Parti de Yokohama, au Japon, le Miyazaki Maru fut abattu le 31 mai 1917 par un sous-marin allemand U-88, avant de sombrer à 240 kilomètres à l’ouest des îles Scilly. (Photo : DR) 

La mer n’en finit pas de cracher des plaques Tjipetir. Ces pièces de gomme, produites au début du siècle dernier en Indonésie, s’échouent depuis plusieurs années sur les plages de France, d’Angleterre, d’Espagne, mais aussi d’Allemagne et jusqu’au Danemark. D’où viennent-elles ? Pourquoi arrivent-elles encore sur nos côtes ? Proviennent-elles des cales du Titanic ? Ou d’un autre paquebot légendaire ?

En Angleterre, Tracey Williams, une promeneuse de Newquay, dans les Cornouailles britanniques, croit avoir la réponse. 

 
De nombreux promeneurs ont découvert ce type de plaques sur les plages de France, de Grande-Bretagne ou des Pays-Bas. Ici des plaques trouvées en Norvège et dans le Devon, au sud de l’Angleterre. (Photo : DR) 

Depuis 2012, la promeneuse britannique a multiplié les recherches sur ces fameuses plaques faites de gutta-percha, un latex d’origine naturelle, qui servait au début du XXe siècle à la fabrication de nombreux objets comme les balles de golf, ou pour protéger les câbles sous-marins.

Début 2013, elle a créé une page Facebook glanant ainsi des informations auprès d’autres promeneurs, explique-t-elle dans un article de la BBC. À l’été 2013, une piste sérieuse se dessine soufflée par deux personnes différentes. Elle porte le nom de Miyazaki Maru.

Abattu par un sous-marin allemand

Ce navire, construit au Japon en 1909, était un paquebot transportant marchandises et passagers. Parti de Yokohama, au Japon, le Miyazaki Maru fut abattu le 31 mai 1917 par un sous-marin allemand U-88, avant de sombrer à 240 kilomètres à l’ouest des îles Scilly, au débouché de la Manche, dans l’océan Atlantique.

Selon Tracey Williams, des plaques de gutta-percha se seraient échappées du navire au moment de la récupération de l’épave. 

Le Miyazaki Maru. (Photo : DR) 

Une piste loin d’être jugée farfelue. Pour Alison Kentuck, qui répertorie les naufrages dans les eaux territoriales du pays pour le gouvernement britannique, les plaques pourraient provenir de ce navire japonais.

« L’hypothèse japonaise est intéressante, commente Olivia Hulot, du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines d’Atlantique, Manche et Mer du Nord (Drassm). Reste que 1917 est une période compliquée pour le transport de marchandises, car nous arrivons dans la deuxième partie de la Première Guerre mondiale. Mais ce n’est pas impossible. » 

 
Les plaques Tjipetir sont faites de gutta-percha, un latex d’origine naturelle, qui servait au début du XXe siècle à la fabrication de nombreux objets du quotidien et notamment pour protéger les câbles sous-marins. Elles ont été produites à Java, en Indonésie. (Photo : DR) 

Dans les cales de plusieurs bateaux ?

Et le Titanic dans tout ça ? Lors de ses recherches, Tracey Williams a fouillé dans le manifeste du Titanic, qui répertorie tous les éléments constitutifs du navire et ce qu’il transportait, explique-t-elle à la BBC. Selon ce registre, le célèbre paquebot qui a sombré en 1912 au large de Terre-Neuve, transportait également des plaques de gomme dans ses cales.

« Nous avons vérifié la cargaison, il y avait bien trois caisses de plaques à bord du Titanic, sans que lon sache leur nombre exact ou quelles soient référencées par un numéro de série, a précisé au Figaro une porte-parole de la Cité de la mer de Cherbourg. Mais on en trouvait dans les cales de tous les paquebots de l’époque. »Mystère et boule de gomme… 

 
Les épaves contemporaines sont abîmées par la houle, les courants et la corrosion marine, particulièrement, quand elles se trouvent dans des eaux peu profondes. Des plaques de gomme comme les plaques Tjipetir ont très bien pu s’échapper récemment de cales endommagées alors que les navires ont coulé il y a plus de cent ans. Ici, une plaque retrouvée à Groix. (Photo : Ouest-France) 
 
 
 
 
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