine en 1766: "De Influxu Planetarum in Corpus Humanum": "De l'influence des planètes sur le corps humain".

    Le mesmérisme:
    Selon Mesmer "il existe une influence mutuelle entre les corps célestes, la terre et les corps animés", qui se transmet au moyen du fluide magnétique. Ce fluide, soumis à des lois mécaniques jusqu'alors inconnues, active l'organisme par le canald es nerfs; il peut s'accumuler et se transmettre chez l'homme en utilisant divers procédés comme les passes et les attouchements, ou à l'aide d'une baguette de fer. Par ces moyens, il est possible de guérir les maladies et tout aussi efficacement les maladies nerveuses.
    En fait, si le système se voulait scientifique, il était seulement inductif. Mesmer avait "senti" son pouvoir comme sourcier puis comme guérisseur. L'élaboration et la diffusion du fluide dépendait de la manière dont le corps du médecin recevait et transformait le fluide universel. Du point de vue expérimental un coefficient personnel de réussite n'a rien de rationnel.
    Voici d'ailleurs ce que conclut le premier rapport de la Commission qui comprenaient entre autres: Lavoisier, Benjamin Franklin (alors ambassadeur des états-Unis en France) , Bailly, Guillotin
    "ayant démontré par des expériences décisives que l'imagination sans magnétisme produit les convulsions, et que la magnétisme sans imagination ne produit rien, concluons d'une voix unanime que rien ne prouve l'existence du fluide magnétique animal, que ce fluide sans existence est par conséquent sans utilité."

    Il épouse tout d'abord la veuve âgée et fortunée d'un Conseiller à la Cour. Il est à l'aise dans l'opulence dorée du palais de feu Monsieur le Conseiller. Ce mariage va lui permettre de s'introduire à la cour d'Autriche.

    En 1768 il commande à Mozart, âgé de 12 ans, l'opéra de Bastien et Bastienne où on croit le reconnaître dans le rôle du magicien Colas.

    Vers 1772, il affirme l'existence d'un pouvoir semblable au magnétisme et capable d'exercer une influence extraordinaire sur l'organisme humain.
    En 1774, Mesmer rencontre à Vienne le Père Hell, jésuite et professeur d'astrologie, qui guérit les malades au moyen d'aimants.
    Mesmer va utiliser à son profit cette technique des fers aimantés, avant de se brouiller avec Hell vers 1775, et abandonne l'aimant pour l'imposition des mains.
    En 1777, il voyage en Suisse, rencontre Gassner un curé qui exorcise les malades.
    En 1778, en lutte avec ses confrères, Mesmer est expulsé de la faculté de médecine de Vienne pour "pratiques charlatanesques". Il est au centre d'un scandale à la Cour: la fille d'une dame de compagnie de Marie-Thérèse, soignée par Mesmer, refuse de retourner chez ses parents.

    F.F. Mesmer

    Mesmer gagne Paris et y publie en février son premier "Mémoire sur la découverte du magnétisme".
    Installé à Paris, il y séjourne entre les années 1778 et 1785, protégé par Marie-Antoinette, il ouvre un cabinet Place Vendôme.

    Là, Mesmer défraya la chronique pour deux raisons:
    - d'une part pour sa théorie sur l'existence d'un fluide universel pouvant être canalisé et isolé à des fins thérapeutiques, qu'il nomme le "magnétisme animal" :"l'influence des planètes s'exerce sur le corps humain au moyen d'un fluide universel dans lequel tous les corps sont plongés".
    - et en second pour le fait qu'il adresse ses soins tout autant à la population bourgeoise de la capitale qu'aux classes sociales moins favorisées.

    Il explique le magnétisme alors que Gray, Dufay, Coulomb, Galvani, et Volta appliquent l'électricité. Il veut avoir trouvé la panacée universelle quand Bichat écrit son Anatomie Générale. Il traite de l'influence des astres sur le corps humain quand Herschell découvre Uranus. Les français l'accueillent comme ils ont accueilli l'Encyclopédie mais les autorités le condamnent comme ils ont condamné celle-ci. On l'adore ou on le traite de charlatan. Enfin dernier paradoxe, mais non le moindre, cette gigantesque erreur que fut le mesmérisme ouvrit à la science des perspectives nouvelles celle de la médecine psychosomatique et de l'hypnose. Mesmer héritier de Paracelse ouvrait la voie à Charcot.

    Mesmer résume sa théorie médicale dans un aphorisme:
    "Il n'y a qu'une maladie, qu'un remède, qu'une guérison".

    Au milieu de cette foule agitée, Mesmer, vêtu d'un habit de soie lilas se promène dans la salle capitonnée et magnétise avec le concours d'assistants qu'il choisissait toujours "jeunes et beaux", les "valets toucheurs" qui travaillaient avec lui (sous ses ordres) à la prise en charge de ses patients. Une ambiance musicale créait l'atmosphère.
    En 1780, sa technique est acceptée par certains membres de la profession médicale. Il convertit Carles D'Eslon, un des régents de la Faculté de médecine mais divise Paris en "mesmériens" et "anti-mesmériens".
    Mesmer fonde la "Société de l'Harmonie" 

    LE BAQUET DE MESMER

    Le célèbre "Baquet"

    Voici comment selon Bailly, rapporteur de la Commission Royale chargée par le Roi, en 1784, de l'examen du magnétisme animal opérait Mesmer: 

    Le magnétisme animal 

    "Au milieu d'une grande salle où d'épaisses tentures ne laissent pénétrer qu'un jour fort adouci se trouve une caisse circulaire en bois de chêne: le baquet"
    Dans l'eau qui remplit à moitié la caisse, sont immergés de la limaille de fer, du verre pilé et d'autres menus objets. Le couvercle est percé d'un certain nombre de trous d'où sortent des branches de fer, cordées et mobiles que les malades doivent appliquer sur les points dont ils souffrent.
    Dans un coin de la salle, un piano-forte ou un harmonica joue des airs sur des mouvements variés, surtout vers la fin des séances. Les malades se rangent en silence autour du baquet, une corde passée autour de leur corps les unit les uns aux autres. Si quelqu'un demande à boire, on lui sert une limonade au citron dans laquelle est dissoute de la crème de Tartre.
    Cependant l'influence magnétique se fait sentir. Quelques malades sont calmes et n'éprouvent rien. D'autres toussent, crachent, sentent quelques légères douleurs et ont des sueurs. D'autres sont agités par des convulsions extraordinaires."
    Les salles où ces scènes se passaient, avaient reçu le nom d' "Enfer à Convulsions "

    Le seul exemplaire qui subsiste du "baquet", illustré ci-dessus, se trouve au Musée d'histoire de la médecine à Lyon. suite sur (source : medarus

    Les enveloppes de l'âme

    Depuis la mission de Mesmer au XVIIIème siècle, les applications de son art se sont largement étendues et si le magnétisme des guérisseurs reste encore discuté l'hypnotisme a désormais acquis droit de cité dans les milieux scientifiques. Aucune explication valable et indiscutable de ces phénomènes n'a cependant encore été fournie ; et si le chercheur moderne calme sa conscience troublée en invoquant une cybernétique cérébrale, il est permis de se demander si cette théorie ne prête pas à l'organisation moléculaire du cerveau des pouvoirs trop étendus et si la véritable explication ne se trouve pas dans un domaine situé au delà de la matière physique.

    La Théosophie affirme qu'il existe une anatomie et une physiologie cachées qui seules peuvent donner la clef véritable du mesmérisme et de l'hypnotisme. Et les textes qui suivent , et qui sont dus à la plume de W. Q. Judge, soulignent la complexité de la structure de l'homme intérieur et montrent à quel point le problème n'est encore qu'effleuré par la médecine et la psychologie modernes.

    W. Q. Judge écrit à plusieurs reprises : telle est l'explication véritable et elle sera un jour reconnue comme vraie. Ces textes méritent donc d'être étudiés et médités avec attention, car si leur langage, souvent voilé, ne parle pas immédiatement à notre oreille occidentale, le chercheur averti, en possession des clefs de l'enseignement théosophique, ne manquera pas de découvrir de nombreuses indications précises sous les diverses allusions que le lecteur superficiel ne découvrira pas, ou jugera sans importance.

    On donne ce nom à un art, ou à la manifestation d'un pouvoir, qui permet d'agir sur autrui, ou encore à l'aptitude à se laisser influencer par d'autres, art qui précéda de longtemps l'époque d'Anton Mesmer. Un autre nom donné à certains de ces phénomènes est l'hypnotisme ; un autre encore, le magnétisme. Ce dernier terme fut employé parce que le sujet suit parfois la main de l'opérateur, comme s'il était attiré par elle, comme la limaille de fer par l'aimant. Diverses catégories d'expérimentateurs font usage du mesmérisme de nos jours, sous différentes appellations telles que « fascination », « psychologie » ; mais le nombre de ces termes est considérable et il serait inutile de les passer en revue...

    Le magnétisme animal

    ....La grande question soulevée est la suivante : le magnétiseur extériorise-t-il ou non un fluide réel ? Beaucoup le nient, et presque tous les magnétiseurs se refusent à l'admettre. H. P. Blavatsky affirme qu'un tel fluide existe, et ceux qui peuvent voir sur le plan auquel il appartient affirment son existence en tant qu'une forme subtile de matière. Je pense que ceci est exact et n'est pas du tout en contradiction avec les expériences d'hypnotisme : le fait que le fluide existe n'exclut pas que certaines personnes puissent s'hypnotiser elles-mêmes, en révulsant leur regard au moment où elles fixent un objet brillant. Ce fluide se compose en partie de la substance astrale qui entoure chacun de nous, et, en partie, des atomes physiques à un état finement divisé. Certains appellent cette substance astrale l'aura. Mais ce mot est indéfini car il y a beaucoup d'espèces d'auras et de nombreux aspects sous lesquels elles se manifestent.

    Les théosophes, même ceux d'esprit le plus décidé, n'arriveront pas à percer ce mystère, tant que la race tout entière n'aura pas atteint le point de développement requis ; aussi le mot d'aura restera-t-il en usage pour le moment.

    Cette aura est donc projetée par le magnétiseur sur son sujet, et ce dernier la reçoit dans une partie de sa constitution interne qui n'a jamais été décrite par aucun expérimentateur occidental, pour la bonne raison qu'ils ignorent tout de son existence. Ce fluide aurique éveille certaines divisions intérieures, non physiques, du sujet, provoquant un changement de relation entre les multiples enveloppes différentes qui entourent l'homme intérieur, et rendent possibles divers degrés d'intelligence, de clairvoyance, etc. Mais un tel fluide n'a absolument aucune influence sur le Soi Supérieur qu'il est impossible d'atteindre par de tels moyens, Beaucoup de personnes se trompent en supposant que c'est le Soi Supérieur qui répond ; ou bien qu'un esprit quelconque, ou que sais-je encore, est présent, alors que c'est uniquement une des nombreuses personnes intérieures, pourrait-on dire, qui parle ou plutôt qui provoque l'activité des organes de la parole.

    Et c'est ici que théosophes et non théosophes sont induits en erreur, car les messages transmis sont parfois bien au-dessus de l'intelligence ordinaire ou du pouvoir normal du sujet à l'état de veille. Je me propose donc de donner un aperçu général de la théorie concernant ce qui se passe réellement, théorie qui est connue depuis des âges par ceux qui possèdent la vision intérieure, et qui sera découverte et admise un jour par la science...  

    (source : theosophie

    L'état hypnotique 

    (source : wikipedia)

    L'état d'hypnose chez un individu désigne un état modifié de conscience, distinct du sommeil.

    Selon les écoles, l'hypnose serait un état mental modifié ou un état imaginatif.

    L'état d'hypnose arrive généralement après une induction puis un approfondissement. L'hypnotiseur est la personne qui permet à l'hypnotisé de parvenir à cet état de conscience. Elle peut également être induite par la personne elle-même : on parle alors d'auto-hypnose.

    Ce terme associe les techniques permettant de créer cet état et les pratiques thérapeutiques utilisées pendant cet état.

    Cependant, contrairement à une idée répandue selon laquelle l'hypnose est une forme d'inconscienceressemblant au sommeil, des recherches récentes suggèrent que les sujets hypnotisés sont pleinement éveillés et qu'ils focalisent leur attention. 

    Définition de l'hypnose

    L'hypnose est un état psychologique particulier qui revêt certains attributs physiologiques, similaires superficiellement à un sommeil et marqué par le fonctionnement de l'individu à un niveau d'attention autre que l'état de conscience ordinaire.

    Ces phénomènes comprennent un changement dans la conscience et la mémoire, une susceptibilité accrue à la suggestion et l'apparition chez le sujet de réponses et d'idées qui ne lui sont pas familières dans son état d'esprit habituel. En outre, des phénomènes comme l'anesthésie, la paralysie, la rigidité musculaire et des modifications vasomotrices, peuvent être, dans l'état hypnotique, produits et supprimés.

    Il s'agit d'un état modifié de la conscience qui s'apparente beaucoup à celui du sommeil. Ainsi que l'ont compris les médecins du sommeil, c'est la notion de tension ou de relâchement de l'esprit qui permet d'expliquer ces deux processus semblables par le principe. La tension de l'esprit se retrouve dans la tension du regard, dans la « sensation des yeux ». Ainsi, lorsque les paupières se ferment, la tension psychique (tension qui épuise petit à petit le système nerveux et qui permet de faire face à la vie de tous les jours) diminue et ce jusqu'à perdre le sens du réel. L'esprit visualise alors des images qui deviendront de plus en plus réalistes jusqu'au point où l'on peut considérer que l'individu rêve véritablement.

    En fait les images du rêve sont un support pour l'esprit dans le sens qu'il se repose dessus (ces images ne sont en effet pas créées volontairement) et qu'elles donnent à la conscience cette sensation. Fondamentalement, l'hypnose est un état sensitif du psychisme, dans lequel l'esprit n'a plus rien à rechercher. Or c'est quand l'esprit ne recherche plus rien qu'il se détend. On voit ainsi en quoi les images du rêve présentent un caractère hypnotique, et ceci permet de comprendre sur quoi repose le mécanisme de l'hypnose.

    Dans ce sens l'hypnose consiste à fixer son attention sur un objet ou plus généralement une réalité d'ordre visuel, voire sonore, cela afin que le psychisme « s'endorme », à savoir se mettre dans une position de relâchement maximale, position très proche du sommeil pour l'esprit. Ainsi, au propre comme au figuré, on peut considérer que l'état d'hypnose est en fait une façon de regarder.

    On peut également aboutir à cet effet hypnotique par soi-même et sans recourir à une visualisation forcée -- simplement, les yeux fermés, en tentant « d'intérioriser » son regard, d'avoir la sensation d'une certaine manière d'enfouir, de perdre son regard en soi. Cela ressemble beaucoup au relâchement des yeux lorsque ces derniers ne font plus d'efforts d'accommodation, mais ici poussé à l'extrême. On ne parle plus alors d'hypnose mais d’auto-hypnose).

    Histoire de l'hypnose

     
    Séance d'hypnose, par Richard Bergh, 1887

    L'invention du terme hypnose revient au médecin écossais James Braid en 1843. En référence au célèbre médecin allemand Mesmer ayant exercé à Paris, on utilise parfois le terme mesmériser pour signifier hypnotiser, bien que ce verbe soit un anglicisme encore inconnu des dictionnaires, calqué sur l'anglais to mesmerize.

    L'histoire de l'hypnose dépasse de beaucoup celle de la psychothérapie. Cette vieille pratique a toujours négocié avec les frontières : sciences, occultisme, spectacle, thérapie, etc. Son utilisation dans un cadre thérapeutique a ainsi toujours été source de controverses, sans doute parce que la thérapeutique elle-même est prise dans ce même jeu des frontières : entre thérapeutiques officielles « scientifiques », thérapeutiques traditionnelles, thérapeutiques spirituelles, etc.

    Une des controverses passionnantes qui ont traversé les pratiques hypnotiques est rapportée par Bertrand Méheust dans son travail sur le courant du magnétisme animal (Mesmer, Puységur…).

     
    Expériences « comportementales » d'hypnose à la clinique de Budapest du ministère de la santé mentale et de pathologie. (a) Suggestion hypnotique de prière. (b) Suggestion hypnotique de suicide. (c) Suggestion hypnotique de serment. (d) L'hypnose produite par un diapason. (1899).

    Pour résumer, ont émergé deux grands courants de pensée chez les praticiens de la transe : les partisans du magnétisme animal, pour qui la transe est une amplification du champ de conscience du Moi ; les partisans du courant hypnotique pour qui l'hypnose est une restriction du champ de conscience et l'accès aux automatismes inconscients. Il semble en tous cas que les sujets en transe ont su répondre avec habileté aux expériences des uns et des autres en donnant raison... aux deux ! se montrant tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, en fonction des attentes des expérimentateurs et des croyances culturelles de l'époque. L'histoire a surtout retenu la seconde version et les partisans du magnétisme animal (qui comptaient des personnes illustres comme Bergson) sont tombés dans l'oubli. Cependant, ces deux courants de pensée (l'hypnose comme amplificateur de conscience et hypnose comme réduction de la conscience) continuent de traverser les débats entre praticiens et théoriciens.

    L'hypnose dans la littérature

    • Dans le roman-enquête Retour à Whitechapel de Michel Moatti (2013), un protocole d'hypnothérapie est utilisé à Londres pour aider une patiente à remonter dans ses souvenirs et tenter d'identifier Jack l'Éventreur.
    • L'Hypnotiseur, de Lars Kepler (2012), met en scène un praticien obligé de recourir à cette technique dans une enquête policière, malgré ses réticences.
    • L’hypnose et la télépathie sont largement utilisées par le célèbre Docteur Mabuse, personnage créé par l’auteur luxembourgeois Norbert Jacques en 1921. Le thème sera largement repris au cinéma par Fritz Lang, qui fera définitivement de Mabuse l’archétype de l’hypnotiseur passé maître dans l’art de l’autosuggestion.
    • La nouvelle d’Edgar Allan Poe, La Vérité sur le cas de Monsieur Valdemar (édition Française, 1869, trad. de C. Baudelaire , est centrée sur l’hypnose et les passes magnétiques, censées maintenir en vie un agonisant.
    • Le roman Ursule Mirouët, d’Honoré de Balzac, publié en 1842, fait largement mention de l’hypnose et du mesmérisme.

    L'hypnose comme état de conscience

    L'hypnose est un état modifié de conscience différent de celui produit par la relaxation ou la méditation. Cet état peut être léger (rêverie, transe hypnotique légère, hypnagogique), hypnopompique ou plus profond.

    L'hypnose offre tant au patient qu'au thérapeute un accès aisé à l'esprit inconscient du patient. Elle permet de s'occuper directement de ces forces inconscientes qui sont sous-jacentes aux perturbations de la personnalité, et elle autorise l'identification de ces éléments de l'expérience de vie d'un individu qui ont de l'importance pour la personnalité et auxquels on doit accorder toute l'attention requise si l'on souhaite obtenir des résultats thérapeutiques. Seule l'hypnose peut donner un accès aisé, rapide et large à l'inconscient, inconscient que l'histoire de la psychothérapie a montré être d'une telle importance dans le traitement des désordres aigus de la personnalité. »

    Milton Erickson

    Léon Chertok considère l'hypnose comme un « quatrième état de l'organisme actuellement non objectivable » dont les racines profondes vont jusqu'à l'hypnose animale. Cet état renverrait aux « relations pré-langagières d'attachement de l'enfant ». Il se manifesterait électivement dans toutes les situations de perturbation entre le sujet et son environnement.

    L'altération consciente n'existe que de cause à effet, une suggestion verbale en remplace une autre, mais si l'on puise dans les items préexistants à l'individu pour les reformuler sans les déformer ou les remplacer, les conduites futures restent en accord avec le conscient, l'hypnose dans ce cas dépasse l'état modifié de conscience, qui n'est plus le terme approprié pour définir l'état d'hypnose. »

    Martine Le Coz, Erich Lancaster, L'hypnose et la graphologie, Éditions Du Rocher, 1991.

    Phases et techniques d'induction hypnotique

    L'hypnose peut être atteinte ou renforcée en quatre phases, chacune facultative :

    • les tests
    • l'induction
    • l'approfondissement
    • les phénomènes hypnotiques

    Les tests

    Les tests sont utilisés essentiellement en hypnose de spectacle afin de déterminer les personnes les plus réceptives.

    Le test le plus courant consiste à faire se rapprocher les deux index sortis d'une main serrée.

    Induction

    Il existe des centaines, voire des milliers de techniques d'induction, et certaines sont brèves et directives : « Dormez, je le veux ! », d'autres plus suggestives et donc progressives.

    Ainsi, par exemple : « Vous êtes bien… tranquille… vous respirez profondément, tranquillement… tous vos muscles se détendent… vos paupières sont lourdes… vous les fermez… vous sentez une agréable sensation de lourdeur vous envahir… vous êtes merveilleusement bien… vous glissez lentement, irrésistiblement dans un sommeil réparateur… »

    Le thérapeute se doit d'être attentif aux signes qui se manifestent lors de cette phase. Le battement des paupières par exemple, ou la déglutition plus fréquente font partie de ces signes. Certains diront alors : « Vos paupières palpitent, vous ressentez le besoin plus fréquent d'avaler votre salive, voici des signes qui montrent que, rapidement, vous allez être hypnotisé. »

    Il existe aussi une « technique de confusion », utilisée en PNL et mise en valeur par Milton Erickson : on demande à une personne de penser à son pied droit, puis très vite à sa main gauche, très vite encore à la couleur des yeux de son père, etc. Son esprit cohérent se trouve alors rapidement surchargé et préfère se réfugier dans la détente qu'on lui propose par ailleurs. Cette technique porte également le nom de « confusion des sens ».

    On peut résumer les deux principales techniques d'inductions par les termes : « induction longue » ou « induction courte ». Une induction courte peut ne durer que quelques secondes à quelques minutes (et utiliser notamment la technique de « surcharge des sens » ou de « confusion »). L'induction longue (on peut aussi la qualifier de permissive) varie en moyenne entre 20 et 25 minutes. Toutes les inductions sont suivies « d'approfondissement ». Il est possible que les inductions longues permettent au sujet de mieux se mettre en hypnose et ainsi de permettre un meilleur travail de visualisation, alors que les inductions courtes sembleraient provoquer chez le sujet un possible blocage ou une possible résistance, mais cela n'est que théorie.

    L'approfondissement

    L'approfondissement d'un état modifié de conscience consiste à rappeler et à demander d'une voix calme et sereine à la personne d'imaginer entrer dans un état de plus en plus détendu et relaxé.

    Hypnose et anesthésiologie

    L’hypnose est reconnue pour ses effets analgésiques car elle permet de modifier radicalement la perception sensorielle et la perception de la douleur. L’utilisation des techniques d’hypnose en anesthésie datent du xixe siècle. C'est dans le monde anglo-saxon que l'on trouve les précurseurs de l'utilisation de l'hypnose (alors appelé "sommeil magnétique" que l'on pensait produire par l'utilisation du magnétisme animal, par mesmérisme) en anesthésie[14]. En France, les médecins Eugène Azam et Paul Broca rendent compte devant l'Académie des sciences d'une intervention pratiquée sous anesthésie hypnotique en 1859. En 1860, le chirurgien Alfred Velpeau présente les travaux de Braid à l'Académie des sciences. En Belgique, l'hypnosédation est couramment utilisée au centre hospitalier universitaire de Liège pour l'anesthésie-réanimation lors d'interventions chirurgicalesbénignes.

    L'hypnose peut servir en médecine pour compléter, voire se substituer à l'anesthésie par sédatifs. On parle alors d'"hypnosédation". L’hypnosédation est une technique d’anesthésie qui consiste à combiner une anesthésie locale avec une hypnose et une sédation consciente à base d’anti-douleur. Plusieurs bénéfices sont reconnus à cette technique : l’amélioration du confort du patient lors de l’opération, une diminution de l’anxiété et de la douleur, une diminution des médicaments administrés, une optimalisation des conditions chirurgicales, ainsi que récupération plus rapide du patient après l’opération.

    Il existe plusieurs indications de chirurgies mineures ou majeures pour l’hypnosédation : opération de la thyroïde, mise en place de prothèse mammaire, lifting, septorhinoplastie, reconstruction maxillo-faciale, retrait de matériel d’osthéosynthèse, opération des varices, opération des dents de sagesse, soins des grands brûlés, etc. Depuis 1992, le Centre Hospitalier Universitaire de Liège a permis à plus de 8500 patients de bénéficier de l’hypnosédation, plutôt que d’une anesthésie générale.

    Pratiquement, l’hypnosédation n’est possible que sous réserve de certaines conditions: possibilité de réaliser une anesthésie locale du site opératoire, motivation et habileté technique du chirurgien, motivation du patient de rester conscient et confortable au cours de la chirurgie, présence d’un anesthésiste formé à la technique d’hypnose. Quant au patient, juste avant l’intervention, il est invité à choisir un ou plusieurs évènements agréables qu’il souhaiterait revivre en cours de la chirurgie (souvenir de voyage, moment particulièrement agréable, une activité qu’il aime pratiquer).

    Hypnose et psychothérapie

    De nombreuses techniques de psychothérapie modernes découlent de l'hypnose, le terme psychothérapie a été créé en 1891 par Hippolyte Bernheimpour désigner sa pratique de l'hypnose médicale. En 1923, Pierre Janet déclarait : « la décadence de l'hypnotisme [...] n'est qu'un accident momentané dans l'histoire de la psychothérapie ».

    L'hypnose n'est pas sous-tendue par une théorie unique. Elle est d'abord et avant tout une pratique, un outil mis ici au service de la thérapie. Ainsi, elle peut s'intégrer facilement à toute approche psychothérapique : approche humaniste, psychanalyse, thérapies cognitives et comportementales, thérapies brèves, transpersonnelles, systémiques, etc. L’hypnose est considérée par ses praticiens à la fois comme un amplificateur et un accélérateur de thérapie. Ce serait un moyen d'accéder aux ressources inconscientes, de contourner les blocages et de permettre l'émergence de nouveauxcomportements plus créatifs pour la vie du sujet.

    Approches thérapeutiques

    L'hypnose a fécondé de nombreuses approches thérapeutiques, directement ou non. Elle a été utilisée par Sigmund Freud à ses débuts, auprès de patientes hystériques dans la tentative de « retrouver » l'évènement traumatique (la scène de séduction) supposé à l'origine des troubles. Freud abandonnera rapidement (1895) la pratique de l'hypnose qu'il qualifie de manipulation du sujet et dont il constate dans la pratique que la « vérité » issue de l'hypnose ne peut être entendue (« utile » au sujet) sans résistance, et du fait qu'il lui faut (au patient) la « découvrir » (sa vérité) par lui-même, par le biais de sa parole. Ce sera le début de la talking cure les débuts de la cure analytique à proprement parler.

    L'hypnose est aussi à l'origine de la sophrologie, méthode plus récente (1961), ainsi que d'autres techniques de relaxation.

    L'hypnose est aujourd'hui un des outils du psychothérapeute. Les indications sont très larges et concernent en fait une très large gamme des problématiques humaines, psychologiques et somatiques : angoisses, troubles névrotiques, arrêt du tabac, perte de poids, stress, énurésie, insomnie,phobies, allergies, traumatismes, deuils, tocs (troubles obsessionnels compulsifs), timidité, etc. mais aussi, anesthésie hypnotique, préparation mentale (chirurgie, sport, examen), résolution de conflit, apprentissages, développement personnel, etc. Les contre-indications dépendent surtout de l'expérience du thérapeute. Classiquement, elle est contre-indiquée en cas de troubles psychotiques et de paranoïa. Mais ici encore, tout dépend à la fois de l'expérience du thérapeute, de la qualité de la relation avec le patient.

    Hypnose ericksonienne

    Milton Erickson soutenait l'idée qu'on ne soigne pas un symptôme ou une maladie, mais une personne. L'hypnose en psychothérapie, envisagée à la manière d'Erickson, est une relation vivante entre deux individus :

    est une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne. »

    Milton Erickson

    Article détaillé : Hypnose ericksonienne.

    Hypnose lancasterienne

    Erich Lancaster créateur en 1973 de l'Hypnologie (dictionnaire Larousse,1978) modifie la pratique de l'hypnose fruste, à l'inverse d'Erickson il s'applique à l'étude des effets à moyens et longs termes. Il prouve que les thérapies brèves donnent des résultats identiques à ceux obtenus par Freud sur les hystériques (réapparition des symptômes après une certaine durée dans le temps). L'hypnologie remédie à ce processus.

    La relation à L’hypnose, doit être personnalisée. Ce n'est pas le patient qui doit s'adapter à l'hypnose, mais l'hypnose qui doit se mouler au patient. »

    Erich Lancaster

    Autohypnose

    Enfin, il existe une forme spécifique pour l'utilisation de l'hypnose sans avoir recours à un hypnotiseur. Cette méthode est appelée autohypnose. Elle consiste à s'autoinduire un état hypnotique par différentes techniques. il est d'ailleurs fréquent que spontanément, chacun invente des méthodes personnelles, sans que cela soit nommé. Par exemple, telle personne fait du tricot (« ça me détend et je ne vois pas le temps passer ! »), telle autre se ronge les ongles pensivement, etc. autant de pratiques spontanées qui détendent, stoppent le mental, ouvrent sur l'imaginaire et un univers de sensations agréables... ou désagréables (autohypnose négative). L'autohypnose offre un cadre où stimuler volontairement ce fonctionnement mental involontaire, avec des applications nombreuses. Généralement, on apprend l’auto hypnose avec l'aide d'un hypnothérapeute (l'apprentissage est plus rapide, « sur mesure » et plus ancré), mais on peut aussi l'apprendre seul avec pour support un livre ou un enregistrement audio.

    Hypnose érotique

    Cette forme d'hypnose est très peu connue en Europe et est pratiquée en Amérique par des hypnotiseurs de spectacle depuis plusieurs années. Ce genre d'hypnose permet à une personne d'expérimenter ses fantasmes par la pensée. C'est souvent une relation de dominant/dominé qui s'établit entre l'hypnotiseur et l'hypnotisé. Il est possible d'arriver à donner un orgasme par l'hypnose érotique si la personne hypnotisée est à l'aise avec son hypnotiseur. [réf. nécessaire]

    Hypnose européenne

    L'hypnose européenne est un courant de l'hypnose classique. En hypnothérapie, l'hypnose européenne se concentre sur les symptômes. Elle est pratique, centrée sur les personnes et les symptômes d'ordre psychique, la modification des habitudes et comportements gênants ou la suppression des souffrances. Elle pourrait être qualifiée d'hypnose « cognitivo-comportementaliste ».

    Mécanismes de l'hypnose

    Bien que la science se soit depuis longtemps intéressée à l’hypnose, l’avènement des techniques d’imagerie cérébrale a permis une amélioration des connaissances sur le fonctionnement du cerveau dans ces conditions particulières. Certaines aires cérébrales sont ainsi spécifiquement activées lors de l'hypnose14.

    Hypnose et douleur

     
    Le cortex cingulaire antérieur

    C’est Pierre Rainville, professeur au département de stomatologie à l’université de Montréal, qui a le premier étudié les relations entre l’hypnose et la douleur grâce à des techniques d’imagerie cérébrale. Il a montré qu’un stimulus de même intensité physique, jugé douloureux par les sujets dans un état de veille normale et non douloureux lorsque ces mêmes sujets étaient sous hypnose, évoque des modifications d’activité dans le cortex cingulaire antérieur, une région médiale du cortex préfrontal. Cette région est connue pour son appartenance, entre autres, à la matrice de la douleur, un ensemble de régions du cerveau dont l’activité augmente lors d’une expérience douloureuse.

    Stuart Derbyshire et son équipe ont, quant à eux, utilisé une suggestion hypnotique d’hyperalgésie afin de contraster les activités cérébrales évoquées par une douleur imaginée et celles d’une douleur induite sous hypnose. Ils concluent également que la sensation subjective de douleur et le sentiment désagréable qui lui est associé se reflète dans l’activité du cortex cingulaire antérieur.

    Cette étude apporte néanmoins un argument clair en faveur de la véracité d’induire une douleur sans aucun stimulus physique sans que celle-ci soit imaginée ou imaginaire. Cette conclusion doit sensibiliser certains médecins ou praticiens à réviser leur avis sur des douleurs qu’ils qualifiaient jusqu’alors de factices. Cette étude a été enrichie, entre autres, par une étude finlandaise menée par Tuukka Raij et publiée en 2005.

    Hofbauer a réalisé une expérience en TEP publiée en 2001, avec une suggestion portant sur la sensation douloureuse et non sur le caractère désagréable de cette sensation comme c’était le cas dans l’étude de Rainville. Il a mis en évidence une modulation de l’activité dans les cortex somato-sensoriels et non dans le cortex cingulaire antérieur mettant ainsi en évidence l'importance de la suggestion.

    Des travaux menés par le Pr. Faymonville au CHU de Liège en Belgique ont également permis de démontrer que l’hypnose diminue l’activité, d’une part, des régions somatosensorielles, d’autre part, du cortex cingulaire antérieur, qui participe aux aspects émotionnels et affectifs de la douleur . Grâce à l’étude de la connectivité cérébrale, nous savons que cette diminution de la perception de la douleur observée en hypnose est liée à une augmentation de la modulation fonctionnelle entre le cortex cingulaire antérieur et un large réseau neuronal de structures corticales et sous-corticales connues pour être impliquées dans les différentes douleurs et leurs diverses composantes (sensitives, affectives, cognitives et comportementales). Ce réseau comprend le cortex préfrontal, l’aire motrice pré-supplémentaire, les thalami et le tronc cérébral. Ces variations de la connectivité induites par l’hypnose, entre le cortex cingulaire antérieur et les régions préfrontales, peuvent traduire une modification des processus associatifs du jugement, de l’attention ou de la mémoire des stimuli nociceptifs perçus. De plus, l’hypnose réduit l’activité des régions cérébrales gérant les réactions défensives et émotionnelles face à une stimulation. Cela expliquerait la diminution importante, voire la disparition, de toute réaction motrice quand un stimulus douloureux est appliqué aux patients sous hypnose. Enfin différentes études ont mis en évidence une modification de l’activité cérébrale observée lorsque les sujets sont en hypnose, sans tâche spécifique à réaliser, particulièrement au niveau des réseaux de la conscience interne (conscience de soi) et de la conscience externe (conscience de l’environnement).

    Hypnose et attention

    Les deux études ayant précisément abordé cette question sont celles de Raz et celle de Egner parues toutes les deux en 2005.

    La première étude a montré une baisse de l’activité du Cortex cingulaire antérieur, qui est impliqué dans la détection des conflits alors que la seconde a montré une augmentation de l’activité de cette région en situation de conflit. Ces résultats à première vue contradictoires illustrent l’importance de la suggestion puisque, dans le premier cas, une suggestion était réalisée sur la tâche (« le texte qui apparaissait était d’une langue inconnue ») tandis que la seconde ne faisait aucune suggestion directe sur la tâche. Ces deux études confirment qu'il n'existe pas une base cérébrale de l'hypnose mais que les activités cérébrales sont dépendantes de la suggestion hypnotique utilisée.

    Hypnose et mémoire

    Les liens entre hypnose et mémoire sont de deux ordres :

    • l'émergence de souvenirs pratiquée en hypnothérapie qui a pour but de rappeler au conscient des souvenirs enfouis et oubliés,
    • l'amnésie, souvent utilisée dans le cadre d'un spectacle, notamment avec l'amnésie d'un chiffre ou du prénom de la personne hypnotisée.

    Le rappel de souvenirs devient persistant tandis que l'amnésie ne dure habituellement que quelques secondes à quelques minutes.

    Dans une étude récente (2008), Mendelsohn a proposé que certaines régions qui supportent la récupération des informations en mémoire puissent être inhibées lors d’une suggestion hypnotique d’amnésie.

    Hypnose et sciences humaines

    Il a pu être observé que la personne en hypnose se conforme aux attentes implicites de l'expérimentateur. Ainsi, l'expérimentateur n'observerait-il jamais plus que ce qu'il s'attendait à observer. L'hypnose ne serait-elle qu'un jeu de rôle ? Ce n'est évidemment pas si simple, car il y a bien un fonctionnement spécifique du cerveau, une facilitation des réponses aux suggestions, etc. 

    L'hypnose révèle qu'en sciences humaines la réalité ne se comprend pas, elle se construit. Et le langage y joue un rôle majeur. Ainsi, si on décrit une chaise, la description aura un effet minimal sur la chaise, mais un effet important sur la perception de la chaise, ainsi que sur la perception des personnes qui écoutent. En hypnose, la réaction à la description est amplifiée : le langage (verbal et non verbal) de l'expérimentateur ne décrit pas simplement ce qu'il observe : il décrit-construit les comportements qu'il observe, et sa construction a un effet majeur sur l'attitude de la personne observée. Thierry Melchior nomme ainsi nos concepts des "réalités" car notre réalité est une articulation de ces constructions. Michel Weber a quant à lui proposé une lecture whiteheadienne des phénomènes hypnotiques.

    Dire de l'hypnose qu'elle est un état modifié de conscience ne dit rien de particulier. Notre perspective de la conscience en "états" pourrait, elle-même, être une construction critiquable. L'état de conscience fluctue toute la journée et on passe par de nombreux états modifiés de conscience. Ainsi, il n'existerait pas d'état de base de référence.

     

    Spiritualité et bien être

      

     

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