• Métamorphose dans la nature

    Conscience animale

    La métamorphose dans la nature

    Passages d'une forme à une autre...

    LA METAMORPHOSE DANS LA NATURE

    On nomme métamorphose (zoologie) la série de phénomènes par lesquels certains animaux passent d'une forme à une autre, en succession régulière, de leur naissance jusqu'à l'âge adulte.

      

    La métamorphose est un développement post-embryonnaire, qui ne compte que du jour où l'animal a quitté l'œuf, et par conséquent, dans la règle, le corps de sa mère. Certains insectes, vivipares cependant, mettent au jour des larves toutes formées; celles-ci sont dans le cas des petites vipères qui ont quitté leur œuf dans le corps même de la mère. Les animaux qui subissent le plus de métamorphoses régulières sont certainement les insectes, puisque, en général, aucun d'eux n’éclot sous la forme définitive apte à reproduire son espèce. Mais il en est beaucoup d'autres qui passent par divers états, comme on l'observe chez les échinodermes, les mollusques, etc., et même chez les vertébrés tels que certains poissons et tous les amphibiens. Chez ces derniers, notamment, on peut comparer les métamorphoses à celles des insectes. Ils passent, en effet, parla phase de larve ou têtard, puis par la phase de nymphe (têtard muni de membres) avant d'arriver à l'état parfait.

    LA METAMORPHOSE DANS LA NATURE         LA METAMORPHOSE DANS LA NATURE 

    Métamorphose dans la nature

    (photo : larousse)

    Les insectes sortent de l'œuf à l'état de larve, puis, après plusieurs mues qu'accompagnent parfois de grands changements de forme, ils passent par un état, ordinairement dormant, qui est celui de nymphe, ou chrysalide; enfin, ils apparaissent à l'état d'insecte parfait.

    LA METAMORPHOSE DANS LA NATURE     LA METAMORPHOSE DANS LA NATURE

    (Naissance d'une chenille qui mange l'enveloppe de son oeuf - Les émanants)    

    La métamorphose des insectes.

    Plusieurs années peuvent être consacrées à ce développement post-embryonnaire; il peut se faire en quelques semaines, en quelques jours même. Mais, des trois états, le plus court est généralement celui d'insecte parfait; car le mâle, au moins dans la plupart des cas, ne survit guère à l'accouplement, non plus que la femelle à la ponte. Cependant, beaucoup de Coléoptères vivent plusieurs années à l'état parfait.  

    Métamorphoses : Crustacés : 1. Zoé de crabe; 2. Nauplius de homard; 3. Mégalope de portunus. - Annélides : 4. Jeune néréide; 5. Larve d'ophryotrocha. - Méduses : 6, 7, 8, 9. Etats successifs des scyphistomes. - Mollusques : 10, il, 12, Etats successifs du pneumodermon. - Echinodermes : 13. Larve d'astérie; 14. Larve plus âgée; 15, Larve d'oursin. 

    LA METAMORPHOSE DANS LA NATURE

    On distingue les insectes à métamorphoses complètes et à métamorphoses incomplètes; les premiers passant par les trois états absolument différents, comme chenille, chrysalide et papillon ; les autres ayant, comme les sauterelles et les punaises, leur forme définitive au sortir de l’œuf et ne faisant que grossir et acquérir des ailes au fur et à mesure de leurs mues. Plus exactement, il y a trois catégories dans les insectes, les amétaboles, les hémimétaboles et les holométaboles. Les amétaboles ne subissent pas de métamorphoses; ce sont les plus dégradés des insectes, et ils mènent une existence parasite, comme les poux et autres anoploures. Les métaboles sont ceux qui subissent des métamorphoses. On distingue les hémimétaboles, qui ont des métamorphoses incomplètes (orthoptères, hémiptères, et même certains Névroptères et Diptères, dont les nymphes sont capables de se mouvoir librement) et les holométaboles, qui ont des métamorphoses très complètes; une larve active, une nymphe immobile jusqu'à l'éclosion de l'insecte parfait.

    Même, parmi les holométaboles, on observe des stades intermédiaires où les larves se changent en une nymphe (pseudo-nymphe), d'où sort une seconde larve.

    Une hypermétamorphose, le cas du Meloe

    LA METAMORPHOSE DANS LA NATURE

    (Meloe proscarabeus - photo les émanants)

    Trouvé à St Léonard des Bois (merci à Lucas pour son œil exercé) Au détour d'une promenade, vous aurez peut-être la chance d'apercevoir ce beau coléoptère  noir bleuté. Il s'agit d'un méloé. Ne craignez rien, même si l'animal a une bonne taille (trois bons cm), il n'a ni croc ni dard. Il peut juste, s'il se sent maltraité, produire par saignée réflexe de la cantharidine, une substance huileuse vésicante qui tache et sent mauvais. 

     Trop tard Lutin ! Cette substance est à l'origine du nom anglais de l'animal "Oil beetle". Comme l'écrit le grand Jean-Henri Fabre (source d'une bonne partie de ce billet) : " Ce coléoptère serait donc sans grand intérêt si ce n'étaient ses métamorphoses et les pérégrinations de sa larve..." En effet, plutôt que de pondre des œufs dont sortent de simples larves qui nymphosent pour donner des adultes, le méloé pond d'abord des œufs...

    beaucoup d’œufs, plus de 4000 ! 

    Quand les larves éclosent un mois plus tard, elles grimpent sur les plantes à leur portée, privilégiant les fleurs possédant du jaune, histoire d'être plus discrètes. 

     (Photo Aramel

    Dès qu'elles sentent une vibration, ces larves appelées triongulins se jettent sur le visiteur supposé et s'y accrochent. 

     (Photo Aramel

    Malheureusement, les triongulins n'ont aucun discernement et s'accrochent à tout ce qui bouge : mouches, araignées, coléoptères, papillons, lutins... Toutes ces larves sont vouées à une mort certaine sauf celles qui ont eu la chance de s'accrocher à une abeille solitaire du genre Anthophore. 

    (photo O.Guetin)

     Agrippées à la toison de l'abeille, les larves se laissent ensuite emmener vers le nid de l'hyménoptère où elles attendent qu'il ait pondu son œuf (dans un trou empli de miel prévu à cet effet) pour se glisser sur l’œuf qu'elles dévorent. Puis, elles s'attaquent au miel avant de passer par une suite compliquée de métamorphoses.

    Hypermétamorphose de Sitaris, un autre méloïde (document Fabre)

    Après cette suite de transformations (6 ou 7 chez certaines espèces), le méloé est enfin parvenu à l'âge adulte où il va bientôt chercher un partenaire pour se reproduire.


    Note : les larves des méloïdes (triongulins) ont été longtemps appelées "poux des abeilles", Pediculus Apis (Linné). On pensait que c'était une espèce à part qui parasitait les hyménoptères jusqu'à ce que Newport (1803-1854) et Fabre (1823-1915) mettent en évidence le fait qu'il s'agissait d'un stade de développement d'un coléoptère.

        

    (source : e.lutin.kikourou)

    Métamorphose dans la nature

    (œufs de papillon de nuit sur gaillarde - Les émanants)

    Transformation à l'intérieur...

    Les phénomènes de la métamorphose ne se bornent pas à des changements de forme extérieure; à eux se relient des modifications profondes des organes, de leurs tissus, de tous les éléments constitutifs de l'animal lui-même. S'il y a identité au sens absolu entre la larve sortie de l’œuf et l'insecte parfait qu'elle devient, il n'y a, au premier stade, aucune identité de forme non plus que d'organisation. Une larve carnassière est souvent celle d'un insecte phytophage, et réciproquement. C'est pourquoi l'on a donné le nom de développement post-embryonnaire à toute la durée de la métamorphose; car le corps de la larve, mais surtout celui de la nymphe des holométaboles, est un œuf véritable où les tissus, sans cesse en voie de remaniement, remplissent le rôle d'un second vitellus formatif, où des éléments anatomiques particuliers (disques imaginaux, histoblastes), d'abord à l'état de simples points, s'accroissent en volume jusqu'à produire les pattes, les parois de latête et du thorax, comme chez ces larves de Diptères qui n'ont ni pattes, ni tête cornées.

    Métamorphose (botanique). - Le mot de métamorphose désigne, en botanique, les modifications, souvent très profondes, que subit un organe primitif pour s'adapter à des fonctions spéciales. C'est ainsi que la feuille, suivant les régions du corps de la plante où elle se développe, devient écaille de bulbe ou de bourgeon, bractée,sépale, pétale, étamine, carpelle, cotylédon, etc. 

    Le mot métamorphose doit être pris ici dans un sens en quelque sorte métaphorique; la feuille qui s'adapte au rôle de produire le pollen, par exemple, ne passant pas d'abord par l'état de feuille végétative pour se transformer ensuite en étamine. La métamorphose ainsi comprise peut se produire d'une façon normale, de telle sorte que l'appareil floral, par exemple, offre, dans ses diverses parties, des passages de la feuille végétative à la bractée, au sépale, au pétale, à l'étamine et au carpelle. Accidentellement, et sous l'influence de causes diverses, telle ou telle espèce végétale peut présenter des cas anormaux de métamorphose : elle est dite alors descendante ou régressive, quand un organe de rang déterminé revient à l'état d'organe d'un rang inférieur, par exemple une étamine à l'état de pétale; elle est dite, au contraire, ascendante ou progressive, quand un organe se transforme par anticipation en un organe de rang supérieur, par exemple une feuille végétative en pièce du périanthe, etc. Quant aux variations morphologiques que beaucoup de végétaux peuvent offrir sous l'influence du milieu extérieur, on emploie de préférence, pour les désigner, le mot de polymorphisme. (NLI).

    La chenille se retourne pour former une chrysalide

    LA METAMORPHOSE DANS LA NATURE

    La métamorphose de la chrysalide est spectaculaire, la tête de la chenille se retourne et se fond dans le cocon.

    LA METAMORPHOSE DANS LA NATURE

    Le cas fantastique des oursins !

    L’oursin, avant d’avoir la forme caractéristique que l’on connaît, naît sous forme d'une larve planctonique. Baptisée pluteus, elle est une proie facile. De nombreux poissons et crustacés s’en régalent. La stratégie de l'oursin, comme bien d'autres animaux marins, est d'en produire un très grand nombre pour assurer la pérennité de l’espèce. C’est pourquoi les oursins adultes lâchent dans l’océan des millions d’œufs et des milliards de spermatozoïdes durant les nuits de Pleine Lune, ou avant une tempête.

    Un jour après sa naissance, l’œuf fécondé se métamorphose en blastula, une boule de cellules recouverte de cils, puis en gastrula. Il commencera alors à se nourrir. Après quelques semaines à la merci des courants, la larve donnera naissance à un jeune oursin qui pourra investir les fonds marins.

    (source : futura-sciences)

    LA METAMORPHOSE DANS LA NATURE

    (photo : ouest-france)

    Métamorphose (biologie)

    La métamorphose est une période de la vie d'un animal qui correspond au passage d'une forme larvaire à une forme juvénile ou adulte. Elle se manifeste le plus souvent par d'importants changements (histologiques, physiologiques,comportementaux, etc.), c'est un des stades critiques pour beaucoup d'espèce, qui peut être affecté par certains polluants (perturbateurs endocriniens notamment).

    Il semble exister pour chaque espèce une taille optimale à atteindre au moment de la métamorphose pour que les chances de survie soient les meilleures. Quelques espèces peuvent ajourner à l'année suivante leur métamorphose (Néoténie, par exemple chez certains amphibiens).

    La métamorphose correspond à des changements morpho-anatomique et physiologique brusque et irréversible changeant le plan d'organisation de l'individu. C'est une phase de développement dite indirecte caractérisé par la naissance d'une larve autonome, incapable de reproduction sexuée, qui aboutira à l'édification d'un adulte appelé imago (=image de l'espèce).

    Les différents types de métamorphoses chez les Insectes

    • Hémimétabolie : On observe une augmentation de la taille de la larve pour devenir de la même taille que l'adulte. Elle se rapproche de la structure de l'adulte sans pour autant subir le stade nymphal (= le dernier stade). L'adulte et la larve ne vivant pas dans le même milieu, on observe des adaptations pour chacune de ces formes de vie. Ex : Orthoptères (sauterelles), Hétéroptères (punaises)...
    • Holométabolie : Plusieurs mues successives dont la dernière est la mue nymphale (pouvant durer plusieurs semaines à plusieurs années selon les espèces) conduisant à l'édification de l'imago, radicalement différent de la larve (mode et milieu de vie, morphologie...) Ex : Diptères (mouches, moustiques...) ; Hyménoptères (abeilles) ; Lépidoptère (papillons) ; Coléoptère (scarabées)...

    Note : l'Amétabolie ne concerne que les insectes aptères ne subissant pas de métamorphose à proprement parler, puisque l'adulte reste la copie conforme de la larve. Celle-ci étant considéré comme un développement direct, elle ne sera pas catégorisé ici comme une métamorphose.

    Contrôle de la métamorphose

    Le contrôle de la métamorphose a été particulièrement bien étudié chez les amphibiens. Ce sont les hormones thyroïdiennes qui induisent les événements cellulaires liés à la métamorphose. Chez les insectes, la métamorphose a lieu dans le cadre de la mue contrôlée par l'ecdysone mais en absence d'hormones juvéniles qui ont pour rôle de maintenir les caractères larvaires. Un certain nombre d'insecticides sont des analogues d'hormones juvéniles (comme le méthoprène) et ainsi inhibent la métamorphose.

    Contrôle par l'environnement

    L'influence de facteurs externes (la température, la photopériode, la densité de population) stimulent la sécrétion d'hormones qui vont conduire à la métamorphose. Chez la grenouille, sous l'influence de l'environnement, les têtards nés en mai se métamorphosent en été alors que les têtards nés en juillet, passent l'hiver en vie ralentie et se métamorphosent au printemps.

     (source : cosmovisions)

     

      

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