• Le mystérieux lac Vostok

    Mystères de la terre

    Le mystérieux lac Vostok 

    Des bactéries inconnues découvertes dans le lac Vostok 

    Par Delphine Bossy, Futura-Sciences

    Des bactéries ont été détectées dans les échantillons d’eau du lac Vostok. D’après l’équipe russe, leur ADN ne correspond à rien de déjà connu. Ces bactéries, découvertes sous 4.000 m de glace, appartiendraient donc à une nouvelle espèce… 

    L’attente aura duré un peu plus d’un an, mais les voilà : les premiers résultats d’analyse des échantillons d’eau du lac Vostok sont divulgués. L’eau douce est emprisonnée sous 4.000 m de glace, et ce depuis 20 millions d’années. Le lac Vostok est le plus grand lac sous-glaciaire de l’Antarctique, où règnent des conditions extrêmes. La température moyenne est de -3 °C, la pression est de 360 bars, il n’y a pas de lumière et le milieu est suroxygéné.

    Quelle espèce vivante peut se développer dans un tel environnement ?

    Le mystérieux lac Vostok

    (photo :sciencesetavenir)

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    Des scientifiques russes ont atteint le lac Vostok sous l'Antarctique.

    il pourrait révéler de nouvelles formes de vie

    Le lac Vostok et son observation sont devenus une sorte de prototype d'une future exploration d'Europe une des lunes de Jupiter et de Encelade une des lunes de Saturne qui recèle peut-être un océan liquide sous une épaisseur de glace similaire et pourrait être le lieu du développement d'une vie extraterrestre. 

    Les faits

    Une équipe de chercheurs russes a réussi à atteindre le mystérieux lac Vostok enfoui sous près de quatre kilomètres de glace dans l'Antarctique, après deux décennies de travaux de forage. 

    L'étude d'échantillons provenant du mystérieux lac Vostok, atteint par des chercheurs russes sous près de quatre kilomètres de glace dans l'Antarctique, pourrait générer des révélations sur l'évolution de la Terre et même de nouvelles formes de vie, estimaient jeudi des scientifiques. 

    "Il est possible, même si c'est peu probable, que des micro-organismes jusqu'ici inconnus de l'homme soient découverts" dans ce lac situé dans l'un des endroits les plus inaccessibles de la Terre, a déclaré à l'AFP Guerman Leïtchenkov, de l'Institut russe de recherche scientifique.

    "Des micro-organismes ont peut-être évolué et se sont accommodés à ces conditions rudes" sous la calotte glaciaire du pôle Sud, a ajouté ce spécialiste des ressources de l'Antarctique.

    Vladimir Syvorotkine, de la prestigieuse Université d'Etat de Moscou, est plus affirmatif encore, et pense que "les biologistes vont y découvrir des bactéries inconnues" à ce jour.

    Après deux décennies de forage, une équipe russe a réussi à atteindre dimanche ce lac isolé de la surface depuis des centaines de milliers d'années, à 3.769,3 mètres de profondeur.

    Les scientifiques russes envisagent d'atteindre le fond du lac Vostok au cours des années 2013-2014, a indiqué Sergueï Boulat, spécialiste de l'Institut de physique nucléaire de Saint-Pétersbourg, observant que la profondeur de l'eau en dessous du trou de forage était estimée à 600-700 mètres.

    L'eau du lac Vostok, grand comme le lac Ontario, est restée liquide grâce au réchauffement géothermique et à l'isolation par la couverture de la glace.

    "Si on découvre une vie microbienne dans ces eaux à forte concentration d'oxygène, ce sera la plus grande découverte, dans la mesure où une telle forme de vie est jusqu'ici inconnue sur Terre", selon M. Boulat.

    Déjà en 2010, des chercheurs américains avaient découvert au fond d'un lac de Californie une bactérie capable de se développer à partir de l'arsenic, nouvelle forme de vie qui a bouleversé la recherche sur la vie.

    Le directeur de l'expédition russe, Valeri Loukine, a indiqué mercredi que les premiers échantillons seraient prélevés en décembre, lors du prochain été dans l'Antarctique.

    "Dans les couches de sédiments, il y a des informations sur les changements de la nature et du climat depuis 15-20 millions d'années dans le centre de l'Antarctique", estime M. Leïtchenkov.

    La découverte de telles informations, si elle se confirme, serait "unique", dans la mesure où "nous disposons pour le moment de très peu de données sur cette partie de l'Antarctique", continent recouvert en quasi-totalité de glace, a-t-il ajouté.

    Mais "il faudra mettre au point une technologie de forage fiable du point de vue de la sécurité, afin d'éviter toute pollution", a estimé M. Leïtchenkov.

    Des voix se sont déjà élevées pour dénoncer les forages effectués par les Russes par une température moyenne de -50°C, des scientifiques français et britanniques s?inquiétant des risques de pollution.

    Le professeur Martin Siegert, directeur de l'Ecole de géosciences de l'Université d'Edimbourg, a ainsi relevé que les Russes utilisaient du kérosène autour de leur trou de forage pour l'empêcher de se refermer.

    Jusqu'au début des années 2000, une équipe française était impliquée dans les travaux au lac Vostok, mais elle s'est arrêtée pour ne pas polluer, alors que les Russes ont continué pour une "question de prestige national", selon le Français Jean Jouzel, directeur de recherche au Commissariat à l'énergie atomique (CEA).

    Signe de l'importance de cette expédition pour Moscou, le ministre russe des Ressources naturelles et de l'Ecologie, Iouri Troutnev, s'est rendu la semaine dernière sur le site du forage.

    (source : actu.orange.fr/  ) 

    Lac Vostok

    Le lac Vostok (en russe Озеро Восто́к) est le plus grand des 140 lacs subglaciaires de l'Antarctique. Il se situe en dessous de la station russe de Vostok, dont la surface de l'inlandsis se situe à cet endroit à 3 488 m d'altitude. La surface de ce lac d'eau douce est à approximativement 4 000 m en dessous de la surface de la glace, ce qui la place à approximativement 500 m en dessous du niveau de la mer.

    Le lac Vostok mesure 250 kilomètres de long et 50 km de large, dans ses dimensions les plus larges, et a une superficie de 15 690 km2 ; il est grand comme le lac Ontario, mais il a trois fois son volume. Sa profondeur moyenne est de 344 m, et son volume estimé est de 5 400 km3. Le lac est divisé en deux bassins profonds, reliés par une sorte de col se situant environ à 200 m sous l'eau, alors que la profondeur est de 400 m dans le bassin nord et de 800 m dans celui au sud.
    Les 4 km de glace le surplombant procurent un enregistrement climatique continu sur 400 000 ans. L'eau du lac est très probablement isolée de tout contact avec l'extérieur depuis peut-être 15 à 25 millions d'années, ce qui en fait une structure fossile tout à fait remarquable. Initialement, il a été pensé que c'est la même eau du lac qui est là depuis sa formation, ce qui donnait une durée de rétention de l'ordre du million d'années. D'autres recherches, menées par Robin Bell et Michael Studinger de l'Observatoire de la Terre de l'Université Lamont–Doherty de Columbia, ont suggéré que l'eau du lac est constamment gelée et entrainée par le déplacement de l'inlandsis de l'Antarctique, si bien que l'eau est remplacée par la fonte de la glace dans ces conditions de haute pression.

    Cela replace l'estimation de la durée de renouvellement de l'eau du lac à une moyenne de 13 300 ans.


    La plupart des scientifiques pensent que l'écosystème qui y est sans doute présent pourrait être lui-même très différent de la vie ailleurs à la surface de la Terre du fait :
    des conditions particulières qui y règnent : température froide (- 3 °C), pression élevée, environ 360 bars, absence de lumière, grande quantité de gaz dissouts (milieu très oxygéné) ;
    du long isolement écologique lié à la grande stabilité du manteau glaciaire.


    La station Vostok.
    Exploration

    En 1989, une équipe russe débute le forage de la glace afin d'étudier l'air emprisonné. Ce n'est que plus tard qu'ils se rendirent compte de la présence du lac souterrain. Le forage s'arrêta en 1998 à 188 mètres de la surface de la poche d'eau. Dans la glace remontée, ont été trouvées des bactéries proches des protéobactéries et des actinomycètes peut-être âgées d'environ 500 000 ans. Selon les hypothèses, elles auraient été amenées par le vent et enfouies dans la glace, ou proviendraient de l'eau du lac lui-même. Cette découverte a cependant été contestée par une équipe franco-russe estimant qu'il s'agissait d'une contamination de la glace par le liquide de forage à base de kérosène1. Le forage fut interrompu sous la pression de la communauté scientifique qui craignait une contamination de l'eau. Il put reprendre en 2006, après que les Russes eurent apporté les garanties nécessaires, pour finalement atteindre le lac le 5 février 2012.

    (source : wikipedia)

     

     

      

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