• Les mystères du château de Veauce

    Surnaturel et fantastique

    Les mystères du château de Veauce

    (Envoyé par Patrick Martin) 

    Le château de Veauce: le fantôme de Lucie. 

    Surplombant les plaines de l’Allier, en Auvergne, cette forteresse du 9ème siècle est devenue célèbre, dans les années 1980, grâce à son propriétaire d’alors, Ephraïm Tagori de la Tour, qui prétendait être visité chaque nuit par un fantôme prénommé Lucie. 

    Les mystères du château de Veauce

    (vue d'artiste : Lucie, le Fantôme du Chateau de Veauce - Les émanants) 

    Intrigués par cette rumeur, les médias se sont emparés de l’affaire, à commencer par France Inter. Dans la nuit du 4 août 1984, l'équipe du journaliste Jean-Yves Casgha, spécialiste des reportages sur l’étrange, assistés d’un médium et de sa petite-fille, auraient été témoins de l’apparition de la dame blanche dans les hauteurs du château. Ils auraient même gardé des traces tangibles de leur rencontre avec Lucie :

    "Dans cette tour fut, pour la première fois au monde, photographié et enregistré un fantôme".

    Décriées par des zététiciens, ces "preuves" ont alors contribué à médiatiser le château et son excentrique propriétaire. Invité des plateaux de télévision, il s’est amusé à raconter son histoire, multipliant les anecdotes, avec émotion, jusqu’à sa mort.

    Que reste-t-il de cette expérience ?

    La légende du fantôme est-elle toujours d’actualité au château de Veauce ?

    Maison-Hantee.com est remonté aux sources de l’affaire avant de se rendre sur place auprès de la nouvelle propriétaire. Une visite hors du commun ! 

    Mardi 30 mai 2006. Nous avons rendez-vous à 15h avec le guide du château. C’est jour de fermeture au public. Bloqués devant les grilles cadenassées de l’entrée des visiteurs, nous passons un coup de fil pour avertir de notre présence. Aucune réponse. Je tombe systématiquement sur le répondeur. Y aurait-il eu un quiproquo sur la date du rendez-vous ? Alors que je cherche à pénétrer dans l’enceinte du parc par un autre chemin, une habitante de Veauce m’interpelle et m’indique une entrée conduisant directement à la cour d’honneur du château.



    Une fois à l’intérieur, toujours aucun signe de vie 

    Je commence à m’inquiéter, frappe aux portes et aux fenêtres, sonne la cloche et appelle, en vain, les habitants du château de Veauce. Une voiture, portière ouverte, est garée devant la porte d’entrée. Deux paons montent la garde. Séduit par le charme de cette vieille demeure, je constate que l’âme des pierres n’a pas pris une ride, même si l’une des tours s’est écroulée et que plusieurs bâtiments, en mauvais état, ont l’air condamnés. Alors que nous allions rebrousser chemin, bredouilles de toute histoire de fantôme, une femme se manifeste à une fenêtre. Elle est anglaise. S’excusant de s’être assoupie, Elisabeth Mincer, nouvelle propriétaire du château de Veauce, nous rejoint. Son adjoint Kevin, l’esprit encore embrumé, lui emboite le pas. Fatigués par l’organisation d’une semaine d’événements artistiques qui s’est achevée la veille, tard dans la nuit, ils avaient complètement oublié notre visite… 

    Après les présentations d’usage, Kevin Costello, victime collatérale d’un "excès de table", nous remet un document et nous invite à déambuler à notre guise dans les couloirs du château. Il ne semble pas en état de pérorer sur douze siècles d’histoire. Nous voilà donc livrés à nous-mêmes et aux caprices des mystères de Veauce… 

    Douze siècles nous contemplent… 

    Construit vraisemblablement en 808 par Charlemagne pour son fils, Louis Le Débonnaire, le vaste château, aujourd’hui classé Monument Historique, fut complété au fil des siècles par de nombreux éléments architecturaux jusqu’à devenir baronnie en 1400, comme l’atteste des armoiries surmontant une grille de style gothique flamboyant. L’édifice est flanqué de cinq tours : la tour carrée, la plus ancienne, le donjon avec sa tour de guet, la tour crénelée où se situaient les prisons, la tour de l’horloge dont le mécanisme – encore en activité ! – date de 1795 et la tour hexagonale. 

    A l’origine propriété d’un sire de Veauce, qui possédait le droit de justice sur les terres avoisinantes, la seigneurie de Veauce fut érigée en baronnie, au début du 15ème siècle, par le Roi Louis II de Bourbon en faveur du chevalier Robert Dauphin, seigneur de Royne et de Veauce. 

    Après la mort de Charles de Bourbon, Connétable de France, le château de Veauce releva directement de la Couronne. Dès lors, plusieurs familles illustres s'y sont succédées. En très mauvais état au milieu du 19ème siècle, Charles Eugène de Cadier, Baron de Veauce, a conduit, entre 1841 et 1846, les importants travaux de rénovation qui lui donnèrent son aspect actuel. En 1973, le Baron Eugène de Cadier céda le château à Monsieur Ephraïm Tagori de la Tour, premier porte-parole de la hantise. 

    Les mystères du château de Veauce

    (vue d'artiste : Lucie - Les émanants) 

    Lucie

    Dans les couloirs silencieux du château, on peut admirer plusieurs représentations du fantôme de Lucie, la Dame Blanche de Veauce. Dans la galerie des peintres, au 1er étage, la grande toile de Marcel Hasquin, titrée "Les mystères du château de Veauce", immortalise la légende de Lucie dans un mouvement tourbillonnant. A l'entrée de la galerie des vitraux, une peinture sur soie de Daniel de Chaumant met en scène le fantôme s'évadant de sa prison.

    Enfin, je reste pensif devant cet autre tableau de Marcel Hasquin, accroché au bout du couloir, avant le petit escalier qui mène aux parties les plus anciennes de la forteresse. On peut y voir une femme ligotée qui, aidée d'une chouette, se libère de ses liens. J'imagine qu'il s'agit à nouveau de Lucie en compagnie de ce mystérieux oiseau de nuit, symbole de sagesse et guide vers... l'au-delà ! On raconte qu'une chouette aurait passé sa vie à tourner autour de la tour de l'horloge avant d'y être retrouvée morte. Sa mystérieuse activité aurait-elle trouvé un lien avec Lucie, sous la plume du peintre ?
    D’après les témoignages de M. Tagori de la Tour, le fantôme de Lucie hanterait le chemin de ronde et la salle des pendus depuis le 16ème siècle. 

    Vers 1560, la belle et jeune domestique au château, Lucie, fut courtisée par le Baron de l’époque, Guy de Daillon, bien que marié. Alors qu’il était parti guerroyer, la Baronne, jalouse, en profita pour jeter Lucie dans la prison de la tour dite "mal coiffée", où elle mourut de faim, de froid et de peur. Depuis, elle revient certaines nuits honorer la mémoire de son funeste sort.

    Depuis 2002, date à laquelle elle a acquis le château, Elisabeth Mincer n’a jamais croisé le fantôme de Lucie. Mais elle avoue que certains hôtes qui ont séjourné à Veauce l’ont l’aperçu pendant la nuit, dans leur chambre. Témoignage digne de foi ou bluff marketing ? En tous cas, l’affaire du fantôme de Veauce n’a pas manqué d’intéresser le zététicien Erick Maillot, il y a une dizaine d’années. 

    La nuit de tous les mystères

    Sceptique confirmé, Erick Maillot s’est évertué à décrédibiliser les "preuves" des journalistes de France Inter, en montrant qu’il était possible de les attribuer à des phénomènes bien réels. Est-il parvenu à tuer la légende ? Revenons sur les circonstances de l’enquête. 

    Août 1984, Jean-Yves Casgha, journaliste qui "a du mal à croire aux fantômes", organise une veillée nocturne pour obtenir des traces de l’existence du fantôme. Avec l’accord de M. Tagori de la Tour, il fait installer des micros dans le chemin de ronde et dans la salle des pendus, où doit, selon les dires du propriétaire, se manifester Lucie. En compagnie de ses collaborateurs, du parapsychologue Raymond Réant et de sa petite-fille Aurore, Jean-Yves Casgha attend le mystérieux phénomène. A minuit, Aurore aperçoit une lueur fantomatique près d’une fenêtre. Alors qu’elle se précise, la fillette tente d’entrer en communication avec la silhouette lumineuse. Le médium prend des photos. La lueur sort de la salle et emprunte le chemin de ronde. C’est alors que le technicien radio, en régie dans une autre salle, perçoit un bruit strident qui le pousse à enlever son casque et rejoindre précipitamment le groupe.

    Casgha est convaincu que le sifflement enregistré a été provoqué par le passage de Lucie. En outre, l’une des photos du médium a révélé une forme lumineuse, ovoïde et floue. Une authentique manifestation spectrale a-t-elle été photographiée et enregistrée cette nuit-là ?

    Erick Maillot se lance alors dans une démarche zététique, souvent controversée, qui consiste à singer des phénomènes mystérieux par des reconstitutions scientifiques pour prouver que l’inexplicable peut toujours s’expliquer. Les zététiciens pensent en effet que si un phénomène paranormal peut être reproduit artificiellement, il cesse automatiquement d’être paranormal. Curieuse méthode car même si on peut imiter à la perfection les signes d'un mystère, cela n'empêche pas qu'il puisse avoir une cause inconnue ! Il recrée alors les caractéristiques d’une photo de fantôme et attribue celle du médium à un effet de la Lune. Selon lui, tout est affaire de lumière jusqu’au nom lui-même du fantôme, Lucie (du latin lux, lumière) ! 

     (source : clara-leve-le-voile)

    Un spectre au château de Veauce en Auvergne 

     
     
    Pour Halloween, lamontagne.fr vous replonge dans trois histoires vraies et mystérieuses survenues en Auvergne et en Limousin. Au menu : une ferme maudite, un château hanté et même un loup-garou ! 
    C'est à Veauce, plus petit village de l'Allier, que le baron Tagori de la Tour débarque en 1971. Drôle de personnage, avec son monocle, son chapeau melon et sa vieille pétoire. Il s'installe dans le château, beau et inquiétant. Dix ans plus tard, il se met à raconter des histoires bizarres : « Ce château est hanté ». Par une certaine Lucie, une domestique qui serait morte prisonnière ici au XVIe siècle, selon lui.

    On n'a jamais entendu parler d'un tel spectre. Même si les légendes sont nombreuses sur ces terres bourbonnaises. À la fin du XIXe, les grands-mères racontaient des histoires de silhouettes nocturnes dans les champs, de feux qui prenaient subitement dans les armoires des maisons mais sans rien brûler.

    Et puis ce château... Ses charpentes qui craquent, ses portes qui grincent... Le baron se trouve en terrain favorable.

    " C'est impossible ! "

    Ses récits finissent par attirer le journaliste Jean-Yves Casgha. En 1984, celui-ci anime l'émission « Boulevard de l'étrange » sur France Inter.

    Au mois d'août, il déboule à Veauce avec ses techniciens. « Au départ, je voulais faire le portrait du baron, explique-t-il. Mais le premier soir, tandis que je dînais avec mon équipe, j'ai proposé de passer la nuit dans le château au lieu d'aller à l'hôtel ».

    Sitôt le dessert avalé, les ingénieurs du son installent leur matériel dans la demeure, truffant les couloirs de micros. À leurs côtés, le médium Raymond Réant, qui prétend communiquer avec l'au-delà, et sa petite-fille ont fait le déplacement.

    Les douze coups de minuit sonnent. Dans la pénombre de la salle des pendus, il n'y a pas un bruit. Tout le monde attend. Soudain, une forme pâle, « de la taille d'une chouette » apparaît près de la fenêtre. D'abord par flashs puis plus longuement pendant une quinzaine de minutes. L'assistance est estomaquée, on n'entend que les chuchotements des techniciens : « T'as vu ça ? ». Une journaliste de Télé 7 jours, également présente, panique : « Mais c'est impossible ! » Puis la silhouette file vers le chemin des rondes, semble exploser en silence et disparaît.

    Plusieurs membres de l'équipe ont le temps de prendre des photos. Sur l'une, on verra une vague forme blanche.

     

    Au même instant, dans une autre pièce du château, un technicien chargé de synchroniser les micros entend dans son casque audio un bruit étrange, comme un un crissement. Et le micro rend l'âme.

    Écouter le son :

    Sur le moment, il pense que quelqu'un est tombé dans une oubliette. Affolé, il rejoint le reste de l'équipe. Mais personne d'autre n'a entendu ce bruit terrifiant.

    Le rôle du médium

    Trente ans plus tard, les avis sont partagés. Certains témoins se sont mis à croire aux fantômes. Le journaliste Jean-Yves Casgha reste plus sceptique. « Le bruit qu'a entendu l'ingénieur son pourrait correspondre à une décharge du condensateur qui peut se produire dans des endroits humides comme ce château. »

    Quant à la lumière blanche, il évoque du gaz radon. Un gaz présent dans le massif Central mais qui nécessiterait un fort champ électromagnétique pour être visible dans cet aspect. Peu probable.

    L'ingénieur son Jean-Michel Cauquy évoque une autre piste. « La forme blanche n'apparaissait pas sur les photos des techniciens. Elle est seulement visible sur celle qu'avait prise le médium ».

    Quel rôle a joué ce dernier (disparu depuis) dans cette affaire ? En réécoutant la bande sonore d'époque, on s'aperçoit qu'il est le premier à signaler la présence de la « silhouette ». Avec sa petite-fille, ils décrivent le « spectre » avant que les techniciens ne s'aperçoivent de sa présence et commencent à avoir peur. De là à croire à une sorte d'autosuggestion... À ce jour, l'apparition reste en tout cas inexpliquée.

    Thibaut SOLANO 

    (source : lamontagne.fr)

    Le Château de Veauce

    (Voir situation sur carte : Allier)Image illustrative de l'article Château de Veauce

    Le château de Veauce est un château situé sur le territoire de la commune de Veaucedans le département de l'Allier.

    Ce château (l'enceinte ; la terrasse ; les façades et les toitures de l'ensemble, à l'exception de celles de la porterie) fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 30 août 1985 ; la porterie, datant du XIXe siècle, a été inscrite en 1986 ; les dépendances, à savoir le manoir des Noix, le pigeonnier, le haras, le chai, la laiterie, la maison du maître de meute et le chenil, ont été inscrites en 2011. 

    Histoire

    Il est réputé pour son fantôme, Lucie, une belle et jeune domestique d'à peine 18 ans (issue d'une famille noble désargentée) qui fut courtisée par le baron de l’époque, Guy de Daillon (vers 1560), qui était déjà marié à Jacqueline de La Fayette. Alors que ce dernier était parti guerroyer, la baronne, jalouse, en profita pour jeter Lucie dans la prison de la tour dite « mal coiffée », située au saillant sud-est de la forteresse. La jeune fille y mourut de faim, de froid et de peur. Depuis, elle revient certaines nuits errer sur le chemin de ronde.

    L'engouement pour ces phénomènes durant les années 1980 amena de nombreux curieux, dont une équipe de France Inter dans la nuit du 4 août 1984, dirigée par le journaliste Jean-Yves Casgha, spécialiste des reportages sur le paranormal, pour l'émission « Boulevard de l'étrange ». Accompagnée d'un médium et de sa petite-fille (alors âgée d'une dizaine d'années), l'équipe aurait été témoin de l’apparition de la dame blanche dans les hauteurs du château et aurait même conservé des traces tangibles de sa rencontre avec Lucie : une photographie et des enregistrements sonores (qui n'ont pu trouver à ce jour d'explication scientifique).

    Architecture

    Ce château fort des xie et xiiie siècles, centré sur une cour intérieure, a été plusieurs fois modifié. Il comporte un chemin de ronde couvert reliant les tours. Les trois tours datent desxiiie et xive siècles. Au xve siècle un logis en bordure de ravin est construit à l'emplacement d'une partie des fortifications. Ses fenêtres sont à croisées de pierre et il comporte une tourelle d'escalier. Le tournebride date de la même époque et constitue un château miniature. Au xviie ou xviiie siècle, une terrasse hors des fortifications vient prolonger le château et au xixe siècle un corps de logis avec porterie remplace un autre bâtiment. 

     

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