• Les mentawais, les hommes fleurs

    Sagesse ancestrale

    Les MENTAWAIS

    ou "Hommes Fleurs"

    Les Mentawai (ou encore Mentawei, Mentawaï ou Mentawi) sont la population autochtone des îles Mentawai située au large de la côte ouest de la province de Sumatra Ouest en Indonésie.

    On les appelle aussi « hommes-fleurs » car, pour eux, la beauté est une chose essentielle.  

    LES MENTAWAIS

     Le nombre actuel (vers l'an 2000) des Mentawai est estimé à 30 000 individus, pour une population totale de 64 000 habitants dans l'archipel. Les Mentawais habitent l'île de Siberut qui fait 4 480 km² et se trouve parmi les 17 500 îles de l’immense archipel. Cette île se trouve à 150 km des côtes de Sumatra. L'île de Siberut se situe dans « le détroit des Mentawai ». L'UNESCO a décidé que l'île de Siberut devait être une réserve protégée. La côte ouest de Sumatra est composée d'une quarantaine d'îles, dont seules les quatre plus grandes sont habitées : Siberut (4480 km²), Sipora (845 km²), et les deux Pagaï, Nord et sud (1675km²). Sibérut abrite la environ 45 000 indigènes.

    Avant la chasse, les hommes demandent aux esprits de la forêt de leur accorder la chance de ramener un sanglier ou un singe. En même temps, Teoreun (le chamane) va préparer le poison avec des feuilles, des écorces, des racines toxiques puis du piment. Tous ces éléments vont être ensuite rassemblés et pressés (le poison peut tuer un sanglier en moins de 5 mn). Cette fabrication n'est jamais pratiquée devant les enfants car une imitation pourrait être mortelle. Puis Teoreun enduit les flèches avec le poison. Les hommes s'entraînent avec des flèches sans poison sur une cible à 10 m. Enfin, les hommes partent à la chasse : les animaux sont presque invisibles.

    Quand les chasseurs voient un animal, ils le tuent et, afin de préserver l'équilibre de leur univers spirituel, les Mentawais remercient l'âme de l'animal qu'ils ont chassé. Les femmes pêchent des petites crevettes et des petits poissons avec des épuisettes. Les femmes ramènent peu de nourriture car elle est très peu abondante dans la rivière.

    LES MENTAWAIS

    Le sagou est réalisé à partir de la pulpe du sagoutier. Après l'avoir abattu, les Mentawais enlèvent la pulpe, puis la lavent. Cette pulpe donne un liquide blanc qui est filtré afin d'obtenir une sorte de « farine ». Pour les Mentawais, cet arbre permet d'éviter la famine car la farine est très nourrissante et les arbres sont nombreux. Les Mentawais consomment beaucoup de fruits. Un homme est chargé de monter dans les arbres à plus de 20 m de hauteur.

    Après la chasse, la pêche…

    les Mentawais partagent la nourriture : pendant le repas, chaque personne a le même nombre de morceaux de nourriture que son voisin. Les nouveau-nés ont autant de nourriture que les adultes. Car, pour eux, chaque personne a la même importance, que la personne soit chamane ou pas, qu'elle soit vieille ou jeune. Pour présenter le sagou, on doit prendre une feuille et on l'enroule avec le sagou à l'intérieur. Puis on attache celle-ci avec une ficelle. Pour la viande, chaque famille possède une petite planche en bois et les petits morceaux de viande sont disposés dessus.

    Tatouages

    Les Mentawais ont sans doute été le premier peuple sur terre à faire des tatouages. Ils se tatouent le corps des pieds à la tête. Les tatouages, très impressionnants par leur taille et leur apparence guerrière, ont plusieurs explications :

    La première est liée à la religion : leur croyance animiste. Ils croient que tout objet est animé et possède une âme capable de sortir de son enveloppe matérielle. Pour empêcher que l'âme ne parte (ce qui donnerait des maladies et la mort), ils se décorent la peau. Le tatouage vient de cette croyance : il sert à préserver intacte l'âme de l'individu.  La seconde fonction permet de connaître l'identité, le clan et à quelle famille appartient l'individu grâce à des symboles (ex : la lune, le soleil...) qui déterminent l'appartenance à une famille.  Les tatouages ont une troisième explication. Ils remplacent leurs vêtements et ils paraissent protéger les humains . Les séances de tatouages sont très nombreuses dans une vie de Mentawai pour que le corps en soit presque recouvert.

    Chaque partie du corps est tatoué petit à petit : les jambes, les bras, le torse et parfois le visage. Les tatouages sont constitués de courbes et de lignes. Hommes et femmes sont tatoués de la même façon exceptés les bras et les cuisses des femmes qui ne sont pas marqués. Les tatouages sont faits à l'aide d'un petit pinceau appelé « patit » sur lequel est fixée une pointe de laiton. L'encre est constituée d'un mélange de noir de fumée récupéré sous les marmites et de jus de canne à sucre. Les motifs sont d'abord dessinés sans encre sur le corps du futur tatoué, en prenant exemple sur le corps du tatoueur.

    Les plus anciens, qui assistent à la séance donnent leur avis sur les dessins et le tatoueur recommence jusqu'à ce que tout le monde soit d'accord sur la forme artistique des motifs qui doit suivre la tradition. Le tatoueur peut alors commencer avec l'encre. Le « patit » est enduit d'encre et le tatoueur repasse les motifs dessinés avec de l'encre. A l'aide d'une baguette en bois, le tatoueur donne de petits coups secs et rapides sur l'instrument pour que l'aiguille pique la peau. Elle se déplace alors lentement le long de la ligne tracée. La séance est longue et très douloureuse, mais les gens tout autour racontent des blagues et des histoires pour soutenir le tatoué.

        

    Les Mentawais portent des fleurs d'hibiscus sur leurs têtes. Dans la tradition, elles se transmettent de générations en générations. Les Mentawais portent des pagnes végétaux fabriqués avec les écorces des arbres coupées en lamelles, trempées dans l'eau et longuement martelées sans les déchirer pour quelles soient plus souples. Pour finir, ils les font sécher au soleil et ils les nouent autour du torse. Au fil du temps, les pagnes vont devenir du tissu.

      LES MENTAWAIS

    Habitat

    Les Mentawais n'habitent pas exactement dans un village mais dans une maison collective. C’est aussi un refuge spirituel où les vivants peuvent prier et communier avec leurs ancêtres. Pour les jeunes apprentis, ils sont formés à la vie en harmonie avec la forêt et finalement, initiés à l’art du Mentawai. Les enfants commencent à utiliser la machette à l'âge de 4 ans.

    Les familles dorment dans LA « uma », la maison collective ou tout le monde vit en communauté. Autrement, les « sapo » sont de petites maisons individuelles, officiellement pour la chasse et l'entretien de la forêt. Officieusement, c'est un endroit ou l'homme et la femme se retirent de leurs umas pour rester ensemble et partager un peu d'intimité.

    Dans leur village, il n'y a pas de chef, mais un guide, le chaman. Chacun sait ce qu'il doit faire. Après le repas du soir, les Mentawai se réunissent pour parler avec des cigarettes dans la bouche. Les réunions peuvent durer des heures car il faut que tout le monde soit d'accord, ce n'est pas la majorité qui l'emporte. La langue mentawai fait partie du rameau des langues sumatriennes de la branche malayo-polynésienne des langues austronésiennes, auquel appartiennent également les langues batak, enggano, nias et simeulue.

    Un peuple menacé

    Les Mentawai ont subi une politique très dure d'acculturation et de sédentarisation forcée, menée au nom de la modernisation par le gouvernement indonésien dès les années 1950, appliquée avec l'usage de la violence sous la dictature de Soeharto. Cette politique a été source d'un bouleversement du mode de vie des Mentawai, contraints de quitter la forêt, leur lieu de vie ancestral, et de s'installer dans des villages constitués de maisons individuelles au lieu des traditionnelles grandes maisons communautaires ou uma.   Depuis la démission de Soeharto en 1998, cette acculturation forcée a cessé, mais nombre de Mentawai ne savent plus vivre ou survivre dans la forêt. L'île a été classée Réserve de la biosphère par l'ONU. Quelques Mentawais ont alors décidé de reprendre leur mode de vie traditionnel en retournant dans la forêt et en reconstruisant des uma. Ils seraient aujourd'hui un millier à avoir retrouvé ce mode de vie ancestral, qui est encore découragé par le gouvernement central et local.

    (source : wikipedia)

      

     

       

     

      

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