• Psychisme et 11 septembre 2001

    Observations et symboles

    Le 11 Septembre 2001

    que nous a-t-il appris sur le psychisme humain ? (Article INREES)

    Plusieurs années se sont écoulés depuis les évènements du 11 septembre 2001, au cours desquels l’impact psychologique de ce drame a fait l’objet de nombreuses études. Certaines se sont penchées sur des aspects inexpliqués du psychisme humain.

    Le 11 septembre a-t-il donné lieu à des phénomènes extraordinaires ?

    Des gens ont-ils vraiment eu la prémonition de ce qui allait ce produire, ce matin de septembre 2001 ?

    Le 11 septembre 2001 fut pour des dizaines de millions de gens de par le monde un intense choc émotionnel. Dix ans après, les blessures et les souvenirs restent encore très vivaces, comme le montrent les nombreux témoignages de proches des victimes diffusés ces derniers jours. Cet événement a profondément marqué la psychologie collective, plus peut-être qu’il n’a bouleversé les grands équilibres géopolitiques.

    Perceptions spontanées

    C’est aussi un événement qui a donné lieu à beaucoup de récits d’expériences de perception extrasensorielle spontanées (expériences PSI). En effet, il suscita le plus grand afflux de témoignages jamais enregistrés par le Centre Rhine de recherches en parapsychologie, spécialisé dans leur collecte. « J’ai reçu des dizaines d’appels et d’e-mails dans les semaines et les mois qui ont suivi, de gens qui décrivaient des expériences semblant annoncer ces événements terribles » écrit la directrice exécutive du centre Sally Rhine Feather dans The Gift, publié en 2005.
    « Beaucoup firent à ce sujet des rêves intenses et dramatiques. D’autres rapportèrent avoir eu en état de veille des intuitions étranges ou encore des sensations physiques indiquant que quelque chose ne tournait pas rond. » Dans le livre qu’elle co-écrit avec Michael Schmicker, elle relate le récit de Marie, intitulé : Le Feu au Pentagone.
    Agée d’une quarantaine d’année, Marie vivait à l’époque des faits en Caroline du Nord. Quelques semaines avant l’attaque, elle et son mari ont passé des vacances à Washington. « Quand nous sommes sortis de la ville, c’est mon mari qui conduisait » dit-elle à Sally Rhine Feather. Assise à côté de lui, Marie somnolait. Son mari lui dit alors: "Au prochain tournant, tu devrais avoir une bonne vue sur le Pentagone, car notre route passe juste à côté."

    J’ai ouvert les yeux et quand j’ai regardé vers la droite, je l’ai vu.

    Mais des panaches d’épaisses fumées noires s’en élevaient, d’énormes nuages de fumée. Je ne voyais pas de feu, mais de la fumée, comme si une bombe avait explosé. »
    Marie poussa un cri de surprise et frappa des deux mains le tableau de bord. Son mari crut qu’elle voulait le prévenir d’un risque d’accident imminent. Mais il n’y avait pas grand monde sur l’autoroute, et aucun véhicule à proximité immédiate de leur voiture. « J’ai véritablement senti un danger, même si nous étions sur l’autoroute, à plusieurs kilomètres du Pentagone, expliqua Marie par la suite. Je pensais qu’il était en feu. Mon mari m’assura que non, et je réalisais effectivement qu’il ne l’était pas. Cela ne dura que quelques secondes, et s’arrêta aussi soudainement que ça avait commencé. »
    L’expérience plongea Marie dans le trouble et la confusion. Si elle avait déjà eu des expériences PSI, c’était la première fois qu’elle « voyait » une chose qui ne se trouvait réellement devant ses yeux. A cet égard Sally Rhine Feather incite à la prudence dans l’emploi du terme hallucination : certaines donnent en effet lieu à des fantasmes, des déclarations pleines de non-sens et sont souvent le fait de gens malades. « L’hallucination de perception extrasensorielle en revanche est source d’information factuelle, précise, qui peut par la suite être vérifiée. Elle est vécue par des gens normaux, sains d’esprit et en bonne santé, comme Marie. »  

    Les prémonitions à l’étude

    Les prémonitions constituent un phénomène qui a souvent été étudié. Des centaines de recherches ont donné des résultats statistiquement significatifs. Parmi les plus connus, on peut citer les travaux du Maïmonides Hospital de New York sous la direction de Montague Ullman et Stanley Krippner, ou encore ceux du Princeton Engineering Anomalies Research (PEAR) de l’Université de Princeton qui concluent que l’homme dispose de cette capacité, dans certaines circonstances, de pressentir la survenue d’événements futurs, de manière non-conventionnelle. Cela s’est-il vérifié lors du 11 septembre ?
    L’élément nouveau en ce début de millénaire est l’utilisation massive d’internet. Le 11 septembre 2001 a donné au chercheur Dean Radin l’occasion d’employer cet outil pour l’étude des perceptions extrasensorielles, ceci afin de déterminer si des effets de masse sont perceptibles.
    C’est un site qu’il avait lui-même créé qui lui a fourni les données de base nécessaires. Il permettait à l’utilisateur de tester ses capacités PSI grâce à divers exercices.

    Dans l’un des tests, il fallait décrire une photo qui serait par la suite aléatoirement choisi par l’ordinateur. « Le test consistant à proposer une description visuelle, je me dis qu’il serait intéressant de voir si des prémonitions du 11 septembre n’avaient pas infiltré spontanément les essais des utilisateurs » explique-t-il dans son livre Entangled Minds.
    Effectivement, il identifia quelques descriptions particulièrement saisissantes. Celle-ci par exemple, fut écrite par un certain Sean, au matin du 11 septembre, avant la catastrophe, dans une série de trois essais successifs : (1) - un avion de ligne vu de l’arrière gauche sur fond de nuages orageux, des traînées de nuage, des objets ovales, 2 personnes – (2) d’abord une libellule ? ensuite une branche suggérant les Everglades, puis une scène très rapide et dynamique de chute entre deux grands immeubles, derrière des fenêtres en damiers.
    Ces descriptions, et d’autres de la même tonalité, incitèrent Dean Radin à approfondir ses recherches. Car les prémonitions appellent plusieurs interrogations, dont celle-ci :

    Pourquoi ne sont-elles pas plus nombreuses avant des catastrophes aussi terribles que le 11 septembre, ou des désastres aussi massifs que le tsunami de décembre 2004 ?

    Dean Radin mit en évidence un étrange effet : il est possible qu’à l’approche du désastre, inconsciemment, nous nous coupions de nos capacités intuitives. Pour nous protéger.

    Les rêves, avant et après

    Les aspects précognitifs ne sont pas les seuls à avoir été étudiés. Dans un tout autre domaine, le psychiatre Ernest Hartmann de l’université de Tufts s’est intéressé aux effets du 11 septembre sur les rêves. Pour cela, il a collecté auprès de 44 rêveurs américains les récits de dix rêves faits avant le 11 septembre, et de dix rêves faits après, soit un total de 880 rêves. Il s’agissait de préciser l’impact des traumatismes sur les rêves, chaque citoyen américain pouvant être considéré comme traumatisé, au moins légèrement, par les événements.
    Dans son livre, Nature and Function of Dreaming, il explique que l’étude a été faite sur la base du concept de « l’Image Centrale », représentation imagée de l’émotion dans le rêve. Il n’est pas rare, après un traumatisme, de rêver d’un tsunami, image de vulnérabilité et d’impuissance. Dans ce cadre, le tsunami est l’image centrale. Son intensité peut être évaluée en interrogeant le rêveur, selon un protocole minutieux, ce qui fournit un deuxième critère d’étude.
    « Les résultats de l’étude présentaient un contraste étonnamment clair. Les rêves qui ont suivi le 11 septembre ne contiennent pas plus de gratte-ciels ou d’avions que ceux qui ont précédé. En revanche, l’étude révèle une augmentation extrêmement significative de l’intensité de leur Image Centrale, ainsi que de la proportion de rêves comportant une Image Centrale ». En d’autres termes, les rêves sont devenus plus imagées, et ces images véhiculaient une émotion plus forte. L’hypothèse du pouvoir de l’émotion sous-jacent à l’imagerie du rêve en fut confortée.
    Autre source d’étonnement pour les chercheurs, bien que tous les participants aient vu les événements du 11 septembre plusieurs fois à la télévision, pas un seul ne rêva d’avions s’écrasant sur de hautes tours ni de scènes se rapprochant de celle-ci. « Il semble que le rêve fasse toujours de nouvelles connexions. Le rêve est une création et non une répétition » avance Ernest Hartmann. Autrement dit, dans les rêves, les tours qui s’effondrent se transforment en tsunami !
    Cette tendance à la répétition du contexte dramatique n’est pas systématique, une surprise pour les chercheurs : « Il y avait dans les rêves qui ont suivi le 11 septembre des images très fortes qui étaient considérés comme représentant des émotions positives » poursuit Ernest Hartmann. Certains furent selon les rêveurs impressionnants, d’une tonalité à la fois miraculeuse et mystérieuse. Les récits font état d’« impressions » visuelles ou auditives d’une extrême intensité.
    Ces études illustrent à la fois l’importance et la difficulté d’évaluer l’impact sur notre psychisme d’événements comme le 11 septembre. Sans être conclusives, elles nous incitent à porter une attention accrue à ce qui se passe en nous.

    (source : inrees)

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