• Monstres des abysses

     Nature insolite

    Monstres des abysses 

    Celui en dessous est plutôt sympa, c'est le Grimpoteuthis,mais les autres sont impressionnants...

    Monstres des abysses

    (Grimpoteuthis - photo : claire-nouvian)

    Le terme abysse désigne l'ensemble des zones d'un océan, situées en dessous de la thermocline, à une profondeur de 1000 mètres ou plus. Comme les caractéristiques environnementales sont partout les mêmes, on parle toujours des abysses au pluriel, du grec άβυσσος (ábyssos) signifiant « sans fond » (dans les temps anciens, on croyait que l'océan était sans fond). Aussi appelés grands fonds océaniques ou grandes profondeurs, les abysses occupent les deux tiers de la planète terre et représentent le plus grand habitat de la planète.  

     

    À 150 mètres de profondeur dans les océans, 99 % de la lumière solaire a été absorbée, puis, au delà de mille mètres, la nuit est complète, le froid intense et les pressions colossales : ce sont les abysses. Longtemps on y pensa toute vie impossible, pourtant les premiers bathyscaphes y découvrirent, dans les années 1970, un foisonnement de vie au sein d'écosystèmes inconnus, à proximité d'importantes ressources minérales. Aujourd'hui, certaines sources hydrothermales profondes (fumeurs noirs) sont associées à une des principales hypothèses quant à l'origine de la vie sur Terre. Les abysses restent néanmoins très mal connus ; à l’heure actuelle, 95% des abysses restent inexplorés, les grands fonds sont cartographiés avec bien moins de précision que la Lune et davantage d’hommes sont allés dans l’espace qu'au plus profond des océans.

    Caractéristiques environnementales

    (source : blogsofbainbridge

    Lumière

    La lumière est inexistante dans les abysses, à l'exception de la partie supérieure de la zone mésopélagique. La photosynthèse y est donc impossible, excluant toute production primaire d'oxygène. Ainsi, la bioluminescence, produite par les organismes vivants, est la seule source de lumière dans les profondeurs. Face à ce manque de lumière: les organismes doivent compter sur les sens autre que la vision. Elle peut aussi avoir un effet sélectif sur les habitudes de locomotion des animaux et sur leurs systèmes de propulsion. 

            

    Pression

    La pression est le plus grand facteur environnemental qui agit sur les organismes des abysses. La pression augmente d'une atmosphère , tous les 10 m de profondeur. Dans la mer profonde, la gamme de pression est de 20 à 1.000 atm. L'exposition à la pression joue un grand rôle dans la distribution des organismes d'eau profonde. Jusqu'à récemment, les gens manquent d'informations détaillées sur les effets directs de la pression sur la plupart des organismes des abysses, parce que presque tous les organismes chalutage des grands fonds marins sont arrivés à la surface de morts ou mourants. Avec l'avènement des pièges qui intègrent une chambre spéciale de maintien de pression, des animaux métazoaires les plus importantes ont été extraites de la mer profonde en bon état. Certains d'entre eux ont été maintenus à des fins expérimentales, et nous obtenons une meilleure connaissance des effets biologiques de la pression.

    Salinité

    La salinité a une remarquable constance dans les abysses comme en mer (sauf dans les mers fermées ou semi-fermées comme la mer Méditerranée ou la Baltique). Elle peut néanmoins varier par endroit, a priori sans grand effets écologiques, sauf - rarement et très localement - quand il y a accumulations de saumure dense (cf. illustration). Dans ce cas, il semble que la plupart des espèces fuient le milieu (ou y meurent ?).

    Température

    Les deux zones des plus grands et plus rapides changement de température sont la zone de transition entre les eaux de surface et les eaux profondes, la thermocline ou l'entre deux eaux, et la transition entre les grands fonds marins et l'eau chaude des sources hydrothermales. La thermocline a une épaisseur variant de quelques centaines de mètres à près de mille mètres. En dessous de la thermocline, la masse d'eau des abysses est froide et beaucoup plus homogène. Les thermoclines sont plus forts dans les régions tropicales, où la température de la zone épipélagique est généralement supérieure à 20 ° C. De la base de la épipélagique, la température descend sur plusieurs centaines de mètres à 5 ou 6 ° C à 1.000 mètres. Elle continue à diminuer, mais le taux est beaucoup plus lent. En dessous de 3.000 à 4.000 m, l'eau est isotherme. À toute profondeur donnée, la température est pratiquement stable pendant de longues périodes. Il n'y a pas de variations saisonnières de température, ni de changement annuel. Aucun autre habitat sur la terre a une température aussi constante. Les cheminées hydrothermales sont le contraste direct avec une température constante. Dans ces systèmes, la température de l'eau qui ressort des cheminées peuvent atteindre 400 ° C ( l'ébullition est conservée par une pression hydrostatique élevée), tandis que quelques mètres plus loin, elle peut être de 2 à 4 ° C seulement.

    Exploration des abysses

    Les abysses sont un environnement totalement hostile à l'homme, et représentent l'un des milieux les moins explorés de la planète. À partir de la zone mésopélagique, les pressions sont trop grandes pour les méthodes traditionnelles d'exploration, exigeant des approches alternatives pour la recherche. Les stations caméra, de petits submersibles habités et des ROV (véhicules actionnés à distance) sont trois méthodes utilisées pour explorer les profondeurs de l'océan. En raison de la difficulté et le coût de l'exploration de cette zone, les connaissances actuelles sont très limitées. La pression augmente d'environ une atmosphère tous les 10 mètres, ce qui signifie que certaines zones peuvent atteindre des pressions de plus de 1000 atmosphères. La pression rend non seulement les grandes profondeurs très difficiles à atteindre sans aide mécanique, mais elle rend aussi l'étude des organismes adaptés à ces pressions énormes difficile. En effet, les organismes ramenés à la surface pour y être étudiés sont rapidement tués par la faible pression atmosphérique. 

      

    L'avantage avec les profondeurs abyssales de l'océan c'est qu'il y a de la place pour que les petites bestioles se développent. Le problème c'est qu'il n'y a rien à bouffer, pas de lumière, et que de toute façon personne n'est là pour voir ce qui s'y passe. Du coup on se rend compte que la Nature a un peu baissé les bras et s'est dit "A quoi bon ?", avec comme résultat un défilé de freaks pas bien jolis tenant plus du film Alien que du petit chaton. Plongée dans les abysses...

    Le requin-lutin

    Dans la cour de récré des requins, tout le monde se fout de sa gueule. Même le requin-marteau a plus d'amis que ce croisement raté entre Pinocchio et Régine. Son petit plus : il peut se déboîter la mâchoire.

    RequinLutin

    source photo : list25

    Le poisson-ogre

    Pas de panique, c'est vrai que le poisson-ogre se la raconte un peu avec son nom mais en vrai il mesure 16 cm. Cette petite baltringue. Son petit plus : Il s'agit de l'animal possédant les plus grandes dents au monde, proportionnellement. A tel point que le pauvret ne peut même pas fermer sa mâchoire.

    poisson ogre

    Crédits photo (creative commons) : Citron

    Le grand avaleur

    Son nom semble sorti tout droit d'un bouquin de Lovecraft, et vous noterez que sa gueule aussi. Son petit plus : Son estomac est tellement souple qu'il peut avaler des proies 3 à 4 fois plus grandes que lui.

    grandavaleeur

    source photo : list25

    Le poisson-vipère

    Découvert en 1801, cet ignoble rebut de l'évolution n'intéresse personne, pas même les scientifiques, du coup on ne sait rien sur lui. Son petit plus : rien.

    poissonvipere

    source photo : list25

    Le requin grande gueule

    Ce requin mangeur de plancton se caractérise par sa large tête aux lèvres caoutchouteuses, comme Lana del Rey. Son petit plus : il ne chante pas.

    requingrandegueule

    source photo : list25

    Le grenadier

    Si la saga Harry Potter se passait chez les sardines, le grenadier serait Voldemort. Son petit plus : vous en avez sûrement déjà mangé, vu qu'il est abondamment pêché.

    grenadier

    source photo : list25

    Le revenant

    Ce petit bout de chou à la tête transparente appartient à la famille des Opisthoproctidae. En Grec, ça veut dire "qui a l'anus derrière". Et on est vachement content pour lui. Son petit plus : ses yeux sont tubulaires et lui permettent de regarder en haut sans lever la tête. Pratique.

    revenant

    source photo : list25

    Le poisson-hachette

    En terme de tristesse, cet animal est super triste. Heureusement, son nom un peu swag lui permet de ne pas déprimer totalement, tout seul au fond de l'Océan. Son petit moins : il avait bien un pote Jojo la crevette, mais il l'a mangé.

    poisson hachette

    Crédits photo (creative commons) : Edd48

    Le dragon à écailles

    Vous pouvez toujours essayer de le décrire avec vos mots à vous, nous on se contentera de "très très moche". Son petit moins : On pensait qu'il crachait du feu sous l'eau ou qu'il volait, mais non, ce n'est pas vraiment un dragon. C'est juste un poisson avec le bouc de la Fouine.

    dragonecaille

    Crédits photo (creative commons) : Peter Marriott

    Le grangousier

    Le grangousier a tendance à pas mal la ramener parce que sa grande gueule lui permet d'avaler des proies beaucoup plus grosses que lui. Ce à quoi on lui répond sans hésiter : Peut-être, mais tu n'as pas de bras. Son petit plus : il a une ampoule lumineuse au bout de la queue, mais personne ne sait vraiment pourquoi.

    grangousier

    source photo : list25

    Le poisson-pêcheur

    Il avait tout pour être un déchet de plus, laissé sur le bas-côté de l'évolution, mais le poisson-pêcheur a su devenir une des rock-stars des abysses, et ce grâce à son antenne lumineuse qui lui permet de lire la nuit. (Et il fait toujours nuit à 1000 mètres de profondeurs.) Son petit plus : Son antenne attire aussi des proies, ce qui lui permet de manger sans avoir à sa déplacer.

    poissonpecheur

    source photo : list25

    Le Grimpoteuthis

    Lui, il a pioché la boule noire à la loterie génétique. Une sorte flubber avec des yeux de perruche et une teub à la place du nez. Son petit plus : pour nager, il peut agiter ses oreilles, d'où son nom anglais "Dumbo Octopus".

    Grimpoteuthis

    source photo : list25

    La chimère

    Le premier animal qui ressemble plus à une maquette pour le prochain J.J Abrams qu'à une véritable créature marine. Son petit plus : Il s'agit du seul vertébré possédant les vestiges d'une troisièmes paires de membres.

    chimere

    source photo : list25

    L'Uranoscopidae

    Quand Gollum est constipé, ça donne l'Uranoscopidae. Ou quand l'horreur est prise en otage par la laideur. Son petit plus : il est très venimeux et balance des chocs électriques quand il est énervé. On le serait aussi si on avait sa gueule.

    Uranoscopidae

    Crédits photo (creative commons) : Canvasman21

    Le bathynome géant

    bathynome

    Crédits photo : NOAA Photo Library

    Le calmar géant

    C'est comme un petit calmar sauf qu'en fait il fait 20 mètres de long. Et qu'il se frite avec cachalots. Le petit moins : Il est très difficile à apercevoir. Non finalement, c'est un petit plus.

    calmar

    source photo : list25

    La grande rouge

    La Tiburonia granrojo pourrait très bien s'appeler "splourch bleuarg" mais non. Physiquement, il s'agit d'une boule de chair toute bête de laquelle dépassent plusieurs langues rouges portant le doux nom de "bras buccaux". Voilà. Le petit plus : Seuls 23 spécimens ont pu être observés à ce jour.

    granderouge

    Crédits photo : Monterey Bay Aquarium Research Institute

    Le vampire des abysses

    Quand la nature s'amuse, elle fabrique un parachute mou rempli de dents, un truc qu'on ne veut surtout pas croiser quand on va se baigner à la Baule. Le petit plus : Ce méchant monstre des fonds marins mesure 30 cm. Maximum. Le plus mignon des vampires.

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    Le requin-lézard

    Quand la plus horrible des anguilles croisent le plus monstrueux des requins, ça donne de tube de chair à dents. Et c'est pas jojo. Le petit plus : sa période de gestation peut aller jusqu'à 3 ans et demi, la plus longue chez les vertébrés.

    requinlezard

    source photo : list25

    Le Caulophrynidae

    Le Caulophrynidae, ou quand la Nature baisse les bras, dépitée. Le petit plus : Son nom vient du grec et signifie "Tronc Crapaud", ce qui est plutôt juste.

    Caulophrynidae

    (source : topito

      

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