• Un esprit immortel

     Spiritualité et bien être 

    Un esprit immortel

    "La vie est création. Quand vous entrez en contact

    avec votre propre intelligence intérieure, vous entrez en contact

     avec le centre créateur de la vie..."

    Un esprit immortel

    Voici un extrait du livre de Deepak chopra 

    "Un corps sans âge, un esprit immortel"

    (source : islamexplained)  

    Il me plairait de vous emmener dans un voyage de découverte. Nous allons explorer un lieu où ne s'appliquent pas les règles de l'existence ordinaire. Ces règles stipulent explicitement que vieillir, devenir fragile et mourir, tel est l'ultime destin de tous. Ainsi en a-t-il été siècle après siècle. Toutefois, je veux que vous suspendiez vos a priori sur ce que nous appelons réalité, afin que nous puissions entrer en pionniers dans un pays qui ne subit pas l'épreuve du temps et où la vigueur juvénile, le renouveau, la créativité, la joie, la satisfaction forment l'expérience commune de la vie quotidienne, un pays où la vieillesse, la sénilité, l'infirmité et la mort n'existent pas et ne sont même pas présumées possibles.

    Un esprit immortel

    Si un tel lieu existe, qu'est-ce qui nous empêche d'y aller? Ce n'est pas quelque sombre terra incognita ni quelque dangereuse mer inexplorée. C'est notre conditionnement actuel, la vision du monde que nous tenons collectivement de nos parents, de ceux qui nous ont formés et de la société. Cette manière de voir les choses ce vieux paradigme a été fort à propos dénommée «l'hypnose du conditionnement social », fiction induite à laquelle nous avons collectivement accepté de participer.

    Votre corps vieillit sans que vous n’y puissiez rien changer parce qu'il a été programmé pour obéir jusqu'au bout aux règles de ce conditionnement collectif. S'il y a dans le processus de vieillissement quelque chose de naturel et d'inévitable, nous ne le saurons pas avant que soient brisées les chaînes de nos vieilles croyances. Afin de créer l'expérience du corps sans âge et de l'esprit immortel promise par le présent ouvrage, il vous faut abandonner dix a priori sur ce que vous êtes et sur la vraie nature de l'esprit et du corps, a priori qui fondent notre vision du monde collective. Les voici:

    1. Il y a un monde objectif indépendant de l'observateur, et notre corps est un aspect de ce monde objectif.
    2. Le corps est composé de blocs de matière séparés les uns des autres dans le temps et dans l'espace.
    3. L'esprit et le corps sont séparés et indépendants l'un de l'autre.
    4. Le matériel prime sur le conscient. En d'autres termes, nous sommes des machines physiques qui ont appris à penser.
    5. La conscience humaine peut être entièrement expliquée comme étant le produit de la biochimie.
    6. En tant qu'individus, nous sommes des entités indépendantes et autonomes.
    7. Notre perception du monde est automatique et nous fournit une image précise de la réalité des objets.
    8. Notre vraie nature est totalement définie par le corps, le moi et la personnalité. Nous sommes des brins de souvenirs et de désirs enveloppés de chair et d'os.
    9. Le temps existe sous forme d'absolu et nous sommes captifs de cet absolu. Nul n'échappe aux outrages du temps.
    10. La souffrance est nécessaire: elle fait partie de la réalité. Nous sommes inévitablement victimes de la maladie, de la vieillesse et de la mort.

    Ces a priori vont beaucoup plus loin que le vieillissement et définissent un monde de dissociation, de dégénérescence et de mort. Le temps est considéré comme une prison dont nul ne s'échappe, notre corps comme une machine biochimique qui, comme toute machine, doit s'user. «À un certain âge, déclara un jour Lewis Thomas, il est dans notre nature d'arriver à bout de course, de nous détériorer et de mourir, voilà tout.» Cette position, la ligne dure de la science matérialiste, néglige une grande partie de la nature humaine. Nous sommes les seules créatures sur Terre capables de changer notre biologie par ce que nous pensons et ressentons. Nous possédons le seul système nerveux qui soit conscient du phénomène du vieillissement. Les vieux lions, les vieux tigres ne se rendent pas compte de ce qui leur arrive nous, si. Et, parce que nous sommes conscients, notre état mental influence ce dont nous sommes conscients.Il serait impossible d'isoler une seule pensée ou sensation, une seule croyance ou présupposition qui n'ait pas un effet quelconque sur le vieillissement, que ce soit directement ou indirectement. Nos cellules sont constamment à l'écoute de nos pensées et sont en permanence modifiées par elles. Un accès de dépression peut causer des ravages dans le système immunitaire; tomber amoureux peut le renforcer. Le désespoir et la détresse augmentent le risque de crise cardiaque et de cancer et, par là, réduisent la longévité. La joie et le sentiment d'avoir réussi nous maintiennent en bonne santé et prolongent la vie. Cela signifie qu'on ne peut délimiter avec certitude la frontière entre le biologique et le psychologique. Le souvenir d'une tension, qui n'est qu'un fétu de pensée, libère le même flux d'hormones destructrices que cette tension elle-même.

    Puisque l'esprit influence toutes les cellules du corps, le vieillissement humain est un processus fluide et variable: il peut s'accélérer, se ralentir, s'arrêter momentanément et même s'inverser. Les résultats de recherches menées au cours des trois dernières décennies ont confirmé par centaines que le vieillissement dépend de l'individu. Beaucoup plus qu'on n'aurait jamais osé l'envisager par le passé.


    Toutefois, la percée la plus significative ne réside pas dans des découvertes isolées mais dans une vision du monde totalement neuve. Les dix a priori du vieux paradigme cités plus haut ne fournissent pas une description précise de notre réalité. Ce ne sont que des inventions de l'esprit humain dont nous avons fait des règles. Une remise en question fondamentale du vieillissement passe nécessairement par la remise en question de cette vision du monde, car rien n'exerce plus de pouvoir sur le corps que les croyances de l'esprit.

    Chaque a priori de l'ancien paradigme peut être remplacé par une version plus complète et plus étendue de la vérité. Ces nouveaux a priori sont eux aussi des idées créées par l'esprit humain, mais ils nous octroient plus de liberté et de pouvoir. Ils nous donnent la capacité de réécrire le programme de vieillissement qui dirige actuellement nos cellules. Ces dix nouveaux a priori s'énoncent comme suit:

    1. Le monde physique, qui comprend notre corps, est une réaction de l'observateur. Nous créons notre corps tout en créant l'expérience de notre monde.

    2. Dans son état essentiel, notre corps est composé d'énergie et d'information, non de matière solide. Cette énergie et cette information représentent un affleurement de champs infinis d'énergie et d'information qui s'étendent d'un bout à l'autre de l'Univers.

    3. L'esprit et le corps sont un tout indissociable. L’unité qui est «moi» se sépare en deux flux d'expérience. J'éprouve le flux subjectif sous forme de pensées, d'émotions et de désirs. J'éprouve le flux objectif sous la forme de mon corps. Or, à un niveau plus profond, les deux flux se rencontrent en une source créatrice unique. C'est à partir de cette source que nous sommes censés vivre.

    4. La biochimie du corps est un produit de la conscience. Croyances, pensées et émotions créent les réactions chimiques qui maintiennent chaque cellule en vie. Une cellule âgée est le résultat d'une conscience qui a oublié comment rester neuve.

    5. La perception, qui semble automatique, est en fait un processus appris. Le monde dans lequel vous vivez, y compris l'expérience de votre corps, est complètement informé par la manière dont vous avez appris à le percevoir. Si vous modifiez votre perception, vous modifiez l'expérience de votre corps et de votre monde.6. Des impulsions d'intelligence recréent votre corps sous des formes nouvelles à chaque seconde. Ce que vous êtes est la somme de ces impulsions, et c'est en changeant leurs configurations que vous changerez.

    7. Bien que chaque individu semble distinct et indépendant, nous sommes tous reliés à des réseaux d'intelligence qui gouvernent le cosmos, tout entier. Notre corps participe d'un corps universel; notre esprit est un aspect d'un esprit universel.

    8. Le temps n'a pas d'existence absolue. Seule existe l'éternité. Le temps est l'éternité quantifiée, l'atemporalité tranchée en menus morceaux (secondes, heures, jours, années) par nous-mêmes. Ce que nous appelons temps linéaire reflète notre manière de percevoir le changement. Si nous pouvions percevoir l'immuable, le temps cesserait d'exister sous la forme que nous lui connaissons. Nous pouvons apprendre comment métaboliser l'immuable, l'éternel, l'absolu. Ce faisant, nous serons prêts à créer la physiologie de l'immortalité.

    9. Chacun d'entre nous habite une réalité qui s'étend au-delà de tout changement. Au tréfonds de nous-mêmes, à l'insu de nos cinq sens, réside un noyau d'être secret, un champ d'immuable qui crée la personnalité, le moi et le corps. Cet être est notre état essentiel: ce que nous sommes en réalité.

    10. Nous ne sommes pas victimes de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Elles font partie du décor, mais non «celui qui perçoit à même la conscience », qui est insensible à toute forme de changement. « Celui qui perçoit à même la conscience» est esprit, expression de l'être éternel.

    Ce sont là de vastes hypothèses créatrices d'une nouvelle réalité, enracinées dans les découvertes de la physique quantique, faites il y a presque un siècle. Les germes de ce nouveau paradigme furent semés par Einstein, Bohr, Heisenberg et les autres pionniers de la physique quantique, qui se rendirent compte que la manière communément admise de considérer le monde physique était fausse. Bien que les objets du «monde extérieur» aient l'apparence de la réalité, il n'y a aucune preuve de réalité extérieure à l'observateur. Il n'y a pas deux individus qui partagent exactement le même Univers. Chaque vision du monde crée son propre monde.

    Je veux vous convaincre que vous êtes bien plus que ce corps, ce moi et cette personnalité limités. Les lois de la cause et de l'effet telles que vous les connaissez vous ont réduit au volume d'un corps enchâssé dans la durée d'une vie. À son niveau le plus profond, votre corps est sans âge, votre esprit immortel. Une fois que vous vous identifierez à cette réalité, qui s'accorde avec la vision du monde quantique, le vieillissement changera de façon fondamentale.

    Un esprit immortel

     METTRE FIN À LA TYRANNIE DES SENS

    Qu'est-ce qui nous assure de la réalité d'un objet? C'est le fait que nous puissions le voir et le toucher. À l'égard d'objets dont nos cinq sens nous indiquent le sécurisant caractère tridimensionnel, nous nourrissons tous un préjugé favorable. La vue, l'ouïe, le toucher, le goût et l'odorat conspirent ainsi à renforcer le même message: les choses sont ce qu'elles semblent être. Nous croyions que la Terre était plate et que le sol sous nos pieds était immobile et nous croyons que le Soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest, etc., parce qu'il en était et qu'il en est ainsi pour nos sens. Tant que le témoignage des sens est accepté sans contestation, de pareilles notions demeurent immuables.Or Einstein se rendit compte que le temps et l'espace sont eux aussi des constructions de nos cinq sens: nous voyons et touchons des objets qui occupent trois dimensions et nous éprouvons les événements sous forme de processus séquentiels. Lui et ses confrères ôtèrent leur masque aux apparences. Ils rassemblèrent le temps et l'espace en une nouvelle géométrie où il n'y avait ni commencement ni fin, ni limites ni consistance. Toutes les particules solides de l'Univers se révélèrent être des faisceaux d'énergie fantomatiques vibrant au sein d'un vide immense.

    Le vieux modèle spatio-temporel fut mis en pièces et remplacé par un champ fluide et atemporel de transformations constantes. Ce champ quantique n'est pas distinct de nous - il est nous. Tandis que la Nature crée des étoiles, des galaxies, des quarks et des leptons, nous nous créons nous-mêmes, vous et moi. Le grand avantage de cette nouvelle vision du monde est qu'elle est immensément féconde: le corps humain, comme tout le reste du cosmos, ne cesse de se renouveler à chaque seconde. Rien que vos sens vous indiquent que vous habitez un corps solide dans le temps et l'espace, ce n'est là que la plus superficielle des couches de la réalité. Votre corps est quelque chose de bien plus miraculeux: un organisme fluide qu'alimentent des millions d'années d'intelligence. Cette intelligence se consacre au contrôle du changement permanent dont vous êtes le siège. Chaque cellule est un i minuscule terminal relié à l'ordinateur cosmique.

    Dans cette perspective, il semble à peine possible que l'être humain puisse ne serait-ce que commencer à vieillir. Un nouveau-né a beau sembler faible et désemparé, il est superbement défendu contre les ravages du Temps. Si un bébé pouvait conserver son statut de quasi-invulnérabilité, nous vivrions tous au moins deux cents ans, selon les estimations des physiologistes. Si un bébé pouvait conserver ses artères lisses comme des miroirs et souples comme de la soie, le cholestérol ne saurait où venir se loger et les maladies cardiaques seraient inconnues. Chacune des cinquante mille milliards de cellules que possède un nouveau-né est limpide comme une goutte d'eau, sans aucune trace de débris toxiques. De telles cellules n'ont aucune raison de vieillir, parce que rien en elles n'a commencé à perturber leur parfait fonctionnement. Les cellules d'un bébé ne sont pas vraiment neuves, toutefois: les atomes qu'elles contiennent ont circulé dans le cosmos des milliards d'années durant. Mais ce qui fait du bébé un être nouveau, c'est l'invisible intelligence qui s'est constituée pour façonner une forme de vie unique. Le champ atemporel a inventé un nouveau pas de danse, les rythmes syncopés du corps d'un nouveau-né.

    Le vieillissement est le masque que revêt la perte de cette intelligence. La physique quantique nous dit que la danse cosmique ne connaît pas de fin: le champ universel d'énergie et d'information ne cesse jamais de se transformer, se renouvelant à chaque seconde. Notre corps obéit à cette même impulsion créatrice. On évalue à six mille milliards le nombre des réactions qui se déroulent dans chaque cellule toutes les secondes. Si jamais ce flux transformationnel venait à s'arrêter, nos cellules seraient en proie au désordre, qui est synonyme de vieillissement.

    Un pain vieux d'un jour se rassit parce qu'il attend passivement d'être la proie de l'humidité, des moisissures et de divers processus chimiques destructeurs. Avec le temps, une falaise de craie finit par s'écrouler parce qu'elle subit les assauts du vent et de la pluie et qu'elle n'a pas le pouvoir de se reconstruire. Notre corps lui aussi subit un processus d'oxydation et l'agression des moisissures et de divers micro-organismes; il est exposé lui aussi à la pluie et au vent, Mais, contrairement au pain ou à la falaise calcaire, nous pouvons nous régénérer. Nos os ne se contentent pas d'emmagasiner le calcium comme le fait le calcaire: ils le font circuler. De nouveaux atomes de calcium pénètrent constamment dans nos os et en ressortent pour s'intégrer aux globules sanguins, aux cellules cutanées ou à d'autres encore selon les besoins de notre corps.Afin de rester en vie, un corps doit vivre sur les ailes du changement. En lisant ces lignes, vous rejetez des atomes d'hydrogène, d'oxygène, de carbone et d'azote qui, un instant auparavant, étaient emprisonnés dans une matière solide; vos estomac, foie, cœur, poumons et cerveau se dissipent dans l'air, régénérés aussi vite et aussi constamment qu'ils se décomposent. La peau se régénère une fois par mois, la muqueuse de l'estomac tous les cinq jours, le foie toutes les six semaines et le squelette tous les trois mois. Si, à l'œil nu, ces organes semblent identiques d'un moment à l'autre, ils sont toujours en état de flux. À la fin de cette année, 98 % des atomes de votre corps auront été remplacés par des atomes neufs.

    Une proportion énorme de ce changement permanent s'effectue à notre profit. Seul un enzyme sur des millions réagit moins qu'idéalement avec un aminoacide; sur des milliards de neurones, un seul manque son but; un seul brin d'ADN, que codent des milliards d'éléments d'information génétique, un seul risque de ne pas se réparer correctement s'il est endommagé. Ces erreurs rarissimes sont indécelables et vous pensez peut-être qu'elles ne comptent pas beaucoup. Le corps humain est comme un grand acteur shakespearien qui peut jouer Hamlet un millier de fois sans trébucher sur plus de deux syllabes. Mais les failles invisibles dans la perfection du corps ont cependant une grande importance. La précision de nos cellules s'affaiblit lentement, graduellement. L’éternellement neuf perd légèrement de sa nouveauté. Et nous vieillissons.

    A partir de 30 ans, le corps humain moyen amorce une détérioration qui progresse à la vitesse dérisoire de 1% par an: des rides apparaissent; la peau perd de son tonus et de sa fraîcheur; les muscles commencent à s'affaisser. Au lieu d'indiquer trois fois plus de muscle que de graisse, le rapport commence à tendre vers l'équilibre; la vue et l'ouïe perdent peu à peu de leur acuité, les os s'amincissent et deviennent fragiles. L'ardeur et l'endurance sont en déclin constant et il est plus difficile d'accomplir autant de travail qu'auparavant. La tension artérielle s'élève et de nombreuses substances biochimiques s'écartent de leurs niveaux optimaux; pour les médecins, la plus inquiétante est le cholestérol, dont le taux augmente graduellement au fil des années, balisant le progrès insidieux des maladies de cœur qui tuent plus de gens que tout autre type d'affection. Sur d'autres fronts, des mutations cellulaires commencent à s'emballer, créant des tumeurs malignes qui touchent un individu sur trois, essentiellement après la soixante-cinquième année.

    Avec le temps, ces divers «changements liés à l'âge», comme disent les gérontologues, exercent une influence considérable. Ce sont les milliers de vagues minuscules, qui déclenchent la grande marée de la vieillesse. Toutefois, à un point quelconque de votre vie, le vieillissement ne représente que 1 % par an du changement total qui affecte votre corps. En d'autres termes, 99% de l'énergie et de l'intelligence qui vous composent sont épargnés par le processus de vieillissement. Dès lors qu'on envisage, le corps sous forme de processus, l'élimination de ce 1 % de dysfonctionnement devrait donc supprimer le vieillissement. Mais comment agir sur ce 1 %? Pour répondre à cette question, nous devons trouver l'interrupteur qui fait fonctionner l'intelligence interne du corps.

    La nouvelle réalité introduite par la physique quantique a pour la première fois permis d'œuvrer au niveau de l'intelligence invisible qui sous-tend le monde visible. Einstein nous a enseigné que le corps physique, comme tous les objets matériels, est une illusion et qu'en essayant de le manipuler, on risque de lâcher la proie pour l'ombre. Le monde invisible est le monde réel et, lorsque nous serons disposés à explorer les niveaux invisibles de notre corps, nous pourrons puiser à l'immense puissance créatrice qui est la source de notre être. Permettez-moi de développer les dix principes du nouveau paradigme à la lumière de ce potentiel caché qui nous attend sous la surface de la vie.1. Il n'y a pas de monde objectif indépendant de l'observateur

    Le monde que vous tenez pour réel semble avoir des qualités précises. Certains objets sont grands, d'autres petits; certains sont durs, d'autres mous. Et pourtant, aucune de ces qualités n'a de sens en dehors de notre perception. Prenez un objet quelconque, une chaise pliante, par exemple. La chaise vous paraît petite mais, pour une fourmi, c'est un objet géant; elle vous semble dure, mais un neutrino la traverserait sans ralentir sa course folle parce que, pour une particule subatomique, les atomes de la chaise s'échelonnent à des kilomètres d'intervalle. À vos yeux, elle est immobile, mais un observateur situé dans l'espace la verrait passer en tournant sur elle-même, avec tout le reste de la planète, à 1600 kilomètres à l'heure. Ainsi, toute caractéristique que vous trouvez à la chaise peut être complètement modifiée par un simple changement de votre perception. Si la chaise est rouge, vous pouvez la voir noire avec des lunettes vertes. Si la chaise pèse 5 kilos, vous pouvez la faire peser 2 kilos en la plaçant sur la Lune ou 100 tonnes en la plaçant dans le champ gravitationnel d'une étoile dense.

    Parce qu'il n'y a pas de qualités absolues dans le monde matériel, il est faux de dire qu'il y ait même un « monde extérieur» indépendant. Le monde est le reflet de l'appareil sensoriel qui l'enregistre. Le système nerveux humain ne capte que la plus infime fraction - moins d'un milliardième - de l'énergie totale qui vibre dans l'environnement. D'autres systèmes nerveux, tels que celui d'une chauve-souris ou d'un serpent, reflètent des mondes différents, qui coexistent avec le nôtre. La chauve-souris perçoit un monde d'ultrasons, le serpent un monde de lumière infrarouge, l'un comme l'autre cachés à nos sens.

    En réalité, ce «monde extérieur » n'est qu'une masse informe de données brutes qui attendent d'être interprétées par vous, l'observateur. Vous prenez une «soupe quantique», selon l'expression des physiciens, et employez vos sens à la figer en un monde solide et tridimensionnel. Une seule affirmation, déconcertante mais irréfutable, suffit à l'éminent neurologue britannique sir John Eccles pour faire éclater l'illusion sensorielle: «Je veux que vous compreniez qu'il n'y a pas de couleur dans le monde naturel, ni de son - rien de la sorte; ni textures, ni motifs, ni beauté, ni parfum... » Bref, aucun des faits objectifs qui forment d'ordinaire l'assise de notre réalité n'est fondamentalement valide.

    Si troublant que cela puisse paraître, il y a une incroyable libération dans le fait de vous apercevoir que vous pouvez changer votre monde  y compris votre corps simplement en changeant votre perception. La manière dont vous percevez votre personne détermine à l'instant même des changements considérables dans votre corps. Exemple: dans bien des pays occidentaux, la retraite obligatoire assigne une date limite arbitraire à l'utilité sociale de l'individu. La veille de sa retraite, un salarié fournit à la société travail et valeur; le lendemain, il rejoint les assistés de cette société. Médicalement parlant, les résultats de ce décalage perceptuel peuvent se révéler désastreux. Dans les toutes premières années après celle de la retraite, le nombre des crises cardiaques et des cancers monte en flèche et une mort prématurée vient frapper des hommes qui étaient en bonne santé avant de cesser de travailler. Ce qu'on appelle le «syndrome de la retraite anticipée» dépend de l'impression qu'a la personne d'être arrivée au bout de sa vie utile; ce n'est qu'une impression, mais chez certains qui y croient fermement, il n'en faut pas plus pour causer la maladie et la mort. En revanche, dans des sociétés où la vieillesse est acceptée et fait partie intégrante du tissu social, les personnes âgées demeurent extrêmement vigoureuses: elles soulèvent des charges, se baissent et pratiquent l'escalade avec une facilité que nous trouverions anormale chez nous.

    Si l'on examine au microscope de vieilles cellules, comme celles qui forment les taches hépatiques de la peau, on découvre une scène de dévastation digne d'un champ de bataille. Des stries fibreuses s'étirent çà et là; des dépôts de graisse et des déchets métaboliques non éliminés forment des amas disgracieux; les sombres pigments jaunâtres de la lipofuscine se sont accumulés au point de souiller entre 10 et 30 % de l'intérieur de la cellule.Ce carnage est créé par des processus subcellulaires qui ont mal tourné, mais dès lors qu'on chausse des lentilles moins matérialistes, on s'aperçoit que les vieilles cellules sont comme des cartes retraçant l'existence d'un individu. Y sont imprimées les peines qui vous ont fait souffrir, à côté des joies que vous avez éprouvées. Des stress que vous aviez depuis longtemps oubliés au niveau conscient émettent toujours des signaux, comme des circuits électroniques enfouis, causant chez vous l’anxiété, la nervosité, la fatigue, l'appréhension, le ressentiment, le doute, la déception toutes réactions qui franchissent la barrière corps-esprit pour devenir une part de vous-même. Les dépôts toxiques qui encombrent les vieilles cellules n'apparaissent pas uniformément: certains individus en acquièrent beaucoup plus que d'autres, même lorsqu'il y a peu de différences génétiques entre eux. Quand vous atteindrez l'âge de 70 ans, vos cellules auront déjà une apparence unique en ce qu'elles refléteront les expériences uniques que vous aurez traitées, métabolisées et intégrées à vos tissus et organes.

    Le fait de pouvoir traiter les vibrations brutes et chaotiques de la « soupe quantique » et de les transformer en morceaux de réalité ordonnés et doués de sens ouvre des possibilités créatrices énormes. Toutefois, ces possibilités n'existent que si vous en êtes conscient. Tandis que vous lisez cet ouvrage, une portion considérable de votre cerveau s'affaire à créer votre corps sans votre participation. Le système nerveux dit végétatif ou autonome a été conçu pour contrôler des fonctions qui ont échappé à notre vigilance. Si vous vous mettiez à marcher dans la rue dans un état second, les centres autonomes de votre cerveau continueraient d'affronter le monde, guettant le danger, prêts à déclencher à tout moment une réaction au stress.

    Cent opérations auxquelles vous ne prêtez pas attention la respiration, la digestion, la formation de nouvelles cellules, la réparation des vieilles cellules endommagées, l'élimination des toxines, le maintien de l'équilibre hormonal, la conversion de l'énergie emmagasinée sous forme de graisse en glucose, la dilatation des pupilles, l'élévation et l'abaissement de la tension artérielle, le maintien d'une température corporelle constante, l'équilibre du corps pendant la marche, la répartition du sang entre les groupes musculaires qui font le plus de travail et la perception des mouvements et des sons dans l'environnement immédiat se poursuivent sans trêve.

    Ces processus automatiques jouent un très grand rôle dans le vieillissement car, à mesure que nous prenons de l'âge, notre capacité de coordonner ces fonctions décline. Toute une vie guidée par l'inconscient conduit à de nombreuses détériorations, tandis qu'une vie marquée par une participation consciente les empêche. Le simple fait de prêter attention aux fonctions corporelles au lieu de les laisser en pilotage automatique changera la manière dont vous vieillirez.. Toutes les fonctions dites involontaires battements du cœur, respiration, digestion, régulation hormonale, etc. peuvent être consciemment contrôlées. C'est ce que nous a enseigné l'ère du biofeedback et de la méditation. Des malades cardiaques ont ainsi appris, dans des laboratoires psychosomatiques, à abaisser leur tension artérielle à volonté ou à réduire les sécrétions acides qui produisent des ulcères parmi des douzaines d'autres fonctions. Pourquoi ne pas mettre cette faculté en jeu dans le processus de vieillissement? Pourquoi ne pas remplacer d'anciens schémas perceptuels par d'autres? Il y a abondance de techniques, comme nous allons le voir, pour influencer à notre avantage le système nerveux végétatif.

    2. Notre corps est composé d'énergie et d'information

    Pour transformer les schémas du passé, il faut savoir de quoi ils sont faits. Votre corps semble composé de matière tangible qui peut être fractionnée en molécules et en atomes, mais la physique quantique nous enseigne que chaque atome contient plus de 99,9999 % de vide et que les particules subatomiques qui traversent cet espace à la vitesse de la lumière sont en réalité des faisceaux de vibrations énergétiques. Or, ces vibrations ne sont pas aléatoires et dépourvues de sens: elles véhiculent de l'information. Ainsi, un faisceau de vibrations est codé sous forme d'atome d'hydrogène, un autre sous forme d'atome d'oxygène: chaque élément est en fait son propre code particulier.Les codes sont abstraits, tout comme, en dernière analyse, notre cosmos et tout ce qu'il contient. Si l'on cherche à remonter jusqu'à la source ultime de la structure du corps, on arrive à une impasse: les molécules cèdent la place aux atomes, les atomes aux particules subatomiques et ces particules à des fantômes énergétiques qui se dissolvent dans un vide absolu. Ce vide porte mystérieusement le sceau de l'information avant même que la moindre information soit exprimée. De même que des milliers de mots existent silencieusement dans votre mémoire sans être prononcés, le champ quantique détient l'Univers tout entier sous une forme non exprimée: il en est ainsi depuis le Big Bang, lorsque des milliards de galaxies sortirent d'un espace des millions de fois plus petit que le point à la fin de cette phrase. Et pourtant, avant même ce point infinitésimal, la structure de l'Univers existait sous une forme non avérée.

    La matière essentielle de l'Univers, votre corps y compris, est de la non-matière, mais pas une non-matière ordinaire. C'est de la non-matière pensante. Le vide à l'intérieur de chaque atome palpite d'intelligence invisible. Les généticiens localisent cette intelligence essentiellement à l'intérieur de l'ADN, mais c'est uniquement par commodité. La vie se déploie à mesure que l'ADN livre son intelligence codée à son jumeau actif, l'ARN, qui, à son tour, entre dans la cellule et distribue des parcelles d'intelligence à des milliers d'enzymes, qui utilisent alors chacun leur fraction d'intelligence pour fabriquer des protéines. À chaque stade de cette séquence, il faut qu'il y ait échange d'énergie et d'information, sinon il serait impossible de construire la vie à partir de la matière inanimée.

    Le corps humain tire l'essentiel de son énergie de la combustion du sucre, qui est acheminé dans les cellules sous forme de glucose. La structure chimique du glucose est étroitement apparentée à celle du sucre de table: commun, ou saccharose. Mais si vous faites brûler du sucre de table, vous n'obtiendrez pas les structures complexes et délicates de la cellule vivante: vous n'obtiendrez qu'un bloc de cendres calcinées et un peu d'eau et de gaz carbonique à l'état de traces dans l'air.

    Le métabolisme est plus qu'un processus de combustion: c'est un acte intelligent. Le même sucre qui reste inerte dans le morceau de sucre contribue à maintenir la vie avec son énergie parce que les cellules du corps lui injectent de nouvelles informations. Le sucre peut fournir son énergie à une cellule rénale, cardiaque ou cérébrale par exemple. Toutes ces cellules contiennent des formes d'intelligence absolument uniques: la palpitation rythmée de la cellule cardiaque est totalement différente des décharges électriques d'un neurone ou des échanges sodiques d'une cellule rénale.

    Quelque prodigieuse que puisse être cette richesse d'intelligence diversifiée, il n'y a à la base qu'une seule intelligence partagée par le corps tout entier. Le flux de cette intelligence vous maintient en vie et, lorsqu'il se tarit, au moment de la mort, tout le savoir emmagasiné dans votre ADN est rendu inutile. À mesure que nous vieillissons, ce flux d'intelligence se trouble de diverses manières. Les intelligences spécifiques du système immunitaire, du système nerveux et du système endocrinien commencent toutes à décliner: les physiologistes savent maintenant que ces trois systèmes jouent le rôle de commandes principales du corps. Vos cellules immunitaires et vos glandes endocrines sont équipées des mêmes récepteurs de signaux cérébraux que vos neurones: elles forment donc comme un prolongement du cerveau. Par conséquent, on ne peut considérer la sénilité comme une simple maladie limitée à notre matière grise: lorsqu'il y a perte d'intelligence dans les systèmes endocrinien ou immunitaire, c'est la sénilité du corps tout entier qui s'amorce.

    Puisque tout cela se produit dans l'invisible et le non-révélé, ces pertes passent inaperçues jusqu'à ce qu'elles aient atteint un stade très avancé et s'expriment sous forme de symptômes physiques. Les cinq sens ne sont pas assez aiguisés pour détecter les milliards de changements quantiques qui créent le vieillissement. Ce changement est à la fois trop rapide et trop lent: trop rapide, parce que les réactions chimiques individuelles durent moins d'un dix millième de seconde, trop lent, parce que leur effet cumulatif ne se manifestera pas avant des années. Ces réactions mettent en jeu de l'information et de l'énergie dans un cadre des millions de fois plus petit qu'un simple atome.La détérioration induite par le vieillissement serait inévitable si le corps était uniquement matériel, car tous les objets matériels sont la proie de l'entropie, cette tendance au désordre des systèmes ordonnés. L'exemple classique de l'entropie est l'épave de voiture en train de rouiller: l'entropie décompose la machine ordonnée en rouille friable. Le processus n'a aucune chance de s'inverser: un tas de ferraille rouillée ne redonnera pas une voiture neuve. Mais l'entropie ne s'applique pas à l'intelligence: une part invisible de notre être est insensible aux ravages du temps. Si la science moderne commence seulement à en découvrir les implications, tout cela a été révélé depuis des siècles par l'entremise de traditions spirituelles dans lesquelles des maîtres ont conservé la jeunesse de leur corps jusqu'à un âge avancé.

    L’Inde, la Chine, le Japon et, dans une moindre mesure, l'Occident chrétien ont donné naissance à des sages qui appréhendèrent leur vraie nature de flux d'intelligence. En préservant ce flux et en le nourrissant au fil des années, ils triomphèrent de l'entropie grâce aux ressources d'une Nature profonde. En Inde, le flux d'intelligence s'appelle Prana (traduit d'ordinaire par «force vitale»); il peut être augmenté et diminué à volonté, transporté ici et là et manipulé pour conserver au corps physique son intégrité et sa jeunesse. Comme nous le verrons, la faculté de prendre contact avec le Prana et de s'en servir réside en chacun de nous. Un yogi déplace le Prana sans se servir d'autre chose que de son attention, car, en profondeur, l'attention et le Prana ne font qu'un: la vie est conscience, la conscience est vie.

    3. L'esprit et le corps forment un tout indissociable

    L'intelligence est beaucoup plus souple que le masque matériel qui la dissimule. Elle peut s'exprimer soit sous forme de pensées soit sous forme de molécules. Une émotion primaire telle que la peur peut être décrite comme un sentiment abstrait ou comme une molécule tangible de l'hormone adrénaline. En l'absence de sentiment, il n'y a pas d'hormone; en l'absence d'hormone, pas de sentiment. De même, il n'y a pas de douleur sans signaux neuraux qui transmettent la douleur; il n'y a pas de soulagement de la douleur sans endorphines qui viennent se placer dans les récepteurs de la douleur pour intercepter ces signaux. La révolution que nous appelons médecine corps-esprit se fonde sur une simple découverte: partout où va la pensée, une substance chimique l'accompagne. Cette intuition est devenue un outil puissant qui nous permet de comprendre, par exemple, pourquoi des femmes qui ont perdu récemment leur conjoint ont deux fois plus de chances de contracter un cancer du sein, et pourquoi les individus chroniquement déprimés ont quatre fois plus de chances d'être malades. Dans les deux cas, des états de détresse mentale sont convertis en substances biochimiques pathogènes.

    Deux de mes malades souffrent d'angine de poitrine, cette douleur oppressante et constrictive typique de la maladie cardiaque. L'un des deux est capable de courir, de nager voire de pratiquer l'alpinisme en ignorant totalement sa douleur ou même sans en ressentir aucune, tandis que l'autre s'évanouit presque de douleur lorsqu'il se lève de son fauteuil.

    Instinctivement, je cherche une différence physique entre ces malades; il n'est pas sûr que je trouve quoi que ce soit. Les cardiologues s'attendent qu'une douleur angineuse apparaisse lorsqu'une au moins des trois artères coronaires est obturée à 50 %. Cette obturation se fait presque toujours sous forme d'un athérome, lésion de la tunique interne du vaisseau artériel caractérisée par l'accumulation de cellules mortes, de caillots sanguins et de plaques lipidiques. L'obturation à 50% n'est cependant qu'une moyenne. Certains malades atteints d'angine de poitrine sont paralysés par la douleur alors même qu'ils n'ont qu'une simple petite lésion qui gêne à peine l'écoulement du sang dans une seule artère, tandis que des malades souffrant d'obturations multiples et massives - jusqu'à 85 % - ont été capables de courir des marathons. (Il me faut ajouter que l'angine de poitrine n'est pas toujours causée par une obstruction physique. Les artères sont tapissées d'une couche de cellules musculaires qui peuvent, dans une contraction convulsive, étrangler le vaisseau, mais c'est là une réaction extrêmement isolée.)En termes psychosomatiques, mes deux malades expriment des interprétations différentes de la douleur. Chacun voit son état selon une perspective unique, et la douleur (ou tout autre symptôme) émerge au niveau conscient seulement après avoir interagi avec toutes les influences qui se sont précédemment exercées dans le système corps-esprit. Il n'y a pas de réaction unique pour tous les individus, ni même pour un individu identique à deux moments différents. Les signaux de douleur sont des données brutes qui peuvent avoir de nombreuses applications. Les disciplines sportives, comme la course de fond, qui exigent un effort important de la part de l'athlète le soumettent à une douleur qu'il interprète comme un signe de réussite (« sans douleur, pas de résultats ») ; mais la même douleur, infligée dans d'autres circonstances, serait totalement malvenue. Les coureurs admirent un entraîneur qui les pousse jusqu'à leurs limites, mais ils détesteraient le même traitement dans un camp militaire.

    La médecine commence seulement à utiliser la connexion corps-esprit pour guérir: la suppression de la douleur en est un bon exemple. Si on leur donne un placebo - médicament factice - 30% des malades éprouveront le même soulagement que si on leur avait administré un véritable analgésique. Mais l'effet psychosomatique est beaucoup plus holistique. La même pilule factice peut être utilisée pour supprimer la douleur, arrêter une sécrétion gastrique excessive chez des malades atteints d'ulcères, abaisser la tension artérielle ou lutter contre des tumeurs. (Tous les effets secondaires de la chimiothérapie, y compris la perte de cheveux et la nausée, peuvent être provoqués en donnant à des cancéreux une pilule de placebo tout en leur assurant que c'est une puissante drogue anticancéreuse. Il y a eu des cas où des injections de solution saline stérile ont effectivement conduit à des rémissions de tumeurs à un stade de malignité avancé).

    Puisque la même pilule, inerte peut susciter des réactions aussi totalement différentes, nous devons en conclure que le corps est capable de produire absolument n'importe quelle réaction biochimique une fois que l'esprit a reçu la suggestion appropriée. La pilule elle-même n'a aucune importance: le pouvoir qui active l'effet placebo est le seul pouvoir de la suggestion. Cette suggestion est ensuite convertie dans l'intention qu'a le corps de se guérir lui-même. Par conséquent, pourquoi ne pas faire l'économie du subterfuge du placebo et ne pas aller droit à l'intention? Si nous pouvions effectivement susciter l'intention de ne pas vieillir, le corps lui obéirait automatiquement.

    Nous avons des preuves tout à fait fascinantes de l'existence de pareille possibilité. L'une des affections les plus redoutées liées à la vieillesse est la maladie de Parkinson, un trouble neurologique qui provoque des spasmes musculaires incontrôlables et un ralentissement drastique des mouvements corporels, comme la marche, pour aboutir finalement à une rigidité corporelle telle que le malade ne peut plus bouger du tout. On a découvert que la maladie de Parkinson serait due à une carence, inexpliquée, en une substance chimique cérébrale appelée dopamine, mais il existe aussi une maladie de Parkinson simulée, qui se manifeste lorsque les cellules du cerveau productrices de dopamine ont été chimiquement détruites par certaines drogues. Imaginez un sujet affligé de ce type de maladie à un stade avancé. S'il essaie de marcher, il ne peut faire qu'un pas ou deux avant de se figer sur place, raide comme une statue.

    Or, si vous tracez une ligne sur le sol et dites: «Traversez! », le sujet sera miraculeusement capable de la Franchir. Bien que la production de dopamine soit complètement involontaire et que ses réserves soient apparemment épuisées (à preuve le fait que le cerveau ne peut donner aux muscles le signal de faire un autre pas), le cerveau est réveillé par la simple intention de marcher. Le malade s'immobilisera peut-être une fois de plus au bout de quelques secondes mais, une fois encore, vous pourrez lui demander de franchir une ligne imaginaire et son cerveau réagira. Par extension, l'infirmité et l'inactivité qui sont le lot de maintes personnes âgées ne reflètent souvent qu'un état de mise en sommeil. En renouvelant leur intention de mener une vie active, orientée vers un but, de nombreuses personnes âgées peuvent améliorer spectaculairement leurs facultés motrices, leur force, leur agilité et leurs réactions mentales.L'intention est la partenaire active de l'attention: c'est par elle que nous convertissons des processus automatiques en processus conscients. Avec de simples exercices psychosomatiques, presque chaque malade peut apprendre en quelques séances à convertir une tachycardie, un souffle asthmatique ou une angoisse flottante en une réaction plus normale. Tout processus apparemment incontrôlable peut être à nouveau maîtrisé avec la technique appropriée. Cela a des implications considérables en ce qui concerne le vieillissement. En insufflant à vos processus mentaux une intention comme « Je veux améliorer mon énergie et ma vigueur chaque jour», vous pouvez commencer à affirmer votre maîtrise sur les centres cérébraux qui déterminent la quantité d'énergie qui s'exprimera sous forme d'activité. Le déclin de la vigueur chez les personnes âgées résulte en grande partie du fait que les gens s'attendent à voir leurs forces décliner: ils ont, sans le vouloir, implanté en eux-mêmes, sous la forme d'une forte conviction, une intention démobilisatrice à laquelle la connexion corps-esprit obéit automatiquement.

    Nos intentions passées créent une programmation périmée qui semble contrôler notre personne. En vérité, le pouvoir de l'intention peut se réveiller à tout moment. Bien avant de devenir vieux, vous pouvez empêcher ce déclin en programmant sciemment votre esprit à rester jeune par la seule puissance de votre intention.

    4. La biochimie du corps est un produit de la conscience

    L'une des plus grandes limitations du vieux paradigme était l'a priori voulant que la conscience de l'individu ne joue aucun rôle dans l'explication de ses processus corporels. Or, la guérison ne peut se comprendre sans que soient également comprises les croyances, les présuppositions, les attentes d'une personne et l'image qu'elle a d'elle-même. Bien que l'image du corps comme machine dépourvue d'intelligence continue à dominer la médecine occidentale classique, il existe des preuves irréfutables du contraire. On peut démontrer que les taux de décès faisant suite à des cancers ou des maladies de cœur sont plus élevés chez les individus en état de détresse psychologique et plus bas chez les individus qui affirment leur résolution et leur bien-être.

    L'une des études médicales les plus citées de ces dernières années a été menée par le psychiatre David Spiegel de l'université de Stanford, qui s'est mis en devoir de prouver que l'état mental des malades ne déterminait pas s'ils survivraient ou non à leur cancer. À l'instar de nombreux cliniciens, il avait l'impression qu'en donnant de l'importance aux convictions et aux attitudes d'un malade, il ferait plus de mal que de bien, parce qu'il croyait qu'une pensée du genre «Je suis à l'origine de mon cancer» entraînerait des sentiments de culpabilité et d'auto-accusation amère. Spiegel étudia le cas de 86 femmes atteintes de cancers du sein avancés (leur maladie était incurable par un traitement conventionnel) dont la moitié suivit à sa demande des séances hebdomadaires de psychothérapie combinées à des leçons d'auto-hypnose. Cela représentait à tous égards une intervention minimale : que pouvait faire une de ces femmes en une heure de thérapie hebdomadaire - qu'elle devait partager avec plusieurs autres malades - pour combattre une maladie inévitablement fatale à un stade avancé? La réponse semblait évidente.

    Toutefois, après avoir suivi ses sujets pendant dix ans, Spiegel fut stupéfait de découvrir que le groupe bénéficiant des séances de thérapie avait survécu en moyenne (deux fois plus longtemps que le groupe qui en avait été priivé. Il était doublement révélateur que seules trois femmes soient encore en vie au bout de tout ce temps et que toutes fassent partie du premier groupe. Cette étude est déconcertante, parce que le chercheur n'avait escompté aucun effet. Mais, dans la même décennie, des résultats similaires furent signalés par d'autres scientifiques. Une étude méticuleuse réalisée en 1987 à l'université Yale et rapportée par M.R. Jensen a mis en lumière que le cancer du sein se répandait le plus vite chez les femmes dont la personnalité était refoulée, qui se sentaient désemparées et étaient incapables d'exprimer la colère, la peur ou d'autres émotions négatives. Le même phénomène a été remarqué pour l'arthrite rhumatoïde, l'asthme, la douleur irréductible et d'autres affections.
    Sous l'emprise du vieux paradigme, les médecins conservent leurs préjugés à l'encontre de ces conclusions. Comme le fait remarquer Larry Dossey dans son ouvrage pénétrant Medicine and Meaning (« Médecine et signification »): «Le message dominant, inlassablement prêché dans les éditoriaux des revues médicales et du haut des chaires des facultés de médecine, est que la "biologie intrinsèque de la maladie" est d'une importance écrasante et que les sentiments, les émotions et les attitudes ont simplement pris le train en marche. » Le nouveau paradigme nous enseigne que les émotions ne sont pas des événements fugaces isolés dans l'espace mental: elles sont l'expression de la conscience, matière fondamentale de la vie. Dans toutes les traditions religieuses, la vie est là où souffle l'esprit. Remonter le moral d'un individu ou le déprimer désigne un mouvement fondamental que le corps doit refléter.

    La prise de conscience du vieillissement est un élément immensément décisif car, bien que toutes les espèces vieillissent chez les êtres supérieurs, seuls les humains savent ce qui leur arrive - et nous traduisons ce savoir dans le vieillissement lui-même. Le désespoir de devenir vieux vous fait vieillir plus vite, tandis qu'une acceptation bienveillante de votre âge éloigne de vous maintes détresses à la fois physiques et mentales. L'idée communément répandue qu'«on a l'âge que l'on pense avoir, et pas plus» recèle de profondes implications. Qu'est-ce qu'une pensée? C'est une impulsion d'énergie et d'information, comme tout le reste dans la Nature. Nous pourrions aussi appeler pensées de la Nature les ensembles d'information et d'énergie que nous dénommons arbres, étoiles, montagnes et océans, mais nos pensées s'en éloignent sur un aspect important. La Nature ne peut changer ses pensées une fois que leur configuration a été établie: des objets comme les arbres et les étoiles observent un cycle de croissance qui passe automatiquement par les stades de la naissance, du développement, du déclin et de la dissolution.

    Or nous ne sommes pas prisonniers de notre cycle vital: étant conscients, nous prenons part à toutes les réactions qui se produisent au sein de nous. Les problèmes surgissent lorsque nous ne prenons pas la responsabilité de ce que nous faisons. Dans The Holographic Universe («L'Univers holographique»), Michael Talbot développe une éclairante comparaison avec le roi Midas: parce que tout ce qu'il touchait se changeait en or, Midas ne pouvait jamais connaître la texture véritable de quoi que ce fût. L'eau, le blé, la chair ou les plumes se changeaient tous en métal dès l'instant où il les touchait. De la même façon, parce que notre conscience transforme le champ quantique en la réalité matérielle ordinaire, nous ne pouvons connaître la vraie texture de la réalité quantique elle-même, ni au moyen de nos cinq sens, ni par la pensée, car une pensée transforme le champ elle aussi: elle emprunte aux infinies possibilités du vide et façonne un événement spatio-temporel déterminé.

    Ce que vous appelez votre corps est lui aussi un événement spatio-temporel déterminé et, en éprouvant sa matérialité, vous vous privez de la faculté magique qui convertit un potentiel purement abstrait en un objet tangible. À moins que vous ne deveniez conscient d'être conscient, vous ne pourrez vous surprendre en flagrant délit de transformation.

    5. La perception est un processus appris

    Le pouvoir de la conscience n'affecterait en rien notre existence si la Nature nous avait tous dotés de réactions identiques envers l'expérience. Manifestement, rien de tel n'est arrivé: il n'y a pas deux individus qui aient la même perception de quoi que ce soit. Le visage de la personne que vous aimez peut être celui de mon pire ennemi, le plat dont vous raffolez peut me donner la nausée. Ces réactions individuelles doivent s'apprendre, et c'est là l'origine des différences. L’apprentissage relève d'un usage très actif de l'esprit qui conduit à des changements très actifs dans le corps. Les perceptions de l'amour, de la haine, du plaisir et du dégoût stimulent le corps dans des directions extrêmement différentes. Bref, notre corps est le résultat physique de toutes les interprétations que nous avons appris à faire depuis notre naissance.Certains bénéficiaires d'une greffe d'organe signalent une expérience troublante après avoir reçu un rein, un foie ou un cœur. Sans savoir qui était le donneur, ils commencent à prendre part à ses souvenirs. Des associations émanant d'un individu commencent à se libérer lorsque ses tissus sont placés dans le corps d'un autre individu qui lui est totalement étranger. Dans un cas précis, une femme se réveilla après une transplantation cardiaque avec des envies de bière et de Chicken McNuggets; elle fut très surpris qu’elle n’en avait jamais eu envie auparavant. Après qu'elle eut commencé à faire des rêves mystérieux dans lesquels elle était abordée par un jeune homme nommé Timmy, elle rechercha l'identité du donneur de son nouveau cœur, qui avait été prélevé sur la victime d'un accident mortel de la circulation. Lorsqu'elle prit contact avec la famille, elle découvrit que l'infortuné était un jeune homme du nom de Timmy. Elle fut stupéfaite d'apprendre qu'il avait un faible pour la bière et qu'il avait été tué lorsqu'il rentrait chez lui en sortant d'un McDonald's.

    Au lieu de chercher une explication surnaturelle à ce genre d'incidents, on pourrait les envisager comme la confirmation que notre corps est fait d'expériences transformées en expression physique. Etant donné que l'expérience est quelque chose que nous incorporons (littéralement, «transformons en corps»), nos cellules sont pénétrées de nos souvenirs: recevoir les cellules d'autrui c'est aussi recevoir ses souvenirs.

    Vos cellules ne cessent de traiter les données de l'expérience et de les métaboliser selon vos opinions personnelles. Vous ne vous contentez pas d'engloutir des données brutes par les yeux et les oreilles et de leur assigner un jugement. Vous devenez physiquement l’interprétation à mesure que vous l'intégrez à votre personne. Quelqu'un qui est déprimé à la pensée de perdre son emploi projette de la tristesse partout dans son corps: la production cérébrale de neurotransmetteurs s'affaiblit, les concentrations hormonales chutent, le cycle du sommeil est interrompu, les récepteurs de neuropeptides à la surface externe des cellules cutanées se déforment, l'adhésivité des plaquettes sanguines augmente et avec elle leur tendance à s'agglutiner — et même les larmes du sujet contiennent d'autres éléments à l'état de traces que ses larmes de joie.

    Tout ce profil biochimique changera spectaculairement lorsque la personne trouvera un nouvel emploi et, s'il est plus satisfaisant que le précédent, sa production corporelle de neurotransmetteurs, d'hormones, de récepteurs et de toutes les autres substances biochimiques vitales, jusqu'à l'ADN lui-même, commencera à refléter cette soudaine amélioration de son sort. Bien que nous présumions que l'ADN recèle un stock d'informations génétiques inaccessibles, son jumeau actif, l'ARN, réagit au jour le jour aux aléas de l'existence. Au moment des examens, les étudiants en médecine présentent une diminution de la production d'interleukine 2, substance critique dans la réaction immunitaire qui combat le cancer. La production d'interleukine 2 est contrôlée par I'ARN messager, ce qui signifie que l'anxiété éprouvée par l'étudiant en face de l'examen parle directement à ses gènes. Voilà qui souligne le grand besoin qu'il y a de mettre à contribution notre conscience pour créer le corps qu'il nous faut vraiment. L'anxiété suscitée par un examen finit par se dissiper, tout comme la dépression causée par la perte d'un emploi, mais le processus de vieillissement doit être combattu chaque jour. L'interprétation de la manière dont vous vieillissez est cruciale pour ce qui se passe une fois atteint l'âge de 40, 50 ou 60 ans. En termes neurologiques; un signal cérébral n'est qu'un ensemble de fluctuations énergétiques. Si vous êtes dans le coma, ces signaux n'ont aucun sens; si vous êtes alerte et éveillé, ces mêmes signaux se prêtent à d'infinies interprétations créatrices. Shakespeare ne faisait pas dans la métaphore lorsqu'il écrivit le vers de Prospero: «Nous sommes de la matière dont sont faits les rêves. » Le corps est comme un rêve explicite, une projection tridimensionnelle des signaux cérébraux qui atteignent ce que nous appelons l'état de réalité.


    Le vieillissement n’est rien d’autre qu’un ensemble de transformations malencontreuses, de processus qui devraient rester stables, équilibrés et autorégnérés mais qui dévient de leur cours normal. Cela se présente sous forme de changement physique ; or ce qui s’est réellement produit est que votre conscience peu importe qu’elle soit dans votre esprit ou dans vos cellules a été la première à dévier. Lorsque vous comprenez comment s’est produit ce dérapage, vous pourrez amener la biochimie de votre corps à rentrer dans le rang. Il n’y a pas de biochimie en dehors de la conscience : chaque cellule de votre corps est totalement consciente de la manière dont vous pensez à vous-même, dont vous éprouvez votre être. Une fois que vous avez accepté ce fait, l’illusion d’être victime d’un corps décérébré à la dégénérescence capricieuse disparait intégralement. 6. À chaque seconde, des impulsions d'intelligence recréent constamment le corps sous des formes nouvelles

    Recréer le corps sous des formes nouvelles est nécessaire pour répondre aux exigences changeantes de la vie. La représentation qu'a un enfant de la réalité, par exemple, contient beaucoup d'éléments inconnus et, jusqu'à ce qu'il en sache plus sur le monde, son corps s'exprime selon des comportements inexercés, non coordonnés. À 3 mois, un bébé ne fait pas la différence entre un escalier et un tableau représentant un escalier. Son cerveau n'a pas saisi ce qu'est une illusion d'optique. À 6 mois, sa réalité a déjà changé: à cet âge, des bébés savent déjà reconnaître des illusions d'optique et, mettant à profit ce savoir, leur corps est plus capable d'évoluer dans l'espace tridimensionnel (les miroirs ne ressemblent pas à des trous dans le mur, les vrais escaliers sont faits pour être gravis mais pas les escaliers en peinture, le relief se distingue d'une surface plane, etc.). L'accomplissement de cette évolution perceptuelle ne ressortit pas uniquement au mental. L'enfant a trouvé une manière entièrement nouvelle de se servir des yeux et des mains, et la dimension physique des divers centres cérébraux de la reconnaissance des formes et de la coordination motrice en est affectée.

    Tant que de nouvelles perceptions continuent d'entrer dans votre cerveau, votre corps peut réagir selon des modalités nouvelles. C'est là le plus puissant secret de la jeunesse. Comme me l'a dit succinctement l'un de mes patients, un homme de 80 ans: « On ne vieillit pas à mesure qu'on grandit, mais on devient vieux quand on s’arrête de grandir.» De nouvelles connaissances, de nouvelles aptitudes, de nouvelles manières de regarder le monde font sans cesse grandir l'esprit et le corps, et la tendance naturelle à se renouveler à chaque seconde s’exprime tant que cela dure.

    Dans le monde quantique, le changement est inévitable, le vieillissement ne l'est pas. L'âge chronologique de notre corps physique n'a pas d'importance. Le plus juvénile des quinquagénaires a des molécules du même âge que celles du quinquagénaire le moins bien conservé. Dans les deux cas, l'âge chronologique du corps pourrait être donné comme étant de cinq milliards d'années (l'âge des divers atomes le composant), ou de un an (le temps qu’il faut à ces atomes pour se renouveler dans nos tissus), ou de trois secondes (le temps qu'il faut à une cellule pour renouveler les enzymes lui permettant de traiter les substances nutritives, l'air et l'eau).

    En vérité, vous n'avez que l'âge de l'information qui tourrbillonne en vous, et c'est très heureux. Vous pouvez contrôler le contenu informationnel du champ quantique. Bien qu'il y ait une certaine quantité d'information fixe dans les molécules de substance nutritive et l'air et l'eau contenus dans chaque cellule, le pouvoir de transformer cette information relève du libre arbitre de chacun. S'il y a une chose dont vous pouvez avoir sans aucune ambiguïté la libre possession dans ce monde-ci, c'est bien l'interprétation que vous en faites. La littérature médicale signale des cas remarquables de jeunes enfants, par exemple, qui se sentent si mal aimés qu'ils s'arrêtent de grandir. Ce syndrome, appelé nanisme psychosocial, se manifeste chez les enfants sévèrement maltraités qui convertissent leur manque d'amour et d'affection en une déficience de l'hormone de croissance, au mépris du fait que ladite hormone est censée être libérée selon un calendrier préprogrammé inscrit dans l'ADN de tout enfant. Chez ces sujets, la puissance de l'interprétation passe outre à l'inscription génétique et modifie les champs informationnels du corps.

    L'interprétation découle de l'interaction du sujet avec lui-même. Vous en avez l'expérience sous forme de dialogue intérieur. Des pensées, des jugements et des sentiments ne cessent de tourbillonner dans votre esprit: « J'aime ceci; je déteste cela; j'ai peur de A; j'ai' des doutes sur B », etc. Le dialogue intérieur n'est pas du bruit mental aléatoire. Il est généré à un niveau profond par les convictions et les présuppositions. Une conviction intime se définit comme un aspect de la réalité dont vous présupposez l'authenticité et, tant que vous y resterez attaché, votre conviction réglera les champs informationnels de votre corps sur certains paramètres: vous percevrez un objet comme étant agréable ou désagréable, affligeant ou délectable, selon, la manière dont il répond à vos attentes.Lorsque l'interprétation d'un sujet change, un changement se fait également dans sa réalité. Dans le cas des`enfants souffrant de nanisme psychosocial, le fait de les placer dans un environnement affectueux se révèle plus efficace que l'administration d'hormone de croissance (la conviction qu'ils ont d'être non désirés et indignes peut être si forte que leur corps refuse de grandir même avec l'injection d'hormones). Si d'affectueux parents nourriciers arrivent à transformer leur conviction intime d'être indignes d'amour, ces enfants peuvent réagir par des poussées d'hormone de croissance produite naturellement, qui leur redonnent parfois une taille, un poids et un développement normaux. Lorsqu'ils se voient différemment, leur réalité personnelle est modifiée au niveau physiologique. Voilà une métaphore puissante qui explique comment notre peur de vieillir et notre conviction profonde d'être prédestinés à la sénilité risquent de susciter le vieillissement lui-même, dans l'auto-réalisation d'une prophétie engendrée par une image de soi affaiblie.

    Pour sortir de cette prison, il nous faut renverser les croyances fondées sur la peur. Au lieu d'entretenir la conviction que votre corps se détériore avec le temps, chérissez la conviction que votre corps se renouvelle à chaque instant. Au lieu d'avoir la conviction que votre corps est une machine dépourvue d'intelligence, chérissez la conviction que l'intelligence profonde de la vie, dont le seul but est de vous soutenir, inonde votre corps. ces nouvelles convictions ne rendent pas seulement l'existence plus agréable, elles sont vraies: nous éprouvons la joie de vivre au travers de notre corps, il est donc naturel de croire qu'il n'est pas braqué contre nous mais désire la même chose.

    7. Bien qu'étant en apparence des individus distincts et indépendants, nous sommes tous reliés à des réseaux d'intelligence qui gouvernent le cosmos

    Vous ne faites qu'un avec votre environnement. Regardez-vous: vous percevez que votre corps s'arrête à un certain point; il est séparé du mur de la pièce ou de cet vitre dehors par de l'espace vide. En termes quantiques, toutefois, la distinction entre «plein» et «vide» est dépourvue de sens. Chaque centimètre cube de l'espace quantique est rempli d'une quantité quasi infinie d'énergie, et la plus infime oscillation fait partie de vastes champs vibratoires qui englobent des galaxies tout entières. Très concrètement, votre environnement est l'extension de votre corps: à chaque inspiration, vous inhalez des centaines de millions d'atomes de l'air exhalé hier par quelqu'un en Chine. La distinction entre l’oxygène, l'eau, la lumière solaire qui vous entourent et ceux qui sont à l'intérieur de votre corps est à peine perceptible.

    Si vous le désirez, vous pouvez faire l'expérience d'un état d'unité avec tout ce que vous touchez. Dans l'état ordinaire de conscience éveillée, vous posez un doigt sur une rose et avez l'impression d'un objet tangible mais, en vérité, un faisceau d'énergie et d'information - votre doigt - prend contact avec un autre faisceau d'énergie et d'information, la rose. Votre doigt et l'objet qu'il touche ne sont l'un et l'autre que de minuscules affleurements du champ infini que nous appelons l'Univers. Les anciens sages indiens s'inspirèrent de cette vérité pour déclarer:

    Semblable au microcosme est le macrocosme.
    Semblable à l'atome est l'Univers.
    Semblable au corps humain est le corps cosmique.
    Semblable à l'esprit humain est l'esprit cosmique.

    Il ne s'agit pas là de simples enseignements mystiques, mais d'expériences authentiques éprouvées par ceux qui pouvaient arracher leur conscience à un état de séparation pour s'identifier à l'unité de toute chose. Dans l'état de conscience unitaire, les personnes, objets et événements « extérieurs » deviennent tous parties intégrante de votre corps. En fait, vous n'êtes qu'un miroir de relations centrées sur ces influences. Le célèbre naturaliste. John Muir a dit: « Chaque fois que nous essayons d'isoler un objet quelconque, nous découvrons qu'il est rattaché à tout le reste dé l'Univers. » Cela ne devrait pas être une expérience exceptionnelle mais la première pierre de l'édifice de notre savoir.La possibilité d'éprouver l'unité a des implications considérables pour le vieillissement car, lorsqu'il y a interaction harmonieuse entre vous et l'extension de votre corps, vous vous sentez plein d'allégresse, de santé et de jeunesse. «La peur naît de la séparation», soutenaient les anciens sages indiens. Ce disant, ils sondaient profondément les raisons du vieillissement. En nous considérant comme des individus séparés, nous créons du chaos et du désordre entre nous-mêmes et les objets « extérieurs ». Nous faisons la guerre à d'autres humains et détruisons l'environnement. La mort, stade final de la séparation, se profile à l'horizon comme une redoutable inconnue. La perspective même du changement, qui fait partie de la vie, crée une terreur ineffable, car elle est associée à la perte.

    La peur entraîne inévitablement la violence dans son sillage. Séparés que nous sommes d'autres personnes, objets et événements, nous voulons les forcer à se conformer à nos désirs. Dans l'harmonie, pas de violence. Au lieu d'essayer futilement de contrôler l'incontrôlable, une personne en état d'unité apprend l'acceptation, non parce qu'elle y est obligée mais parce que l'ordre et la paix, règnent véritablement en elle-même et dans son corps élargi. Le sage moderne J. Krishnamurti dépassa les 90 ans avec une présence d'esprit, une sagesse étonnantes et une vitalité intacte. Je le revois en train de gravir d'un bon, à 85 ans, les marches d'une estrade de conférencier, et je fus très touché lorsqu'une femme qui le connaissait depuis de nombreuses années me dit: «J'ai appris une chose sur lui - il est totalement dénué de violence. »

    La vision du monde quantique ne relève pas de la spiritualité dans ses équations et ses postulats, mais Einstein et ses collègues étaient unis dans un respect mystique de leurs découvertes. Niels Bohr compara l'aspect ondulatoire de la matière à un esprit cosmique; Erwin Schrödinger termina sa vie en croyant que l'Univers lui-même était un esprit vivant (faisant écho à Isaac Newton, qui soutenait que la gravitation et toutes les autres forces étaient des pensées dans l'esprit de Dieu). Il est vrai que sonder son propre esprit rapproche toujours l'homme de l'esprit au sens large. En consignant cette rencontre sous des termes objectifs, le nouveau paradigme nous permet véritablement de franchir la frontière qui séparait jadis l'intellect, le corps et l'esprit.

    Ce passage de la séparation à l'unité, du conflit à la paix est le but de toutes les traditions spirituelles. « N'habitons-nous pas le même monde objectif? demanda un jour un disciple à son gourou. - Oui, répondit son maître, mais tu te vois dans le monde, et je vois le monde en moi. Ce léger décalage spirituel fait toute la différence entre la liberté et l'esclavage. »

    Nous sommes tous esclaves du désordre que nous créons en nous considérant comme séparés et isolés. L’illustration parfaite en est la personnalité dite de type A, caractérisée par le surmenage, la frustration et l'impression d'être en permanence sous la pression des échéances. Incapable de se détendre en atteignant quelque état d'acceptation ou de fluidité que ce soit, pareil individu entretient sous forme de colère ses affronts passés; ce tumulte refoulé se projette sur l'entourage sous forme d'hostilité, d'impatience, de reproche et de panique non reconnue. Le sujet n'en finit pas d'essayer de contrôler autrui et réagit aux stress bénins par une âpre critique à la fois de lui-même et des autres. En créant pareil chaos, le sujet de type A, notamment dans le monde des affaires, s'imagine, à tort, qu'il ou elle se défend avec succès face à ses concurrents. En réalité, son travail est très peu efficace et, à mesure que montent les frustrations, la rétroaction que le sujet de type A reçoit de son corps élargi crée encore plus de ravages dans son corps physique. Le taux de cholestérol et la tension artérielle s'élèvent; le cœur est soumis à des sollicitations inutilement éprouvantes, ce qui accroît le risque d'une crise cardiaque ou d'une apoplexie fatales.

    Le type A est un exemple extrême du mal créé par l'absence d'interaction harmonieuse avec le corps élargi. Comme nous allons le voir, le stress perçu dans l'environnement est en relation directe avec la plupart des changements liés à l'âge qui affectent tout un chacun. Ce n'est pas tant le stress qui nous fait vieillir que la perception du stress. Quelqu'un qui ne voit pas le monde «extérieur» comme une menace peut coexister avec l'environnement, à l'abri des dégâts causés par la réponse au stress. À bien des égards, la chose la plus importante que vous puissiez faire pour jouir d'un monde sans vieillissement est de garder présent à l'esprit que ce monde est vous-même.8. Le temps n'est pas absolu. La réalité sous-jacente de toute chose est éternelle, et ce que nous appelons temps est en réalité une éternité quantifiée

    Bien que notre corps et tout le monde physique se présentent dans un perpétuel changement, la réalité ne se résume pas à cette dynamique. L'Univers a pris naissance, et est en évolution. Lorsqu'il est né, le temps et l'espace ont accédé à l'existence. Avant l'instant du Big Bang, le temps et l'espace n'existaient pas sous la forme que nous leur connaissons. Et pourtant un esprit rationnel trouve presque impossible de poser des questions comme : « Qu'est-ce qui a précédé le temps?» et « Qu'est-ce qui est plus grand que l'espace?» Einstein lui-même, lorsque, jeune physicien, il élaborait pour la première fois les principes quantiques, se raccrochait à la vieille idée chérie par Newton que l'Univers existait dans un état stable: le temps et l'espace étaient des constantes éternelles sans naissance ni mort.

    Cette version stationnaire de la réalité est toujours celle que nous renvoient nos cinq sens. Einstein a beau avoir démontré que le temps accélère et ralentit, vous ne pouvez le voir ni le sentir; vous ne pouvez sentir l'espace se contracter ni se dilater, or cela aussi fait partie d'un Univers rythmique. Pour aller encore plus loin, pour imaginer ces régions non dimensionnelles où naissent le temps et l'espace, il faut un décalage perceptuel radical. Ce décalage nous est imposé parce que l'Univers a forcément eu une quelconque source atemporelle — et il en est de même pour nous.

    Vous vous percevez comme existant dans le temps parce que votre corps est fait de changement; pour changer, il faut un flux ou une séquence. Dans cette séquence, il y a un avant et un après: avant ce souffle-ci, il y a eu un dernier souffle; après ce battement de cœur, il y aura le suivant. Mais, théoriquement, si vous aviez le temps et disposiez du matériel nécessaire, vous pourriez faire un électrocardiogramme de tous les battements de cœur qu'un individu a produits au cours de sa vie et, en tenant la bande de papier dans vos mains, vous auriez le passé, le présent et l'avenir contenus en un seul lieu. Vous pourriez la regarder à l'envers ou en commençant parla fin; vous pourriez la plier en deux afin que le dernier battement de cœur et le premier soient l'un à côté de l'autre.

    Ce genre de manipulation est ce que la physique quantique révèle des événements spatio-temporels les plus fondamentaux de la Nature. En échangeant des états énergétiques, deux particules peuvent tout aussi facilement reculer qu'avancer dans le temps; des choses qui se sont produites dans le passé peuvent être modifiées par des événements énergétiques du futur. Toute la notion du temps perçu comme une flèche qui fonce inexorablement vers l'avant a été à jamais pulvérisée dans les géométries complexes de l'espace quantique, où des cordes et des boucles multidimensionnelles véhiculent le temps dans toutes les directions et même l'arrêtent.

    Le seul absolu qui nous reste est l'atemporel, car nous comprenons à présent que notre Univers tout entier n'est qu'un incident parmi d'autres jailli d'une réalité plus vaste. Ce que nous percevons comme des secondes, des minutes, des heures, des jours et des années sont des fragments découpés dans cette réalité plus vaste. Il vous revient, en tant que sujet percevant, de tronçonner l'atemporel comme il vous plaira: votre conscience crée le temps que vous éprouvez. Un individu qui éprouve le temps comme une denrée rare qui lui glisse constamment entre les doigts se crée une réalité personnelle totalement différente de celle d'un individu qui perçoit qu'il a tout le temps du monde à sa disposition. Votre journée n'est-elle qu'une course contre la montre? Manifestez-vous l'affolement fiévreux symptomatique de la «maladie de l'homme pressé» que le corps traduit par l'accélération ou l'irrégularité du pouls, la perturbation des rythmes digestifs, l'insomnie et l'hypertension artérielle ? Ces différences individuelles expriment la manière dont nous percevons le changement car c'est la perception du changement qui crée notre expérience du temps.

    Quand votre attention se porte sur le passé ou sur l'avenir, vous êtes dans le champ du temps, créant ainsi le vieillissement. Un maître indien qui semblait remarquablement jeune pour son âge l'expliqua en disant: «La plupart des gens passent leur vie soit dans le passé, soit dans l'avenir; moi, ma vie est suprêmement concentrée dans le présent. » Lorsqu'une vie est concentrée dans le présent, elle est réelle au plus haut point, parce que ni le passé ni l'avenir n'empiètent sur elle. Où sont le passé et l'avenir en cet instant? Nulle part. Seul existe l'instant présent: le passé et l'avenir sont des projections mentales. Si vous pouvez vous libérer de ces projections, en n'essayant ni de revivre le passé ni de contrôler l'avenir, un espace s'ouvre pour une expérience complètement neuve - l'expérience du corps sans âge et de l'esprit affranchi du temps.Il est extrêmement important de pouvoir s'identifier à une réalité qui n'est pas circonscrite parle temps. Sinon, il n'y a pas moyen d'échapper au déclin que le temps amène inévitablement. Vous pouvez avoir un aperçu de l'atemporalité avec un simple exercice psychosomatique: choisissez un moment de la journée où vous vous sentez détendu et libéré de toutes contraintes. Asseyez-vous tranquillement dans un fauteuil confortable et enlevez votre montre, que vous placez près de vous afin de pouvoir facilement vous y reporter sans être obligé de la soulever ni de trop bouger la tête. À présent, fermez les yeux et prenez conscience de votre respiration. Laissez votre attention suivre sans encombre le flux d'air qui entre dans votre corps et en ressort. Imaginez que votre corps tout entier s'élève et retombe à chaque cycle inspiration-expiration. Au bout d'une minute ou deux, vous serez conscient d'une chaleur et d'une détente qui envahissent vos muscles.

    Quand vous vous sentez intérieurement très calme, très reposé, ouvrez lentement les yeux et regardez la trotteuse de votre montre. Que fait-elle ? Selon le degré de votre relaxation, l'aiguille des secondes se comportera de diverses façons. Pour certaines personnes, elle se sera complètement arrêtée, et cet effet durera une, deux, voire peut-être trois secondes. Pour d'autres, la trotteuse hésitera une demi-seconde, puis reprendra d’un bond sa course saccadée normale. D'autres encore verront l'aiguille se déplacer, mais plus lentement que d'habitude. À moins d'avoir tenté cette petite expérience, vous trouverez la chose très invraisemblable mais, une fois que vous aurez vu s'arrêter l'aiguille d'une montre, vous ne douterez plus jamais que le temps soit un produit de la perception. Il n'y a qu'un seul temps, celui dont vous êtes conscient.

    Vous pouvez apprendre à transporter à volonté votre conscience dans le champ de l'atemporalité. La méditation est la technique classique pour maîtriser cette expérience. Dans la méditation, l'esprit actif se retire jusqu'à sa source: tout comme notre Univers changeant a forcément dû avoir une origine au-delà du changement, votre esprit, avec toute sa remuante activité, s'élève d'un état 

    de conscience à un état qui se trouve au-delà de la pensée, de la sensation, de l'émotion, du désir et de la mémoire. C'est une expérience individuelle profonde. En état d'atemporalité ou de conscience transcendante, vous éprouvez une sensation de plénitude. Au lieu du changement, de la perte et du déclin, il y a la stabilité et le contentement. Vous sentez que l'infini est partout. Lorsque cette expérience devient réalité les craintes associées au changement disparaissent; la fragmentation de l'éternité en secondes, heures, jours et années passe au second plan et la perfection de chaque instant vient au premier.

    Maintenant que la méditation est entrée dans le cadre général de l'expérience culturelle occidentale, des chercheurs ont procédé à des mesures scientifiques de l'expérience subjective du silence, de la plénitude et de l'éternité. Ils ont découvert que l'état physiologique des sujets en méditation montre des tendances marquées à un fonctionnement plus efficace. Des centaines de résultats individuels révèlent une réduction des échanges respiratoires, une diminution de la consommation d'oxygène et un ralentissement du métabolisme. Sous l'angle du vieillissement, la conclusion la plus significative est que le déséquilibre hormonal associé au stress - et dont on sait qu'il accélère le processus de vieillissement - s'inverse. Cela ralentit à son tour, voire inverse, le processus de vieillissement tel qu'il est mesuré par divers changements biologiques associés à la sénescence. D'après mes propres études réalisées sur des sujets qui recourent à la Méditation Transcendantale, il a été établi que des personnes pratiquant depuis longtemps peuvent avoir un âge biologique de cinq à douze ans inférieur à leur âge chronologique.

    L'aspect le plus fascinant de cette recherche qui se poursuit depuis plus de vingt ans est qu'il n'est pas nécessaire de manipuler le processus biologique du vieillissement lui-même: les résultats désirés peuvent être obtenus par la seule conscience. En d'autres termes, la méditation modifie le cadre référentiel qui donne à chaque sujet son expérience du temps. Au niveau quantique, des événements physiques dans l'espace-temps tels que le pouls et les taux hormonaux peuvent être affectés par le seul fait de transporter l'esprit dans une réalité où l'emprise du temps est moins puissante. Le nouveau paradigme nous montre que le temps possède de nombreux niveaux et qu'ils nous sont tous accessibles dans notre propre conscience.9. Nous habitons tous une réalité de non-changement située au-delà de tout changement. L'expérience de cette réalité nous assure la maîtrise du changement

    Actuellement, la seule physiologie que vous pouvez faire fonctionner est fondée sur le temps. Toutefois, le fait que le temps soit lié à la conscience implique que vous pouvez jouir d'un fonctionnement d'une nature totalement différente - la physiologie de l'immortalité - qui correspondrait à l'expérience du non-changement. Le non-changement ne peut être créé en tant que produit du changement. Il exige un passage de la conscience temporelle à la conscience atemporelle. Ce passage présente de nombreuses gradations. Par exemple, si vous êtes extrêmement pressé par le temps dans votre travail, la réaction de votre corps à cette pression n'est pas automatique; les contraintes de temps profitent à certains, qui s'en servent pour stimuler leur créativité et leur énergie, tandis que d'autres en sont victimes, se découragent et sentent peser sur eux un fardeau qui ne leur procurera aucune satisfaction par rapport au stress ainsi créé.

    Le sujet qui réagit par la créativité a appris à ne pas identifier le temps avec la tyrannie de la pendule. Il l'a transcendée, partiellement, du moins, au contraire du sujet en proie aux contraintes et au stress, pour qui l'identification au temps est devenue écrasante: il ne peut échapper au tic-tac de l'horloge interne, et son corps ne peut s'empêcher de refléter cet état d'esprit. Par divers moyens subtils, nos cellules s'adaptent en permanence à notre perception du temps. Un biologiste dirait que nous avons intégré une série de processus qui embrassent des millions d'événements corps-esprit associés.


    Il est de la plus haute importance de vous rendre compte que vous pouvez atteindre un état où les processus liés au temps peuvent être réalignés. À preuve cette simple analogie: considérez votre corps physique comme la trace écrite de signaux échangés entre votre cerveau et vos cellules. Le système nerveux, qui fixe la nature des messages transmis, fonctionne comme le logiciel du corps; les myriades d'hormones, de neurotransmetteurs et autres molécules messagères sont les données traitées par le logiciel. Tout cela constitue la programmation visible de notre corps. Mais où est le programmeur? Il est invisible, et pourtant il doit bien exister. À chaque seconde sont prises des milliers de décisions dans le système corps-esprit, choix innombrables qui permettent à notre physiologie de s'adapter aux exigences de la vie.

    Si j'aperçois un serpent sur un chemin et que la peur me fait faire un bond en arrière, le dispositif visible qui règle cet événement se manifeste dans mes réactions musculaires, qui sont déclenchées par des signaux chimiques issus de mon système nerveux. L'accélération de mon pouls et ma respiration haletante sont d'autres signes visibles que l'hormone adrénaline est entrée en jeu, sécrétée par le cortex surrénal en réaction à une substance chimique spécifique du cerveau, l'ACTH, produite par l'hypophyse. Si un biochimiste pouvait retrouver chacune des molécules impliquées dans ma réaction de peur, l'invisible agent qui a décidé d'avoir cette réaction lui échapperait malgré tout, car, bien que j'aie réagi en une fraction de seconde, mon corps n'a pas fait un bond en arrière irréfléchi. Une personne à la programmation entièrement différente ferait preuve de réactions entièrement différentes. Un collectionneur de serpents pourrait se pencher en avant, intéressé; un dévot hindou pourrait tomber à genoux dans une terreur respectueuse en reconnaissant une incarnation de Shiva.

    Le fait est que n'importe quelle réaction possible aurait pu se produire: affolement, rage, hystérie, paralysie, apathie, curiosité, enchantement, etc. L’invisible programmeur dispose de moyens illimités pour programmer l'appareil corporel visible. Au moment de ma rencontre inopinée avec le serpent, tous les processus de base de ma physiologie — la respiration, la digestion, le métabolisme, l'excrétion, la perception et la pensée — dépendaient de la signification personnelle que je donnais à un serpent. On voit ici la vérité d'un aphorisme d'Aldous Huxley: « L'expérience n'est pas ce qui vous arrive; elle est ce que vous en faites.»Où pouvez-vous localiser une signification? La réponse facile et immédiate est de dire qu'elle est localisée dans le cerveau, mais cet organe, comme tous les autres, est en flux permanent. Tels des oiseaux migrateurs, des milliards d'atomes entrent dans mon cerveau et en sortent à chaque seconde. Le cerveau est agité d'un tourbillon d'ondes électriques qui n'ont jamais deux fois la même configuration au cours d'une vie humaine. Sa chimie fondamentale peut se modifier si différents types de nourriture sont absorbés au cours du repas ou si l'on éprouve un brusque changement d'humeur. Et pourtant, mon souvenir du serpent ne se dissout pas dans cet océan de fluctuations. Mes souvenirs sont disponibles pour le programmeur posté au-dessus de ma mémoire, qui observe ma vie en silence et tient compte de mes expériences; toujours prêt à envisager l'éventualité de nouveaux choix. Car ce programmeur n'est rien d'autre que la conscience du choix. Il apprécie le changement sans subir son emprise. Ainsi échappe-t-il aux limitations temporelles qui sont le lot du monde normal régi par la cause et l'effet.

    Le «moi» qui a peur des serpents a appris cette peur à un certain moment du passé. Toutes mes réactions participent du moi temporalisé et de ses tendances. En moins d'un millième de seconde, sa peur préprogrammée déclenche toute la séquence de messages corporels qui produisent mes actions. Pour la plupart d'entre nous, il n'y a apparemment pas d'autre «moi», parce que nous n'avons pas appris à nous identifier au décideur, au témoin silencieux dont la conscience n'est pas définie par le passé. Et pourtant, d'une manière subtile, nous sentons tous que quelque chose en nous n'a pas beaucoup changé - si tant est qu'il y ait quelque chose de changé - depuis notre petite enfance. Lorsque nous nous éveillons le matin, il y a une seconde de conscience pure avant que le vieux conditionnement se remette automatiquement en place. Dans ce moment, vous n'êtes que vous-même, ni heureux ni triste, ni important ni humble, ni vieux ni jeune.

    Le matin, quand je m'éveille, ce «moi» revêt très vite le manteau de l'expérience. En quelques secondes, je me rappelle qui je suis: par exemple, un médecin de 46 ans qui a une femme et deux enfants, une maison dans la banlieue de Boston et qui met dix minutes pour aller à la clinique. Cette identité est le produit du changement. Le «moi» qui est au-delà du changement pourrait s'éveiller n'importe où - comme un enfant de 5 ans au milieu des odeurs de cuisine chez ma grand-mère à Delhi, comme un vieillard de 80 ans qui écoute le vent secouer les branches des palmiers en Floride. Ce «moi» immuable, qui est tout simplement le Moi des anciens sages de l'Inde, est le vrai point de référence de mon expérience. Tous les autres points de référence sont liés au changement, au déclin et à la perte; tous les autres sens du «moi» ordinaire s'identifient à la douleur ou au plaisir, à la pauvreté ou à la richesse, au bonheur ou à la tristesse, à la jeunesse ou à la vieillesse, bref, à tous les états temporels imposés par le monde relatif. Dans la conscience unifiée, le monde peut s'expliquer comme le flux de l'Esprit, qui est l'état d'éveil authentique. Notre but consiste entièrement à établir une relation intime avec le Moi en tant qu'Esprit. L'expérience du corps sans âge et de l'esprit éternel se réalise dans la mesure où nous créons cette intimité.

    10. Nous ne sommes pas victimes de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Elles font partie du décor; ce n'est pas le cas de « celui qui perçoit à même la conscience », qui est à l'abri de toute forme de changement

    A sa source, la vie est création. Quand vous entrez en contact avec votre propre intelligence intérieure, vous entrez en contact avec le centre créateur de la vie. Dans l'ancien paradigme, le contrôle de la vie était assigné à l'ADN, molécule énormément complexe qui a révélé aux généticiens moins de 1 % de ses secrets. Dans le nouveau paradigme, le contrôle de la vie appartient à la conscience. Tous les exemples cités ici - les enfants qui peuvent freiner la sécrétion de l'hormone de croissance, les étudiants en médecine qui modifient leur production d'interleukines lorsqu'ils sont angoissés, les yogis qui peuvent agir à volonté sur leur rythme cardiaque - indiquent que les processus corporels les plus fondamentaux réagissent à notre état d'esprit. 

    Spiritualité et bien être

     

      

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