• Les étranges et insolites pierres sacrées

    Sagesse ancestrale

    Les étranges et insolites pierres sacrées à travers le monde…

    La symbolique de la pierre sacrée est utilisée depuis la nuit des temps, car la pierre est « commune à tous les hommes; (…)solide, durable, pesante, elle est signe de force ».

    Les étranges et insolites pierres sacrées

    (Les pierres sacrées : Les émanants)

    Toungouma

    Pierre sacrée de jugement et de divination 

    Dans une société, il faut qu’il y’ait toujours une convention sociale pour que la quiétude sociale règne. C’est le cas de Toungouma dans l’Aréwa. Cette pierre, célèbre dans tout le Niger et au-delà, est souvent appelée pierre de justice et on la consulte régulièrement. Cependant, l'appeler pierre de divination serait peut-être plus juste à l'heure actuelle.

    PIERRES SACREES

    Toungouma, pierre sacrée, est utilisée par le peuple Azna, du culte du Bori, pour les jugements ou pour prédire le futur. Cette pierre se trouve dans la brousse de Korgonno à Lougou, village natal de la Sarraounia Mangou, à trois ou quatre kilomètres de Lougou, sur le plateau situé à l'Est. Le site est inscrit depuis 2006 sur la liste indicative de l'UNESCO. Elle est encore utilisée par l'actuelle Sarraounia. Le culte de Toungouma dépend d’elle. Toungouma tranche des jugements, désigne celui qui a volé et dévoile les choses cachées grâce à son pouvoir. Le pouvoir magique lui vient de ce que tout le monde y croit.
    Selon Bori Zamo, de l’association Tarbiya Tatali de Dogondoutchi, un des 4 personnages qui ont écrit le livre ‘’Lougou et Saraounia’’, on ne considère pas Toungouma comme une pierre mais comme un génie et elle appartient à Sarraounia. Cette pierre est amenée par Sarraounia de Daoura avec son cortège. ‘’Toungouma fait partie des quatre pierres rencontrées par Sarraounia sur sa route, qui étaient toutes des toungouma. ‘’Il y a plusieurs explications à l’origine de la toungouma. Mais, on dit que chacune a pris la direction d'un point cardinal. Toungouma est associée au baobab, car elle a été trouvée sous un baobab, et déposée sous un autre. Cet arbre est une demeure de génies et un signe de fécondité, par la multitude de ses fruits, dans toute l'Afrique de l'Ouest’’, a-t-il expliqué.
    M. Bori Zamo précise qu’en quittant Daoura sur son chemin, le cortège a trouvé quatre pierres sous un baobab. Les membres du cortège entendirent une des pierres parler en disant ceci en Haoussa : ‘’Hé vous là-bas, où partez-vous’’ ? Ils répondirent, «nous voilà», on s’en va par là. La pierre leur aurait dit : «prenez-moi. Là-bas, vous verrez un grand baobab. Quand vous arrivez auprès de ce baobab, vous me déposez, ne vous arrêtez pas, vous allez trouver une terre où vous installer». Depuis Daoura, ils ont pris la pierre Toungouma. Ils l’ont portée sur la tête jusqu’à un grand baobab. Ils l’ont déposée. La pierre leur dit: ‘’si quelque chose vous pose problème, vous revenez, je vous guiderai’’. Ils ont posé leurs bagages à Kufan Lugu (ancien site de Lougou) près d’une mare permanente. Ils ont commencé à faire des sacrifices avec des petits calaos, des ciliko et des poules sauvages. C’était le Magagi, le frère de Saraounia, qui égorgeait et faisait les sacrifices sur une pierre. C’est pourquoi, il est le responsable de la Toungouma.   
    Pour M. Bori Zamo, un jugement mal fait peut l’amener à aller prendre cette pierre. Rien ne l’empêche de la prendre pour se venger.  Il insiste que la Toungouma n’a jamais fait l’objet de curiosité d’aucune étude scientifique. ‘’Personne n’est venue demander à la Sarraounia de connaitre son origine, sa famille parce que les gens respectent la culture des uns et des autres. C’est pourquoi, jusque-là, les gens n’ont pas encore trouvé la curiosité de l’étudier.
    Cette pierre inerte à laquelle on donne vie par des pratiques traditionnelles aurait édicté que ses consultations se déroulent le mercredi et le dimanche. Ces mêmes jours sont également les seuls jours où on peut faire des sacrifices à Lougou. Maïtoungouma officiant chargé de la cérémonie, seul, verse trois fois de l'eau sur Toungouma, en récitant des paroles rituelles.
    Selon toujours M. Bori Zamo, l’officiant de la pierre, la flatte en disant, en langue Houssa : "Toungouma, pierre du Daura, du Katsina et du Bornou, on vient en riant, on repart le cœur serré parce que le coupable sera découvert’’. L'officiant pose la gourde à côté de la pierre. Il ouvre le filet auprès de la pierre, puis la soulève trois fois avant de la poser, encore trois fois dans le filet puis de la laisser. Viennent les deux porteurs, appelés les chevaux de la pierre. Les porteurs sont des garçons de Lougou, des diya maza (enfants males), descendants du village du côté des hommes. Le porteur de devant est de la lignée de Gijé, l’aîné, et celui de derrière de la lignée de Gojé, le cadet.
    Comme l'officiant, les porteurs s’habillent en blanc, ils enlèvent leurs chaussures. La pierre est mise dans le filet, attachée à un bâton. Les porteurs soulèvent le tout. Ils équilibrent minutieusement la pierre, qui est toujours prise dans le même sens, face vers l'est.
    Il y a eu plusieurs sortes de consultations avec Toungouma. Elle est ouverte à toutes les questions.  Chacun peut parler comme il l'entend.
    Seini Seydou Zakaria, envoyé spécial

    (source : nigerdiaspora

    Omphalos

    La pierre « nombril du monde »

    Selon la cosmogonie de la religion grecque antique, Zeus aurait lâché deux aigles des points extrêmes oriental et occidental du monde. Au point où ils se rencontrèrent, Zeus aurait laissé tomber l’omphalos, marquant ainsi le centre, le « nombril du monde ».

    Cette légende a été interprétée par les astronomes comme faisant peut-être référence à la chute d’une météorite de forme conique, devenue « pierre sacrée » et présentée enveloppée d’un tissu, comme le montre la copie romaine présentée dans le Musée de Delphes. L’original disparu était en outre surmonté de deux aigles en or.

    Selon la légende, l’omphalos serait une pierre substituée à Zeus nouveau-né, et avalée par Cronos.

    Copie romaine de l'omphalos de Delphes.

    Elle symbolise ainsi la naissance de Zeus et sa puissance. Si la pierre était enveloppée d’un tissage, c’est parce que dans la théogonie grecque, Cronos, ayant appris qu’un jour l’un de ses fils le détrônerait, exigea de sa femme Rhéa qu’elle lui livre chaque nouveau né, qu’il engloutissait aussitôt. Elle réussit à éviter ce sort à son sixième enfant en lui substituant une pierre enveloppée d’un linge. Plus tard, devenu adulte, Zeus, aidé de sa grand-mère Gaïa, força son père à dégorger la pierre et les enfants précédemment avalés, qui devinrent les dieux de l’Olympe.

    Plusieurs omphalos furent érigés durant l'antiquité à travers le bassin méditerranéen mais le plus célèbre est celui de l’oracle de Delphes, directement placé dans l’adyton du temple oraculaire d’Apollon. La tradition situait sous l’omphalos la tombe du Python vaincu par Apollon. 

    Dol hareuban

    Les Dol hareubangs, littéralement : grands-pères de pierre, sont des statues visibles sur l'île de Jeju-do, en Corée du Sud. Il s’agit d'antiques représentations de divinités : celles-ci protégeaient les habitants des démons et leur assuraient la fertilité. C'est l'un des points les plus connus du folklore local. Ils sont donc devenus un symbole utilisé pour les souvenirs vendus aux touristes.

    Ces statues sont sculptées dans une roche basaltique et mesurent parfois jusqu'à trois mètres de haut. De forme oblongue, le Dol hareubang sera représenté avec deux mains décalées sur les côtés (l'une au-dessus de l'autre), un visage aux grands yeux, avec un large nez, plus ou moins souriant. Il arbore un chapeau en forme de champignon. 

    Pierres du Niton

    Les pierres du Niton sont deux rochers émergeant du lac Léman dans la rade de Genève (Suisse). Situés face au quai Gustave-Ador, il s'agit de blocs erratiques déposés par le glacier du Rhône lors de son retrait après la dernière glaciation. Le mot « Niton » serait dérivé de Neptune.

    On constate que ces pierres sont très stables alors, en 1820, l'ingénieur Guillaume-Henri Dufour s'en sert pour fixer le niveau moyen du lac et appose une plaque graduée sur la grande pierre comme point de repère.

    Par la suite Guillaume-Henri Dufour l'utilise comme point de référence lors de l'établissement de sa carte de la Suisse au 1:100 000 établie entre 1845 et 1864. De nos jours encore, cette pierre est utilisée comme horizon du système géodésique de référence altimétrique en Suisse.

    Il semble, qu'à l'âge du bronze, ces deux pierres ont un rôle rituel et spirituel. Cette hypothèse est fondée par la présence d'un trou carré au sommet de la grande pierre et la découverte, en 1660, de deux haches de l'âge du bronze moyen (env. 1500-1200 av. notre ère). La présence de cupules est également attestée sans que l'on puisse obligatoirement les associer à une activité humaine.

    Les Pierres du Niton… 

    Erathipa

    Dans la mythologie aborigène, Erathipa est un rocher qui a la forme d'une femme enceinte. À l'intérieur d'Erathipa se trouvent l'âme d'enfants morts qui peuvent se réincarner dans le ventre de jeunes femmes fertiles. Ceci n'était connu que des plus importants personnages parmi les anciens aborigènes. Cette roche est également connue sous le nom de Chockolia.

    Cette pierre de fertilité possède une ouverture sur un des côté. Les âmes des enfants morts attendent qu'une femme passe à proximité pour pouvoir se réincarner en elles. Quand des femmes passent à proximité mais ne désirent pas d'enfant, elles se font passer pour des femmes âgées et marchent en s'appuyant sur un bâton et en criant "Ne venez pas à moi, je suis une vieille femme !".

    Ceci indique la croyance selon laquelle certaines pierres ont le pouvoir de rendre fertile une femme stérile, soit du fait des esprits des ancêtres qui demeurent à l'intérieur, soit à cause de leur forme ou de leur origine. 

    Les Shiva Lingams

    Les pierres de Sankara sont inspirées des Shiva Lingams, des pierres cylindriques permettant de combattre le mal. Selon les croyances hindoues, Sankara était un prêtre à qui le dieu Shiva confia cinq pierres aux vertus magiques. Ces pierres représentent à la fois Shiva, sa puissance créatrice et l'union de l'esprit et de la matière. Elles sont vénérées dans tous les temples d'Inde.

    Les faits: Les Shiva Lingams se présentent sous la forme de colonnes de pierre reposant sur un socle circulaire, en pierre lui aussi. Des figures sont parfois gravées sur les parois. Evidemment, les propriétés magiques prêtées aux pierres dépendent des croyances de chacun.

    Les lingams, ou Shiva lingams sont des pierres qui proviennent de la rivière Narmada, située dans la montagne du Mandhata, un des 7 lieux sacrés de pèlerinage hindou, au Centre Ouest de l'Inde.

    Les lingams sont choisis pour leur forme et leur vibration. Leur diversité et leur singularité sont remarquables : Alchimie de matière minérale, de couleurs, de formes graphiques harmonieuses et insolites. Les Lingams sont d’une beauté saisissante.

    Le gouvernement Indien est en train de construire un barrage hydroélectrique sur la rivière Narmada. D’ici quelques années les Lingams seront recouverts par plus de 30 mètres d’eau ! 

    La pierre noire

    La pierre noire de la kaaba à la Mecque, dans la croyance musulmane cette pierre noire provient du paradis, c'est l'archange Gabriel qui la ramena, elle date de l'époque d’Adam et Ève, elle était blanche à l'origine, mais noircie par les péchés des humains.

    Elle fut placée intacte dans le mur de la Kaaba par le prophète Mahomet en 605, cinq ans avant sa première révélation. Elle s'est depuis cassée en plusieurs fragments qui ont été cimentés dans un cadre en argent dans le flanc de la Kaaba. Son apparence est celle d'une roche noire avec des teintes rougeâtres d’environ 30 cm de diamètre dont la surface a été polie par les mains de millions de pèlerins.

    PIERRES SACREES

    Selon la tradition islamique, elle serait tombée du ciel pour indiquer à Adam et Ève où construire un autel. Bien qu'elle ait souvent été décrite comme une météorite, son origine reste inconnue.

    La tradition islamique raconte que c'est Gabriel qui l'a apportée du ciel à Abraham pour qu'elle soit placée dans le temple, à la même place qu'aujourd'hui.

    PIERRES SACREES  

          

    Pierre sacrée du peuple Tehuelche

    Après plusieurs mois d'exploration, un groupe de chercheurs dirigés par le paléontologue et anthropologue argentin Rodolfo Casamiquela, découvre en Patagonie sur l'immense plateau de Somuncura d'environ 250 km² (aussi grand que la superficie de la ville de Buenos Aires) une pierre sacrée que les indiens Tehuelches avaient nommé " La Vieille ", pierre d'origine volcanique très ancienne mesurant 1.30 mètre de haut. 

    Pierre sacrée du peuple Tehuelche.

    Photo : Jorge Amaya

    Cet endroit symbolise plusieurs milliers d'années de culture et de mythologie du peuple tehuelche. Ils ont pu localiser précisément l'endroit grâce aux notes du naturaliste Georges Claraz, qui avait découvert cette pierre lors de ses recherches en 1865 en Patagonie septentrionale. 

    Georges Claraz (1832-1930)

    1865 : Extrait des notes de Georges Claraz  

    Sur le bord occidental de la petite lagune on voit un tas de bois de chauffage sec. Les indiens disent que sous ce tas de bois gît une pierre, et que cette pierre est une Vieille (Yahmoc) qui doit être une déesse. Elle est la propriétaire de ces domaines et des animaux qui y vivent. Avant d'arriver au point indiqué, chacun ramasse une branche sèche, la porte sur ce lieu et la place sur le tas comme une offrande. 

    Ils disent que, comme c'est une vieille et qu'elle ne peut déjà plus aller rassembler son bois de chauffage (parce que, pour les Indiens ceci est la tâche des femmes, à moins qu'elle ne soit vieille), c'est le cadeau qu'elle appréciait le plus. Ils s'approchent du tas avec un grand respect, ils n'y montent pas de face, mais ils l'entourent dans un demi-cercle et en même temps dédient une prière à la Vieille. Ils lui demandent de les protéger quand ils seront à cheval et de leur donner de la viande bien grasse dans leurs domaines.

    Remplis d'indignation, ils ont raconté qu'un tehuelche qui refusait de faire une offrande et se moquait de cette Vieille, est tombé de son cheval et a faillit se casser le cou. A une autre occasion, des tehuelches ont poussé le sacrilège jusqu'à extraire du bois de chauffage du tas pour le disperser ; mais ils ont été punis : ils sont presque morts de faim et n'ont jamais réussi à chasser quoi que ce soit dans les domaines de la "Vieille". 

    Groupe d'Indiens Tehuelches Museo Nacional de Bellas Artes, Buenos Aires

    PIERRES SACREES

    (source : limbos et latraceclaraz)  

    La pierre Tjuringa

    Un tjurunga (ou churinga) est un objet sacré chez les Arrernte, un ensemble de peuples aborigènes du centre de l'Australie.

    Le plus souvent, un tjurunga est un objet en bois ou en pierre, parfois un rhombe, qui appartient à un individu ou à un groupe, ainsi que les histoires, chants et cérémonies qui y sont associés. On le trouve parmi les Arunta, les Loritja, les Kaitish, les Unmatjera et les Illpirra.

    La possession d'un tjurunga est déterminée par le « site de conception » de chaque individu membre d'un clan totémique patrilinéaire. Traditionnellement, seuls les hommes initiés peuvent voir un tjurunga, à l'exclusion des hommes non-initiés et des femmes. Il est conservé dans un lieu secret. Le tjurunga est dit provenir d'un ancêtre fondateur du clan totémique, et possède une grande importance dans le domaine du sacré.

    PIERRES SACREES

    (photo : crystalinks)

    Une pierre sacrée aborigène, que la tradition impose de soustraire au regard des femmes, a été retirée d'une vente aux enchères en Grande-Bretagne après les vives protestations de l'Australie, a indiqué la maison d'enchères Canterbury Auction Galleries.

    La pierre "Tjuringa", ovale, plate et ornée de cercles et demi-cercles gravés, était mise à l'encan par une Britannique qui l'avait reçue en cadeau d'anniversaire à la fin des années 1950 à Sydney.

    Mais la maison d'enchères Canterbury Auction Galleries, qui l'estimait à plus de 6.000 euros, a décidé d'annuler la vente après l'intervention de l'ambassade d'Australie à Londres et d'experts en patrimoine culturel.

    "Ma vendeuse et moi-même ne voulons offenser personne dans la communauté aborigène (...). Nous retirons (la pierre) de la vente", a déclaré le directeur de la maison, Tony Pratt, à la chaîne australienne ABC.

    Les spécialistes de la culture aborigène s'étaient élevés contre la vente en faisant valoir que ces artefacts ont une valeur sacrée telle pour les Arrernte (ou Arunta), tribu du centre désertique de l'Australie, que les musées australiens refusent de les exposer.

    La pierre, qui mesure 27,7 centimètres sur 15,2, avait été offerte à sa propriétaire par l'écrivain et anthropologue australien Archer Russell, en 1959 à Sydney.

    Mais pour Bernice Murphy, la directrice nationale des Musées d'Australie, offrir cet objet sacré à une femme blanche et étrangère témoigne de l'ignorance ou de l'indifférence d'Archer Russell envers les coutumes aborigènes. "C'est le plus grande sacrilège qu'on puisse commettre", a-t-elle déclaré.

    Il en existe encore des centaines partout dans le monde, en Egypte, chez les Mayas, en Inde etc…N'hésitez pas à placer vos trouvailles en commentaires...  

    (source : homme-et-espace)


    Les « gamahés »

    Les pierres brutes gravées par la nature de signes symboliques ou possédant une forme connue sont empreintes d’un mystère qui leur valent d’être utilisées comme talisman. A en croire Paracelse, ces pierres appelées gamahés se trouvent dans les sables et les cours d’eau. « Ils sont rarement dépourvus de forces et de propriétés merveilleuses, dont il faut juger d’après la figure qui leur a été attribuée. Celle-ci témoigne en effet de l’influence céleste et de la qualité dont Dieu les a gratifiés ». Alors que Paracelse défend l’idée qu’ils sont ainsi créés par Dieu, habités par une force divine agissant en fonction de la capacité de l’acquéreur à obtenir une révélation de la pierre; Jules-Albert Lecompte pensait qu’ils étaient produits par une imprégnation psychique car selon lui, « en certaines circonstances, les émotions de l’âme pourraient imprimer une trace fluidique dans la substance ou à la surface des minéraux». Hypothèse surprenante qui s’appuie peut-être sur la conviction que la pierre n’est pas un élément inerte mais assimilé à un être vivant au cycle extrêmement lent, sans pour cela développer une pensée animiste.

    La pierre, support de la méditation extrême-orientale

    Dans l’art du jardin zen, la pierre participe à l’harmonie des forces « assises ». Elle est perçue selon un point de vue anthropocentrique où « chaque pierre a un visage (…). L’expression de leur visage doit être étudiée et leurs intentions interprétées de façon à bien choisir l’emplacement. Un bon jardinier parle à son rocher tout en s’occupant de lui. Il le plaint, lorsqu’il a été maltraité par un maladroit. Il lui accorde toute sa sympathie pour les épreuves qu’il a subies (…).Le jardinier choisit ses rochers en fonction de leur taille et de leur beauté d’œuvre d’art naturelle. Il les place sans qu’ils aient l’air de se trouver là ».
    La divine proportion recrée par l’homme est telle, qu’aucun élément ne pourrait être ôté ou ajouté sans briser l’harmonie. Le visiteur doit ainsi caresser les pierres du regard, afin de laisser dans son âme une empreinte qui porte à la méditation.

    Roger Caillois révèle l’existence d’une pierre appelée l’Encrier-Montagne détenue par un chinois taoïste féru de ces « voyages de l’âme ». Yo K’o recueillit le poème consacré à la fameuse pierre. « Il décrit les terrasses réduites, les amphithéâtres minuscules, les cimes infinitésimales. Rien n’y manquait : plateaux, cirques, pics, route aux neufs lacets ». « La contemplation intense et prolongée » de cette pierre entraînait le poète dans des « randonnées mystiques ». Roger Caillois pensait que ces voyages étaient « sans doute des ravissements extatiques, hérités des anciens chamans. L’esprit, affranchi du corps, est censé parcourir sans effort et presque instantanément les différents mondes naturels et surnaturels, avant de réintégrer son enveloppe ». Notre démarche artistique retient l’idée que la pierre anthropomorphe est vivante, qu’elle parle d’elle même à ceux qui lui portent un intérêt contemplatif.

    A sa façon, Chintamani est une aussi une pierre maîtresse parmi les pierres asiatiques célèbres. Selon une légende tibétaine, rapportée par Andrew Tomas dans « Shambhala, oasis de lumière », une pierre appelée Chintamani en sanscrit ou Norbu Rinpotché en tibétain, posséderait des pouvoirs fabuleux. En effet, cette curieuse pierre dégagerait des radiations réagissant aux vibrations mentales qui l’entourent. Plus surprenant encore, la description réaliste que rapporte Andrew Tomas : « L’un de ses fragments a été décrit comme ayant la longueur d’un petit doigt, une couleur grisâtre et brillante et la forme d’un noyau ou d’un cœur. Quatre signes hiéroglyphiques indéchiffrables y sont gravés. Il est dit que les nuages s’amoncellent quand la pierre s’assombrit, le sang est versé lorsqu’elle devient pesante. Si elle fait entendre des craquements, c’est que l’ennemi approche. Lorsqu’elle lance du feu, le monde est à la veille d’un cataclysme, mais quand une étoile brille au- dessus d’elle, la paix et la prospérité sont en vues ». Cette pierre prophétique aurait été confiée par le Maître du Monde au Dalaï-Lama, en vue de consacrer son possesseur.

    On ne peut évoquer la pierre du Maître du Monde sans parler de celles qui représentent le Centre du Monde.


    La pierre Axis Mundi

    Le « nombril du monde » le plus connu est celui du temple d’Apollon à Delphes en Grèce (Omphallos se traduit par ombilic ou nombril). C’est un rocher sculpté de forme ovoïde au sommet, recouvert d’un filet de laine. Selon Pindare, il était, « plus que le centre de la terre, plus que le centre de l’univers créé; il symbolisait la voie de communication entre les trois niveaux d’existence, ou trois mondes, de l’homme vivant ici-bas, du séjour souterrain des morts, de la divinité ». Dans la mythologie grecque, cette pierre fut érigée et vénérée par onction d’huile à Delphes, par Zeus lui-même. Elle serait aussi celle que Cronos (Saturne) aurait avalé puis recraché à la place de Zeus (Signalons au passage que cet épisode de la pierre de Saturne fut abondamment repris dans l’iconographie symbolique de l’alchimie). Toujours selon la mythologie grecque, « l’omphalos de Delphes était censé situé sur le lieu où Apollon aurait tué le serpent Python, en même temps que sur la crevasse où s’étaient englouties les eaux du déluge de Deucalion ».

    Lui aussi considéré comme le sceau des eaux souterraines, Schetija, le rocher du Temple de Jérusalem, serait le lieu de la Création du monde. Son nom vient de l’hébreu schata qui signifie fonder. Certains hébreux voyaient dans cette pierre un élément de fondation du Temple, sous l’autel des holocaustes. D’autres y voyaient la pierre qui supportait l’Arche d’Alliance. Pour les musulmans, cette pierre passait pour le lieu où Abraham aurait tenté de sacrifier son fils unique. Elle est protégée aujourd’hui par le fameux Dôme du Rocher.

    Symbolique de la pierre dans la Bible
    Dans l’univers biblique, il est nécessaire de dissocier l’utilisation idolâtrique de la pierre par les peuples voisins d’Israël dans l’Ancien Testament, de l’utilisation transcendante des stèles érigées par les patriarches, tel Jacob à Béthel. Dans ce dernier cas les pierres utilisées sont non taillées, si ce n’est par la « main » de l’Éternel, devenant ainsi un instrument de sanctification de la terre. Selon la Tradition, « la pierre taillée n’est en effet qu’œuvre humaine; elle désacralise l’œuvre de Dieu, elle symbolise l’action humaine substituée à l’énergie créatrice ». En comparaison, il est troublant de constater que le paganisme préhistorique par exemple, retient l’idée que certaines pierres brutes choisies et dressées ont le pouvoir de régénérer la terre.

    La pierre de la Bible est avant tout une pierre-mémorial, une pierre servant de témoignage et d’alliance entre Dieu et les hommes (Josué à Sichem) ou pour les hommes entre eux (traité entre Jacob et Laban). Le fondement de la paix repose donc sur une pierre témoin, une borne sur laquelle l’homme orgueilleux ou belliqueux vient buter.

    Cette pierre d’achoppement est présente dans de nombreux passages de la Bible. Ainsi, l’Éternel est un rocher de scandale pour les deux maisons d’Israël dans la prophétie d’Isaïe. Ceci trouve son accomplissement dans la figure christique de Jésus lorsqu’il nous oblige à choisir entre la lumière et les ténèbres. Le Christ devient une pierre d’achoppement pour ceux qui refusent de suivre la parole de Son Père. Mais cette « pierre méprisée par les bâtisseurs est devenue tête d’angle » selon Matthieu. La pierre angulaire qui semblait inutile pour la construction de la citadelle, a été placée « à l’angle d’un rempart d’où on peut la basculer sur l’assaillant », et « celui sur qui elle tombera elle l’écrasera ».

    C’est donc contre toute attente et contre la sagesse humaine que Dieu déclare par la voix d’Isaïe : « Me voici, je fonde en Siôn une pierre, une pierre d’examen (bien choisie), angle de cherté, fondé au fondement. » car «celui qui la prendra pour appui n’aura point hâte de fuir ».« C’est un prodige à nos yeux », car Christ est « tête d’angle » et « pierre de fondement ». Cette déduction a profondément motivé notre choix d’apposer le titre d’ « Achoppement » sur notre pierre angulaire, celle-ci étant précisément le chef d’œuvre et la pierre de fondement de notre « Œuvre au Blanc ».

    La pierre « fondement-achoppement » est le sujet-clé de l’alchimie. Longtemps considérée comme une activité subversive, l’alchimie a été depuis reléguée à tort au rang des mystifications. Cependant, la Tradition demeure et quelques adeptes poursuivent leurs travaux à l‘abris des regards indiscrets. Loin d’être indifférent au message évangélique, l’alchimiste ne peut entreprendre le Grand Œuvre, percer l’arcane la plus élevée de la compréhension de la nature, sans invoquer l’aide de Dieu.


    La pierre, matière première de l’œuvre alchimique

    Au premier abord la pierre des alchimistes semble insignifiante, chétive (lapis exilis) « et c’est pourquoi tous ceux dont l’intelligence est orientée vers les valeurs de ce monde sont incapables de reconnaître ce joyau ». Elle peut aussi briser l’adepte engagé sur la voie du Grand Œuvre s’il ne parvient pas à la rectification de la pierre. Cette dernière doit passer d’une fonction d’obstacle à celle d’appui.

    On ose peu la représenter à l’état brut tant elle paraît « informe et vide ». Pourtant cette pierre possède déjà l’étincelle du sceau divin, révélée seule à l’initié méditatif. A ce stade, « la pierre est encore considérée comme androgyne, l’androgynat constituant la perfection de l’état primordial. Est-elle taillée, les principes se séparent ». Sa représentation symbolique est donnée par l’image d’un cône inversé posé sur un cube. La pierre conique correspondrait à l’élément masculin et la pierre cubique à l’élément féminin.

    Quoi qu’il en soit la pierre est souvent présentée comme encéphale. Les alchimistes grecs ne se baptisaient-ils pas « enfants de la tête d’or»? L’adepte est donc sur la voie du Grand Œuvre lorsque sa pierre ressemble au « vase du cerveau », car « le cerveau est la demeure de la partie divine ». « Triangulaire de forme, il est l’organe qui est le plus proche de la simplicité de l’âme; il est ainsi le pont vers la transformation spirituelle».

    (source : theriansotherkin

    PIERRES SACREES

    Sagesse ancestrale 

      

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