• Mystères et secrets d'histoires

    Mystères humains

    Les mystères et secrets de l'histoire 

    Qui était le Chevalier d'Eon ?

    Mystères et SECRETS D HISTOIRES

    Le 5 octobre 1728, Françoise de Charanton donne un enfant à son époux, Louis d'Éon de Beaumont  qui est directeur chevalier d'Eon des domaines du roi. L’enfant est baptisé Charles-Geneviève-Louise-Auguste-Andrée-Thimothée.

    Chose étrange pour un garçon d’avoir trois prénoms masculins et trois féminins !

      

    Car pour tout le monde, il s’agit bien d’un fils. Le jeune Charles-Geneviève commence ses études en 1743 à Tonnerre dans sa Bourgogne natale avant d’intégrer le collège Mazarin à Paris. Diplômé de droit en 1749, Charles-Geneviève devient avocat  au Parlement de Paris. Remarqué par Louis XV après ses écrits « Considérations Historiques et Politiques », il est nommé censeur royal pour l’Histoire et les belles lettres.

    Parallèlement, le jeune d’Eon de Beaumont apprend l’escrime et devient un bon cavalier. En 1755, Louis-François Ier de Bourbon-Conti charge le chevalier d’Eon d’une mission secrète auprès de la Tsarine de Russie Elisabeth Ire. La France souhaite une alliance avec la Russieet Charles-Geneviève a pour rôle de séduire et de gagner la confiance de la Tsarine. Afin qu’Elisabeth Ire se sente plus proche de son espion, le prince de Conti décide de travestir le chevalier d’Eon qui devient Mlle Lya de Beaumont. Gagnant la confiance la Tsarine, Mlle de Beaumont devient l’une de ses intimes et sa lectrice.

    C’est à son retour en France que les gens commencent à se poser des questions sur le chevalier : Charles-Geneviève a trop bien joué son rôle de femme pour n’être qu’un travesti. De plus, on ne connaît au jeune Beaumont aucune amourette ni fiancée alors qu’il passe pour être un fort bel homme. Il s’appelle Charles certes mais également Geneviève ! De 1758 à 1760, le chevalier est de nouveau en Russie où il passe pour une femme. Il parcourt l’Europe pour mener à bien des missions confiées par Louis XV mais il est tantôt habillé en homme, tantôt en femme. A son retour à Paris en 1760, Charles-Geneviève devient capitaine des Dragons et reçoit la croix du Saint-Esprit. Durant deux ans, il s’illustre au combat et les rumeurs sur sa féminité cessent : une femme ne peut se battre de la sorte et recevoir des commandements de la part du roi. En 1762, le chevalier d’Eon quitte l’armée pour reprendre son rôle d’agent secret en Angleterre à Londres où il travaille pour la politique de Louis XV.

    Selon les intrigues qu’il doit mener, le chevalier d’Eon se présente en homme ou en femme. Les anglais, perplexes face à cet étrange chevalier d’Eon se mettent à parier sur son sexe si bien qu’en 1771, le montant parié atteint 300.000 livresMlle Eon Beaumont sterling ! Louis XV demande alors en 1774 à Charles-Geneviève de mettre un terme aux rumeurs et de déclarer s’il est un homme ou une jolie demoiselle.

    Le chevalier signe alors une proclamation dans laquelle il annonce être de sexe féminin. Cette constatation est établie et approuvée par plusieurs médecins. Dés lors, le roi ordonne à Charles-Geneviève de conserver ses vêtements féminins et de ne plus apparaître travesti en homme. Le chevalier d’Eon devient donc officiellement Mlle d’Eon. Il aura fallu des négociations de quatorze mois pour faire admettre au chevalier son sexe moyennant une rente. Etant une femme, Charles-Geneviève n’a plus accès à l’armée, aux affaires politiques et à la diplomatie. Devenant inactive, la jeune femme demande à Louis XV la permission de pouvoir à nouveau porter des vêtements d’hommes. Louis XV n’a pas envie que Mlle d’Eon de Beaumont soit de nouveau au milieu des rumeurs concernant son sexe et refuse.

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    Après la mort de Louis XV, Mlle d’Eon de Beaumont renouvelle sa requête auprès de Louis XVI. C’est ainsi qu’en 1777, vêtue de son uniforme de capitaine des dragons, Charles-Geneviève supplie le roi de lui permettre d’user de nouveau de sa personnalité masculine. Mais Louis XVI soutenu par son ministre Maurepas campe sur les positions de son prédécesseur. Après un exil en Tonnerre, Charles-Geneviève repart pour Londres en 1785 où elle mène une vie de lady avant de perdre sa rente octroyé par le roi de France. Même après la révolution française et la mort de Louis XVI, la vieille Mlle d’Eon de Beaumont ne reprendra pas l’habit d’homme, sans doute résignée à être ce qu’elle a toujours été : une femme.

    Son père, déçu de ne pas avoir eu de fils avait-il dès la naissance de la petite Charles-Geneviève fait de sa fille un garçon ?

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    Cette hypothèse est retenue et on imagine que Mlle d’Eon qui avait été habituée et élevée en tant qu’homme avait voulu revenir à cette personnalité après 1774. Le 21 mai 1810, l’ex chevalier d’Eon s’éteint. Oubliée de tous, Charles-Geneviève était morte dans la misère. Lors de la toilette funéraire, les médecins et une quinzaine de personnes s’aperçoivent que la vieille dame était en fait…un homme ! Retournement incroyable de situation ! En 1774, le chevalier d’Eon avait pourtant affirmé être une femme et plusieurs médecins avaient confirmé ses dires. Pourquoi donc Charles-Geneviève a-t-il accepté d’être une femme durant quarante années ? Louis XV et Louis XVI étaient-ils aule chevalier d'Eon courant que Mlle d’Eon était en fait de sexe masculin ? Dans ce cas, pourquoi ont-ils refusé qu’elle redevienne un homme ? Après la mort de Louis XVI, pourquoi donc le chevalier d’Eon n’a-t-il pas reprit sa véritable identité ? Le 23 mai, un des membres de la faculté d’Angleterre déclara : « Par la présente, je certifie que j'ai examiné et disséqué le corps du chevalier d'Éon et que j'ai trouvé sur ce corps les organes mâles de la génération parfaitement formés sous tous les rapports ».

    Mais qui sait….si ces quelques personnes présentes autour de la dépouille de Charles-Geneviève s’étaient mises d’accord pour affirmer qu’il était un homme alors que c’était en réalité une femme ?

    Car pourquoi le chevalier d’Eon aurait-il menti sur son sexe féminin ? Le mystère demeure…

    (source : enviedhistoire

     

    La mystérieuse mort de Napoléon

    A quel mal a succombé Napoléon ? Est-il mort d’un cancer, comme certains l’ont dit ; d’un ulcère gastrique, comme d’autres l’ont prétendu ; d’une affection du foie ; d’une néphrite ; d’une neurasthénie chronique ; car toutes ces hypothèses ont été tour à tour envisagées.

    N’a-t-on pas même fait courir le bruit qu’il avait été empoisonné ? 

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    Et ne croyez pas que ce soient rumeurs vagues, propos en l’air, tels qu’il en circule au lendemain de la disparition, plus ou moins brusque, de ceux qui ont occupé la scène du monde et y ont tenu les premiers rôles : l’écho de ce bruit a été répercuté par les personnages les plus graves, qui l’ont enregistré, l’ont discuté, l’ont pris, pendant un temps, au sérieux.

    Le général Lamarque raconte qu’il a vu M. de Montholon, qu’il l’a interrogé à son retour de Sainte-Hélène. « On croyait généralement, ce sont ses propres termes, que Napoléon avait été empoisonné par le gouverneur de Sainte-Hélène, ce sir Hudson Lowe qui commandait à Caprée, lorsque je m’emparai de cette île… J’ai vu M. de Montholon ; selon lui, l’Empereur n’a pas été empoisonné, mais bien assassiné [sic] par les mauvais traitements des Anglais, par l’influence du climat de Sainte-Hélène et par les aliments qu’on lui fournissait… Aujourd’hui, il paraît certain que l’Empereur a succombé sous le poids des chagrins, des dégoûts, des vexations sans nombre et des privations de tout genre qu’on lui a fait supporter. » 

    Pour ce qui est de l’empoisonnement, c’est une hypothèse tellement fantaisiste que nous pourrions nous dispenser de l’examiner. À toutes les époques, on a cru qu’un grand homme ne pouvait mourir comme le vulgaire.

    Quand Napoléon mourut à Sainte-Hélène, on avait été imparfaitement renseigné en Europe sur la marche et le développement de la maladie qui l’avait conduit au tombeau ; aussi la nouvelle causa-t-elle tout d’abord une profonde stupéfaction. L’idée d’une mort violente devait venir à l’esprit de ceux, et ils sont légion, qui préfèrent, au théâtre de la vie, le dénouement le plus romanesque.

    Que ne colportait-on dans les carrefours de la capitale ? Le gouverneur de Sainte-Hélène avait eu, disait-on, avec l’empereur une algarade des plus vives ; il s’était emporté jusqu’à faire un geste menaçant ; aussitôt une rixe s’était produite, au cours de laquelle l’Empereur avait trouvé la mort.

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    On disait encore que, sous le prétexte d’une promenade, sir Hudson Lowe avait conduit son prisonnier au bord d’un abîme et l’y avait précipité. Ceux qui voulaient paraître mieux renseignés assuraient que l’empereur ayant franchi, par mégarde, les limites imposées à ses promenades, avait été fusillé par une sentinelle.

    Quand fut connu le procès-verbal d’autopsie dans toute sa teneur, un passage du document avait particulièrement frappé : il y était question d’ulcérations et de perforation de l’estomac ; de matières noires, semblables à du marc de café, contenues dans cet organe. En fallait-il davantage pour que le public attribuât à un empoisonnement ces érosions, qui simulaient si bien les symptômes d’une intoxication par une substance corrosive ?

    Et si Napoléon lui-même avait précipité sa fin ? Ce n’était pas la première fois, au surplus, qu’il aurait tenté de se suicider. En 1814, à Fontainebleau, il avait déjà fait une tentative qui n’avait pas abouti. Un an plus tard, et l’épisode est moins connu, le 29 juillet 1815, le docteur Héreau conte qu’avant de quitter la Malmaison, l’Empereur avait remis à M… « un petit flacon long, plat, uni et soigneusement bouché, contenant environ deux cuillerées d’une liqueur jaunâtre, très limpide. Il lui ordonna de la placer dans quelque partie de ses vêtements d’un usage journalier et qu’il pût facilement atteindre. Après l’avoir placé dans un petit sachet en peau, celui ci l’attacha sous la patte qui boucle la bretelle du côté gauche. (source : atlantico)



    Le mystère de la mort de Jeanne d’Arc

    par Maurice GARÇON

    Les grandes énigmes historiques ont toujours passionné les chercheurs. Quelques-unes, en dépit de travaux laborieux, demeurent insolubles et laissent, en conséquence, libre cours au jeu des hypothèses. D’autres ont été résolues si complètement que le débat devrait être clos. Pourtant, il faut observer que, dans l’un et l’autre cas, les discussions continuent. Chacun s’entête, se fâche et devient facilement discourtois. Ce qui ne devrait être que controverse civile dégénère en diatribe. On oublie trop que l’historien perd la plus grande partie de son autorité lorsque, sortant de la seule critique des textes, il se fait pamphlétaire.

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    Il a paru récemment un ouvrage destiné à démontrer que Jeanne d’Arc n’est point morte sur le bûcher et qu’elle a survécu longtemps après son procès. Le livre est écrit sur un ton si combatif que dès le premier chapitre, le lecteur est prévenu que, s’il est disposé à formuler des objections, il va lui être livré bataille. Il est un peu pénible d’apprendre ainsi que si l’on continue à admettre – selon une doctrine cependant assez orthodoxe – que Jeanne d’Arc a été brûlée à Rouen, on méritera l’étiquette de Français moyen, ce qui n’est assurément pas un compliment dans l’esprit de l’auteur. Pour l’auteur, croire que Jeanne d’Arc est montée sur le bûcher, c’est faire un acte de foi et accepter un postulat si inconsistant qu’on ne peut opposer pour le défendre que des négations sans soutien, accompagnées de haussements d’épaules dédaigneux.

    Il nous semble que la méthode de l’histoire demande plus de sang-froid. C’est par des documents nouveaux qu’il convient d’étayer une thèse nouvelle destinée à bouleverser les données acquises. Pour notre part, nous ne répondrons jamais par un haussement d’épaules aux efforts d’un érudit, dût-il bousculer tout ce que nous pensions être la vérité jusqu’à la publication de ses travaux.

    Le film en entierÀ propos de la mort de Jeanne d’Arc un problème s’est en effet posé. Il mériterait de piquer encore la curiosité s’il n’était résolu depuis longtemps. Nous avions l’espoir, en lisant le préambule de l’ouvrage que nous venons d’étudier, que quelque pièce nouvelle permettrait de rouvrir un débat clos. Hélas ! les documents présentés comme devant faire office de bombe sont éventés. Ils ont déjà été vingt fois utilisés. Nous avons regretté seulement que l’omission de quelques pièces, pourtant essentielles, ne permette pas au lecteur de se faire une opinion complète, ce qui est bien nécessaire si l’on veut être impartial. Il ne s’agit en effet que de la répétition sans aucune originalité d’une démonstration qui avait déjà été vainement tentée au XVIIe et au XVIIIe siècle et qui est reprise, comme rituellement. Un des derniers qui avaient voulu la rappeler était Gaston Save, en 1893. Tout a été dit sur cette affaire. Il ne faut donc pas s’étonner que quelques historiens refusent aujourd’hui de perdre leur temps à réfuter une hypothèse dont ils ont depuis très longtemps mesuré le néant.

    Certes, au premier abord, le problème a mérité, lorsqu’il fut posé, d’exciter l’imagination. Voyons les faits :

    Jeanne d’Arc a été suppliciée le 30 mai 1431. Or, dans les registres contenant les comptes de la forteresse d’Orléans pour l’année 1436, c’est-à-dire cinq ans plus tard, on peut lire que le 9 août, on a donné deux réaux d’or à un certain Fleur de Lys, héraut d’armes, en récompense de lettres qu’il avait apportées à la ville de la part de Jeanne la Pucelle. Le 21 août, le frère de Jeanne d’Arc revenant de voir le roi et retournant auprès de sa sœur, reçut un viatique. Le 25 août, un messager, que Jeanne envoyait à Blois porteur de lettres, reçut encore quelque argent et, fin juillet, Fleur de Lys alla, aux frais de la ville, voir la Pucelle à Arlon en Luxembourg. Il en rapporta des lettres, ne fit que traverser Orléans, gagna Loches où il remit ses plis au roi et revint à Orléans le 11 septembre. On lui paya à boire parce qu’il disait avoir grand soif.

    Ce document dont l’authenticité n’est pas douteuse est évidemment de nature à causer une grande surprise. Un second passage des mêmes livres de comptes est encore plus extraordinaire.

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    Le 28 juillet 1439, c’est-à-dire trois ans plus tard, et huit ans après sa mort officielle, la Pucelle vint en personne à Orléans. Elle y fut reçue comme étant Jeanne d’Arc et fort bien traitée, du 28 juillet au 1er août. Elle portait toutefois le nom de Jehanne des Armoises.

    Dans l’esprit du comptable son identité avec la Pucelle n’était pas douteuse puisqu’il a noté la remise d’une somme importante « pour le bien qu’elle a fait à la dicte ville durant le siège ». On peut se demander toutefois si la dame des Armoises n’eut pas l’impression qu’il fallait disparaître un peu vite, car le même comptable note que tandis qu’elle soupait chez deux notables, Jehan Luillier et Thevanon de Bourges, on lui apporta du vin qu’il « cuidait présenter à la dicte Jeanne, laquelle se parti plus tost que ledit vin fut venu ».

    Tout repose sur ces deux pièces. Les autres sont secondaires. Il n’est pas douteux qu’à Orléans on a reçu ou cru recevoir, en 1436, des lettres de la Pucelle prétendument brûlée depuis cinq ans. Il n’est pas douteux non plus que ces lettres étaient authentifiées par le propre frère de Jeanne d’Arc. Il n’est pas douteux enfin qu’en 1439 Jeanne se présenta en personne à Orléans et y fut accueillie sous le nom de dame des Armoises.

    Voilà le mystère.

    Faut-il s’étonner qu’on ait pu admettre la survie de l’héroïne même après un procès et une exécution qui avaient fait grand bruit ? Ce serait mal connaître une superstition traditionnelle. La crédulité populaire accepte mal la mort des héros et crée très souvent une légende de survie dès le jour même de leur mort. Est-il nécessaire de rappeler le nombre de ceux au sujet desquels courut le bruit persistant qu’ils reparaîtraient bien que leur décès eût été constaté, et le nombre d’imposteurs qui ont profité de cette croyance pour tenter de se poser en revenants et quelquefois réussir.

    Ainsi passèrent dans l’histoire les faux Smerdis, les faux Warwick, les faux Dimitri, les faux Sébastien, roi de Portugal. Longtemps on crut à la survie de Frédéric Barberousse. En 1830 encore, beaucoup de gens ne croyaient pas à la mort de Napoléon, et longtemps après 1945 beaucoup de gens ont cru Hitler réfugié dans quelque ranch d’Amérique.

    Pour revenir à notre sujet, constatons seulement que pour la mort de Jeanne d’Arc nombreux sont les textes qui, dès le XVe siècle, portent le reflet d’un doute, qu’en 1436 une femme se révéla comme la Pucelle et qu’en 1439 elle vint à Orléans en portant le nom de dame des Armoises.

    Si l’on recherche qui est cette dame des Armoises on trouve sa première apparition dans une chronique dite du doyen du Saint-Thibaud de Metz. Il y est dit que le 20 mai 1436 la Pucelle Jehanne se présenta à la Grange aux Ormes, près de Saint-Privat. Elle ne dit pas d’où elle venait, mais elle rencontra les gentilshommes du voisinage par qui elle se fit reconnaître. Ses frères appelés à la voir la reconnurent aussi. Elle était prudente dans ses propos, « parloit le plus de ses paroles par paraboles et ne disait ne fuer ne ans de ses intentions », ce qui veut dire qu’elle ne disait ni le dehors ni le dedans de ses projets. On l’équipa et on la conduisit pour la Pentecôte à Mareville, puis en pèlerinage à Notre-Dame de Liesse, puis à Metz et enfin à Arlon où elle fut accueillie par la duchesse de Luxembourg.

    C’est par une confusion bien fâcheuse qu’on a rapproché cette duchesse de la dame de Luxembourg qui connut Jeanne d’Arc au début de sa captivité. La duchesse de Luxembourg est Élisabeth, fille de Jean de Luxembourg, duc de Görlitz, nièce par alliance du duc de Bourgogne et maîtresse effective du duché, alors que la dame de Luxembourg qui montra de la compassion pour la prisonnière du château de Beaurevoir était Jeanne de Luxembourg, qui mourut célibataire en 1430. Elle avait deux neveux dont l’un maria sa fille au duc de Bedford et dont l’autre, Jean, sire de Beaurevoir, tint Jeanne captive. C’est par ce neveu que la dame de Luxembourg avait pu approcher la prisonnière. Il est donc contraire à la vérité de dire que la reconnaissance de la dame des Armoises par la duchesse de Luxembourg a une importance parce que cette dernière l’aurait connue antérieurement. Il s’agit de deux personnes différentes qui, peut-être, ne se sont pas connues et dont l’une était morte depuis six ans lorsqu’eut lieu la reconnaissance par l’autre.

    Lorsque ces documents furent découverts, leur examen causa une grosse émotion. Qu’on ne croie pas qu’il s’agit d’une nouveauté. Ils ont paru pour la première fois en novembre 1683 dans Le Mercure galant. La première phrase du doyen de Saint-Thibaud parut décisive : « Icelle année le XXe jour de mai vint la Pucelle Jehanne qui avait été en France. »

    On fait grand état de ce texte. On oublie de dire qu’il a perdu toute valeur depuis qu’on a retrouvé un second manuscrit de la même Chronique. Le doyen de Saint-Thibaud, qui avait d’abord été dupé comme tout le monde, modifia sa phrase et écrivit : « En cette année vint une jeune fille, laquelle se disait la Pucelle de France, et jouant tellement son personnage que plusieurs en furent abusés, et par especial tous les plus grands. »

    Il n’y a donc rien à tirer de la Chronique.

    Observons encore que la critique de tous ces textes qu’on nous présente aujourd’hui comme des nouveautés a été faite pour la première fois au XVIIe siècle par Symphorien Guyon, prêtre de l’Oratoire.

    Si l’on ne sait pas d’où venait le personnage qui s’était d’abord présenté sous le nom de Claude, on la suit assez bien à la piste à partir de 1436. Bien reçue par Élisabeth de Görlitz, la prétendue Pucelle fut emmenée par le Comte de Wurtemberg à Cologne. Elle portait un harnois guerrier et se mêla aussitôt de politique. Si elle se montrait assez réservée sur la manière dont elle avait échappé au bûcher, elle était plus prolixe sur ses hauts faits d’armes universellement connus, et comme deux évêques se disputaient le siège épiscopal de Trêves, elle prit résolument parti pour l’un d’eux. Comme Jeanne d’Arc avait agi pour Charles VII en l’amenant se faire sacrer à Reims, elle résolut de faire introniser son évêque. Mais une pareille attitude éveilla justement l’attention des autorités, et l’inquisiteur Henry Kaltyser la cita devant son tribunal et voulut la faire arrêter. Tous ces faits sont rapportés avec les griefs formulés dans le Fornicarium de Jean Nider, célèbre dominicain contemporain puisqu’il mourut en 1440. Il est fâcheux qu’on n’y fasse pas allusion.

    La fille échappa de justesse et revint à Arlon, où elle épousa peu après Robert des Armoises. On fait état d’un prétendu contrat de mariage que personne n’a jamais vu et dont il n’est parlé que dans Le Mercure galant de 1683. Il n’en est fait mention que par le P. Vignier, professionnel de la supercherie littéraire. Il reproduit également un acte de vente passé par Robert des Armoises et sa femme dite Jehanne de Lys, la pucelle de France, mais on oublie de dire, en extrayant cette pièce de l’histoire de Lorraine de Dom Calmet, que celui-ci a inscrit en note : « C’est la pucelle d’Orléans ou plutôt une aventurière qui prit son nom et épousa le seigneur Robert des Armoises. »

    Son ambition était d’atteindre Charles VII. Elle avait trouvé un appui dans les frères de Jeanne d’Arc et cet appui était le seul point un peu énigmatique de l’affaire. Furent-ils dupes ou complices ? Nous serions tentés de les croire complices, car il est difficile d’admettre qu’ils aient commis une erreur sur la personne. La vérité semble être que leur sœur ayant été pour eux avant tout une bonne affaire, ils furent tentés de voir renaître l’aventure.

    Notre opinion est d’autant plus raisonnable qu’un fait très similaire lui donne crédit. Seize ans plus tard, en 1452, une autre aventurière se fit passer pour Jeanne d’Arc et se fit reconnaître par deux cousins de Jeanne. Le curé de Sermaize appelé à témoigner au cours d’une enquête en 1476, dit qu’ils furent d’autant plus dociles que, grâce à leur complaisance, ils firent pendant le séjour de la fille « une très grande et joyeuse chère ». Si l’on songe que pour apporter à Orléans une lettre de sa prétendue sœur, le frère de Jeanne d’Arc se fit donner par la ville d’Orléans douze livres tournois et qu’il a suffi de quelques ripailles pour en faire reconnaître une autre par les cousins, on devient un peu sceptique. Anatole France, plus indulgent que nous, a conclu : « Ils crurent que c’était vrai parce qu’ils avaient envie que ce le fût. »

    La dame des Armoises, ne recevant pas de réponse de Charles VII, partit pour l’Italie. On perd un peu sa trace, mais il résulte d’une confession qu’elle fit plus tard, qu’elle aurait été offrir ses services au pape. De ce qu’elle fit pendant trois ans, on ne sait rien de certain. Elle reparut à Orléans en juillet 1439. Il faut croire que dans cette ville on n’était pas bien certain de sa survie puisque, en dépit des lettres qu’elle avait envoyées en 1436, on trouve dans les registres de la ville le paiement en mai 1439 des messes dites pour le repos de son âme.

    Trois mois plus tard, elle se présentait elle-même avec une tranquille audace. Il faut reconnaître qu’elle fut bien reçue. Qui l’accueillit ? Nous ne le savons pas. On insinue qu’elle rencontra celui qui avait été son hôte pendant le siège. C’est une pure supposition. De même, on prétend que sa mère Isabelle Romée, habitait la ville. Rien ne lui permet de le dire car la première mention que nous possédions de la présence de la mère de Jeanne d’Arc à Orléans est du 7 juillet 1440, soit un an plus tard.

        

    Ce qu’il faut noter, c’est que ses prétendus frères ne l’accompagnaient pas et ne paraissent plus être mêlés à ses affaires. On n’entendra plus parler d’eux à son sujet.

    Sans donc chercher outre ce qui est certain, disons seulement qu’il est déjà bien extraordinaire que la dame des Armoises ait été reconnue pour la Pucelle. C’est là le seul point qui mériterait d’être étudié, mais il est d’ordre psychologique beaucoup plus qu’historique. La libération de la ville remontait à dix ans et beaucoup de gens qui avaient vu la véritable Jeanne devaient vivre encore. Comment une crédulité collective – qui n’est d’ailleurs pas sans précédent – permit-elle à l’usurpatrice de se faire reconnaître, voilà un beau sujet d’étude pour les psychologues. Qu’on ne dise pas que cette observation est une défaite et provient du désir d’éluder une discussion. C’est parce que la fraude est démontrée par des documents non contestables qu’il ne reste plus qu’à avoir recours aux psychologues pour l’expliquer.

    En effet, la dame des Armoises ayant dû quitter Orléans un peu vite au début d’août, avant même la fin du repas qui lui était offert, erra quelque temps. On la retrouve à Tours, d’où elle envoya une lettre au roi par un messager dont les frais de voyage furent réglés par la municipalité. Elle ne reçut pas de réponse, disparut quelques mois et réapparut à Paris, où elle tenta de recommencer le coup qui lui avait réussi à Orléans.

    Dans le Journal d’un Bourgeois de Paris, en août 1440, il est dit : « En cestui temps en admenèrent une prétendue (pucelle) laquelle fut à Orléans très honorablement reçue. » Ces derniers mots ne permettent pas de douter qu’il s’agit bien de la dame des Armoises. Comme l’opinion commençait à s’émouvoir, l’Université et le Parlement la firent appréhender et conduire à la Cour où elle fut assez rudement interrogée devant le public sur la pierre de marbre. Le résultat fut désastreux. L’aventurière reconnut son imposture, son mariage, la naissance de deux enfants. Démasquée et donc désormais inoffensive, on l’envoya se faire pendre ailleurs.

    Sur la suite de ses aventures on est assez mal renseigné. Il n’est pas impossible qu’elle soit la même qu’une fausse Jeanne d’Arc qui parvint à obtenir une audience de Charles VII et qui dut reconnaître son imposture. Un érudit, M. Lecoy de la Marche, a découvert enfin un document précieux qui paraît clore l’histoire. En 1457, le roi René accorda des lettres de rémission à une aventurière arrêtée à Saumur pour diverses escroqueries. Elle était à cette époque veuve de Robert des Armoises et remariée à Jean Douillet, obscur Angevin. Il est dit dans cette pièce : « qu’elle s’était fait longtemps appeler Jehanne la Pucelle en abusant ou en faisant abuser plusieurs personnes qui autrefois avaient vu la Pucelle qui fut à lever le siège d’Orléans contre les anciens ennemis du royaum ». On n’a pas le droit d’ignorer ce texte.

    Voilà toute l’histoire telle qu’elle est connue depuis fort longtemps. Le sujet est épuisé et ne méritait d’être repris que si l’on voulait faire le tableau d’une mystification.

    L’auteur du livre dont nous parlons a cependant tenté d’apporter un élément nouveau en cherchant à faire la preuve de l’évasion de Jeanne d’Arc et d’une substitution de personne au moment du supplice. Nous ne pouvons le suivre, car la démonstration repose sur un contresens.

    Il imagine en effet que Jeanne d’Arc s’est enfuie par un souterrain qui, partant de la prison de Rouen, aboutissait sous la maison habitée par le duc de Bedford. Pour justifier cette solution romanesque, il cite un texte extrait du procès de réhabilitation : « Et quod dux Bedforiae erat in quodam loco secreto ubi videbat eamden Johannam visitari. » Il en tire que « sans bâtir de roman et sans travestir les faits le souterrain allait de la geôle à l’habitation du régent ».

    On demeure confondu. Loco secreto n’a jamais voulu dire un souterrain, ubi est un adverbe de lieu exclusif de mouvement qui n’a le sens ni de quo ni de unde, videbat n’est pas solebat et visitari est un infinitif passif. Pour traduire convenablement la phrase il faut dire : « Le duc de Bedford avait une cachette d’où il pouvait voir Jeanne recevoir des visites. » Nous voilà loin du sens cherché !

    Pour la substitution, il est vrai qu’il n’existe pas dans le dossier de procès-verbal d’exécution, mais il faut ajouter qu’à cette époque il n’en était jamais dressé. Touchant l’exécution elle-même, la démonstration ne supporte pas l’examen. Il est absolument sans fondement de dire qu’on mit à Jeanne une mitre en papier trop grande afin de lui masquer le visage et de pouvoir substituer une autre patiente, dont on ne cherche d’ailleurs même pas qui elle pouvait bien être ni où on serait allé la chercher. On joue pour le démontrer sur le mot « embronché » qui sert à dire comment était posée la mitre. Embroncher a deux sens. Il signifie d’une part voiler, et, d’autre part, pencher. Si l’on se reporte à toutes les reproductions – elles sont nombreuses – faites à l’époque pour représenter tant en France qu’à l’étranger les exécutions d’hérétiques, on peut voir qu’en signe de dérision la mitre était posée de travers. C’est ce qu’on fit pour Jeanne. Le participe embronché appliqué à un chapeau n’a jamais eu d’autre sens que mis de travers. Sur ce qu’étaient alors ces mitres nous renverrons à l’Intermédiaire1931-533.

    Enfin, la substitution paraît impossible en vertu de deux textes qui liquident la question.

    Le premier est de Jean Riquier, curé d’Hendicourt et prêtre de Rouen, qui fut témoin du supplice : « Et dum fuerit mortua, quia Anglici dubitabant ne diceretur quod evasisset, dixerunt tortori quod modicum retrocederet ignem, ut adstantes possent eam videre mortuam, ne diceretur quod evasisset. » Et quand elle fut morte, comme les Anglais craignaient qu’on ne dise qu’elle s’était évadée, ils ordonnèrent au bourreau d’écarter un peu le feu pour que les assistants puissent la voir morte et qu’on ne pût dire qu’elle s’était évadée.

    Le second se trouve dans le Journal d’un Bourgeois de Paris à l’année 1431. « Et là fut bientôt estainte (atteinte) et sa robe toute arse, et puis fut le feu tiré arière et fut vue de tout le peuple toute nue et tous les secrets qui pevent estre ou doyvent estre en femme, pour oster les doutes du peuple. Et quand ils orent assez et à leur gré veue toute morte liée à l’estache, le bourel remist le feu grant sur sa pouvre charogne qui tantost fut toute comburée, et os et char mis en cendre. »

    La concordance de ces deux textes contemporains qui attestent la reconnaissance publique clôt la légende de la substitution.

    Pourtant on ne s’arrête pas là. On reprend, pour expliquer les ménagements qu’on aurait eus pour Jeanne d’Arc en la faisant évader, une vieille histoire dont on aurait pu espérer qu’elle ne renaîtrait plus. Il ne s’agit de rien de moins que démontrer que Jeanne d’Arc était en réalité une fille adultérine d’Isabeau de Bavière et du duc d’Orléans et par conséquent bâtarde d’Orléans.

    Cette hypothèse avait été exposée avec beaucoup d’ingéniosité pour la dernière fois par Jacoby en 1933. Mais Jacoby lui-même n’avait pas le mérite de l’originalité. Cette grande découverte avait été révélée pour la première fois en 1805 par un certain Pierre Caze, sous-préfet de Bergerac, dans desObservations qui accompagnaient une tragédie de sa fabrique parue à Libourne. Il fut si content de son idée qu’il la reprit en 1819 et publia deux volumes sous le titre : La Vérité sur Jeanne d’Arc ou éclaircissement sur son origine. La démonstration n’a pas fait beaucoup de progrès depuis cent cinquante ans. Elle se heurte à des impossibilités matérielles. La plus décisive est fournie par un rapprochement de dates. Une certaine incertitude règne sur l’âge de la Pucelle. La plus vraisemblable est qu’elle naquit en 1412, mais pour suivre les contradicteurs il faut supposer – ce à quoi nous ne nous refuserions pas – qu’elle était plus âgée. En tout état de cause, si elle était la fille du duc d’Orléans, dont le concubinage avec Isabeau n’est pas démontré mais qui est possible, elle devrait avoir été conçue avant le 23 novembre 1407, date où le prince fut assassiné. Or Isabeau de Bavière accoucha le 10 novembre 1407 d’un fils, Philippe, qui mourut rapidement. Isabeau ne pouvait être enceinte de Jeanne d’Arc treize jours plus tard, au moment de la mort de son prétendu amant.

    Contre ce fait matériel on accumule en vain d’ingénieux indices.

    La place nous manque pour reprendre un par un chaque argument. Pas un ne résiste à la critique.

    La seule question qui demeure curieuse est celle de l’étrange aveuglement des habitants de la ville d’Orléans qui la reçurent pendant cinq jours en 1439. Avec un peu d’expérience on peut cependant ne pas s’étonner d’une pareille crédulité. On pourrait citer de très nombreux exemples d’égarements identiques. Nous n’en rappellerons qu’un, parce qu’il est d’une époque voisine.

    En 1423, une femme dont on n’a jamais pu savoir si elle était une religieuse défroquée de Cologne, ou une dame d’honneur de la Cour d’Autriche, se présenta à Gand accompagnée d’une troupe de galants. Elle se prétendait Marguerite de Bourgogne, sœur de Philippe le Bon, veuve de Louis, duc de Guyenne, fils de Charles VI. Dans les propres États de son prétendu frère elle fut pendant plusieurs semaines hébergée avec sa cour, honorée et traitée en princesse sans que personne élevât de doute. Les choses allèrent si loin que lorsque le Roi voulut dessiller les yeux des Gantois, aucun ne voulut croire à l’imposture. Il fallut que Philippe, en désespoir de cause, fît comparaître sa sœur au cours d’une scène burlesque et la présentât aux incrédules pour obtenir qu’ils consentent enfin à se reconnaître dupés. (source : biblisem) 

    Maurice GARÇON, Histoires curieuses,
    Libraire Arthème Fayard, 1959

     

    La mort de Cléopâtre

    Un familier d'Octavien s'empare par ruse de Cléopâtre. Octavien consent à lui remettre le corps d'Antoine pour qu'elle lui fasse des obsèques solennelles. Elle réussit à faire croire à Octavien qu'elle reste attachée à la vie alors qu'elle a la ferme intention de mourir. Elle avait compris qu'il voulait la faire figurer dans son triomphe. Elle obtient la permission d'offrir des libations à Antoine et elle se fait porter au tombeau d'Antoine pour l'accomplissement de cette cérémonie, au cours de laquelle elle se lamente.

    Mystères et SECRETS D HISTOIRES

    Après s'être ainsi lamentée, elle couronna de fleurs et embrassa la tombe, puis elle se fit préparer un bain. Une fois baignée, elle se mit à table et prit un repas somptueux. Un homme arriva alors de la campagne, portant un panier. Comme les gardes lui demandaient ce qu'il contenait, il l'ouvrit, écarta les feuilles et leur montra qu'il était plein de figues. Les gardes admirant la beauté et la grosseur des fruits, l'homme sourit et les invita à en prendre ; ainsi mis en confiance, ils le laissèrent entrer avec ce qu'il portait. Après son déjeuner, Cléopâtre prit une tablette qu'elle avait écrite et cachetée, et l'envoya à César (=Octavien), puis, ayant fait sortir tout le monde, à l'exception de ses deux femmes dont j'ai parlé, elle ferma la porte.

    Mystères et SECRETS D HISTOIRES 

    Quand César eut décacheté la tablette et lu les prières et les supplications par lesquelles elle lui demandait de l'ensevelir avec Antoine, il comprit aussitôt ce qu'elle avait fait. Il songea à aller lui-même à son secours, puis il envoya en toute hâte des gens pour voir ce qui s'était passé. Le drame avait été rapide ; car, venus en courant, ils surprirent les gardes qui ne s'étaient aperçus de rien, et ouvrant la porte, ils trouvèrent Cléopâtre morte, couchée sur un lit d'or et vêtue de ses habits royaux. L'une de ses servantes, appelée Iras, expirait à ses pieds ; l'autre, Charmion, déjà chancelante et appesantie, arrangeait le diadème autour de la tête de la reine. Un des hommes lui dit avec colère :" Voilà qui est beau, Charmion !" " Très beau, fit-elle, et digne de la descendante de tant de rois." Elle n'en dit pas davantage et tomba sur place, près du lit.
    L'aspic, dit-on, fut apporté à Cléopâtre avec ces figues et il avait été caché sous les feuilles, car elle l'avait ainsi ordonné, afin que l'animal l'attaquât sans même qu'elle le sût ; mais, en enlevant des figues, elle le vit et dit : "Le voilà donc ", puis elle dénuda son bras et l'offrit à la morsure.

    D'autres prétendent qu'elle gardait cet aspic enfermé dans un vase et que, Cléopâtre le provoquant et l'excitant avec un fuseau d'or, il bondit et s'attacha à son bras. Mais personne ne sait la vérité, car on a dit aussi qu'elle portait toujours du poison dans une épingle à cheveux creuse et qu'elle cachait cette épingle dans sa chevelure. Cependant aucune tache ni aucune autre marque de poison n'apparut sur son corps. On ne vit pas non plus de serpent à l'intérieur, mais on disait en avoir observé des traces le long de la mer, du côté où donnait sa chambre et où il y avait des fenêtres. Certains affirment que l'on aperçut sur le bras de Cléopâtre deux piqûres légères et peu distinctes, et c'est à ce rapport, semble-t-il, que César ajouta foi, car à son triomphe on porta une statue de Cléopâtre elle-même avec l'aspic attaché à son bras. Voilà donc ce que l'on raconte.
    César, tout fâché qu'il était de la mort de cette femme, admira sa grandeur d'âme, et la fit ensevelir avec une magnificence royale auprès d'Antoine. Il fit faire aussi à ses suivantes des obsèques honorables.

    Plutarque, Vie d'Antoine, 85-86, 1-7

     (source : antiquite.ac)

     

    L'énigme de Louis XVII relancée par l'ADN

    Louis XVII a la prison du temple vers 1792-1795, allongé dans sa cellule de la prison du Temple ou il est enferme depuis le 13 aout 1792. 

    Les résultats d'une nouvelle analyse accréditeraient l'hypothèse que le fils de Marie-Antoinette et de Louis XVI ne serait pas mort en 1795 à la prison du Temple, mais cinquante ans plus tard en Hollande. 

    Grâce à l'ADN, l'un des plus grands mystères de l'Histoire, l'un des plus polémiques aussi, est peut-être en train de s'éclaircir. Le mythe de Karl-Wilhelm Naundorff, mort en Hollande en 1845, qui prétendait être Louis XVII, le fils de Marie-Antoinette et de Louis XVI emprisonné à l'âge de 7 ans au Temple et décédé officiellement en 1795, est relancé par une nouvelle révélation.

    Alors que des études ADN commandées par les Bourbons il y a une quinzaine d'années - pour en finir avec ce fantasme historique et cet «imposteur» - avaient «définitivement» attesté que Naundorff n'était pas Louis XVII, de nouvelles analyses démontreraient que son descendant direct est bien un Bourbon.

    Cette découverte inédite revient au Pr Gérard Lucotte, généticien et anthropologue, et à l'historien Bruno Roy-Henry, à l'initiative de cette enquête dans les profondeurs moléculaires. C'est le descendant mâle de la branche aînée de Naundorff, un libraire de 40 ans vivant en France, qui a soumis ses gènes au microscope du Pr Lucotte. Il s'agit d'Hugues de Bourbon - la lignée des Naundorff porte le nom des Bourbons par «une courtoisie de la cour de Hollande», explique un historien, légalisée par plusieurs jugements de la justice française mais toujours très contestée par les Bourbons. Il est le fils de Charles Louis Edmond de Bourbon, descendant très médiatique de Naundorff, décédé en 2008, que beaucoup de gens appelaient «Monseigneur» en soulignant sa ressemblance criante avec Henri IV.

    Hugues de Bourbon, descendant de Naundorff, «fait partie de la famille».

    Le professeur Lucotte, généticien et anthropologue

    Les prélèvements sur le jeune Hugues ont eu lieu à La Rochelle, il y a deux ans. L'étude a porté sur les marqueurs du chromosome Y (spécifique de la lignée mas­culine). Au contraire de la précédente, il y a 15 ans, qui portait sur l'ADN mitochondrial (spécifique de la lignée féminine), prélevé sur Anne de Roumanie, descendante de Marie-Antoinette par la branche Habsbourg, et avait été comparé à l'ADN contenu dans un os de Naundorff. Ces ­recherches, conduites par le Pr Cassiman, avaient alors exclu toute parenté maternelle Habsbourg. Cette fois, l'analyse du chromosome Y du descendant Naundorff a été comparée avec l'haplotype des Bourbons grâce à «un profil du chromosome Y» de la maison royale établi en octobre dernier par le Pr Cassiman. Résultat: «On retrouve chez lui l'essentiel des marqueurs du chromosome Y des Bourbons, il fait partie de la famille», conclut le Pr Lucotte. Publiés dans la revue scientifique International Journal of Sciences, ces résultats seront présentés samedi par le généticien devant le Cercle d'études Louis XVII.

    Mystères et SECRETS D HISTOIRES

    Outre la vérité historique, les enjeux et passions sont de taille, compte tenu des intérêts patrimoniaux et de la prétention symbolique au trône de France. Selon son entourage, Hugues n'aurait toutefois «pas du tout les revendications» de son défunt père qui prétendait au trône de France en cas de retour de la monarchie.

    Que le jeune Naundorff soit un Bourbon n'établit pas pour autant que «l'enfant du Temple» a survécu et qu'il est le fruit de sa descendance. Enfin pas encore. Cette découverte de Lucotte et Roy-Henry n'est que la première étape d'une série de travaux à venir. Pour savoir si Naundorff était bien Louis XVII, il faudrait établir son ADN complet. Or, il y a quatre mois, des cheveux de Naundorff ont été ré­cupérés par des scientifiques. Qui chercheront à prouver que l'ADN mitochondrial Habsbourg - démenti il y a quinze ans - est bel et bien dans ses cheveux. Ces scientifiques remettent en cause la qualité et l'authenticité des prélèvements d'os sur Naundorff, lors de ces tests anciens, car le cercueil avait été ouvert en 1950 lors de la restauration du tombeau.

    (source : lefigaro)

     

    Mata Hari, espionne ou victime ? 

    Mystères et SECRETS D HISTOIRES

    En octobre 1917, la danseuse exotique Mata Hari est exécutée à la Forteresse de Vincennes. Inculpée d’espionnage à la solde des allemands par le tribunal militaire français,  elle fait un dernier baroud d’honneur à ses bourreaux en refusant de porter un bandeau sur les yeux. Le peloton d’exécution fait feu et Mata Hari quitte le monde des vivants en effectuant une dernière danse.

    Pourtant de nombreuses voix s’élèvent contre cette exécution et voient dans la mort de Mata Hari une preuve supplémentaire d’une justice à deux vitesses et partiale. Les preuves fournies sont très minces et il semble qu’elle fut plus un bouc émissaire pour éliminer les tensions internes dans l’armée française qu’une espionne à la solde des allemands. Alors qu’en est-il ? Véritable espionne ou victime d’un système militaire à la déroute ?

    Qui est Mata Hari ?

    Mata Hari, de son vrai nom Margaretha Gertruida Zelle, est née en 1876 dans la petite ville hollandaise de Leuwarden. Son père, qui est chapelier, lui permet de grandir dans un cadre assez bourgeois. Elle part régulièrement au bord de la mer dans une station balnéaire reconnue et fréquentée par des militaires en permission. C’est par ce biais qu’elle va vite nourrir une attirance pour les hommes en uniforme. Malheureusement son père fait faillite quelques années plus tard et elle est envoyée dans une famille d’accueil à La Haye. En 1895, elle rencontre Rudolf Mc.Leod, un officier hollandais des Indes Orientales, d’origine écossaise. Mc. Leod cherche à se marier et tombe sous le charme de Margaretha, via des petites annonces. Quatre mois plus tard, ils se marient et partent vivre à Java, où elle donnera naissance à deux enfants.

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    Dans ce climat exotique, Margaretha est fascinée par les danses pratiquées par les femmes de Java. Elles font ressurgir un charme érotique qui lui manque et éveille en elle toutes sortes de pulsions, qui auront raison de son mariage. Lorsque sa fille meurt d’une intoxication alimentaire, elle décide de quitter Java et divorce de son mari pour se rendre à Paris. Faute d’argent, elle perdra la garde de son dernier enfant.

    Dans la capitale française, elle se réinvente une identité et commence à fréquenter les femmes libérées que l’on appelle les Grandes Horizontales. Ces femmes qui tentent de se positionner dans la hiérarchie économique et politique en fréquentant des hommes riches et célèbres. Margaretha va mettre au point des numéros de danses orientales à la sauce occidentale, inventant du même coup ce que l’on appellera plus tard le Strip Tease. Avec l’appui de journalistes acquis à sa cause, elle optera pour le nom de scène de Lady Mc. Leod, avant de s’affubler du mystérieux nom de Mata Hari (œil du jour en malais). C’est une réussite totale, et le tout Paris accourt voir les spectacles de celle que l’on appelle maintenant Mata Hari. Les grands noms de la musique l’encense, tel que Puccini, et les amants se succèdent. En 1910, elle devient la danseuse la mieux payée de la scène européenne.

    Mais cette réussite et cette omniprésence excitent autant qu’elles dérangent. Certains l’affublent déjà de titres tels que : mangeuse d’homme ou vampirique. Elle n’hésite d’ailleurs pas à dire qu’elle préfère un officier pauvre à un banquier riche. Et malheureusement, c’est ce genre de propos qui la perdra.

    La lente descente aux enfers

    En 1914 alors que la guerre éclate, Mata Hari se trouve à Berlin, une ville par ailleurs qu’elle déteste. Elle rencontre un aviateur et officier allemand, avec qui elle a une aventure. Malheureusement avec la déclaration de guerre des allemands aux français, il lui est impossible de retourner en France. Elle décide donc se rendre dans sa Hollande natale, qui est un pays neutre. Mais elle s’ennuie et n’arrive pas à se défaire de ses pulsions. Elle décide de tenter un retour en France en passant par l’Angleterre en 1915. Malheureusement sa notoriété la rattrape. et elle se fera entendre par les agents de Scotland Yard en passant sur le sol britannique. Ses allées et venues entre pays belligérants éveillent les soupçons de l’agence britannique. Pourtant, ils ne trouveront rien à lui reprocher.

    De retour à Paris, elle se rendra vite compte que de nombreuses danseuses ont repris sa marque de fabrique. Elle ne fait plus recette, sa silhouette s’est épaissie et la quarantaine approchant, elle n’arrive pas à rivaliser avec les jeunettes qui enflamment les cabarets et les salles de spectacles parisiennes. Néanmoins, elle remet au goût du jour, certaines de ses danses en les intégrant subtilement dans des ballets. Sa grâce fait le reste et sa popularité remonte.

    Mais la guerre s’enlise. Ce qui devait être une guerre éclaire devient une guerre de tranchées. Les pertes augmentent inexorablement et le spectre de l’espionnite est omniprésent dans les services du contre espionnage français. En 1916, elle s’amourache d’un soldat russe du nom de Maslov, qui se fait soigner à Vittel, et elle éveille les soupçons de Georges Ladoux, un des hauts responsables du contre espionnage, qui la fait suivre. Pour lui, Mata Hari est certainement un exemple frappant de ce qui pourrait être un agent double, grâce à sa notoriété et ses allées et venues dans plusieurs pays. De plus, il avoue ne pas être en odeur de sainteté avec ce genre de femme. Pourtant il ne trouvera rien à lui reprocher non plus. Afin de ne pas perdre la face, il va lui proposer un marché. Il sait pertinemment qu’elle aime les officiers et va lui offrir la coquette somme d’un million de francs pour tenter de séduire des hauts dignitaires allemands stationnés en Belgique, dans le but de leurs soutirer des informations. En contre partie, Mata Hari, qui peine à joindre les deux bouts avec ses dépenses exorbitantes et qui veut s’occuper de son soldat meurtri, ne se laisse pas prier et accepte. 

    Mystères et SECRETS D HISTOIRES

    Cette même année alors qu’elle part en Angleterre, elle se fait intercepter à Falmouth par un agent de Scotland Yard, qui la soupçonne d’espionnage. Elle indique qu’elle travaille pour le gouvernement français et que Ladoux se portera garant d’elle-même. Mais ce même Ladoux nie avoir eu des contacts avec Mata Hari et propose aux anglais de l’envoyer à Madrid, non seulement pour le compte des deux nations, mais également pour tenter de démontrer qu’elle a bien des liens avec les allemands. L’Espagne qui ne participe pas à la guerre, puisqu’elle est elle-même en guerre civile, reçoit des armes et des munitions de l’Allemagne.

    A Madrid, Mata Hari tisse des liens avec le major Kalle, qui n’est pas dupe et qui sent bien qu’elle pourrait être un agent envoyé par les Alliés. Sa liaison ne dure pas et début 1917 elle rentre à Paris. En février de cette même année, elle est arrêtée et incarcérée dans la prison St-Lazare. Le capitaine Bouchardon s’occupe de son interrogatoire. Cet officier, qui a fait de l’espionnite son cheval de bataille mène les débats avec un horrible zèle. Il est connu pour ne rien lâcher et serait allé jusqu’à faire condamner des innocents pour calmer le moral des troupes, déchiré par des mutineries de plus en plus fréquentes. Quoi de plus jouissif que d’épingler une telle pointure à son tableau de chasse.

    Les services de contre espionnage ont intercepté des messages codés en provenance de Madrid pour Berlin et signés d’un certain H21. Bouchardon est persuadé que Mata Hari et H21 ne font qu’un. Mais elle nie avoir été l’auteur de ses messages et indique qu’elle n’a fait qu’obéir aux ordres en tentant d’obtenir des informations pour la France. Mais, face à la force de persuasion deBouchardon, Mata Hari craque et annonce qu’elle est bien H21. Cependant elle n’a jamais envoyé de message à Berlin, et elle suppose que le major Kalle a probablement découvert son identité et s’en est servi pour brouiller les pistes. Elle jure devant Dieu qu’elle a toujours servi les intérêts de la France. 

    Mystères et SECRETS D HISTOIRES

    Le Procès et la mort de Mata Hari

    En juillet 1917, Mata Hari comparait dans une ambiance lourde et électrique. L’accusation la décrit comme une femme vampirique et manipulatrice. Elle est rabaissée et accusée de tous les maux. Ladoux et Bouchardon présentent des preuves très approximatives des messages codés interceptés. En aucun cas, il s’agit des originaux. Pire encore, ils semblent avoir été manipulés. L’avocat vieillissant de Mata Hari fait défiler plusieurs officiers qui nient tous avoir soumis quelques informations que ce soit à l’accusée. Ils indiquent tous clairement qu’ils n’ont eu que des relations intimes avec elle. Malgré cela le procès ne durera que 2 petits jours et les effets de manche de Ladoux et Bouchardon auront portés leurs fruits. Les jurés déclareront Mata Hari coupable de trahison et condamnée à mort. Dans un dernier acte de désespoir, l’avocat tentera de faire commuer la peine de mort en prison à vie, évoquant faussement qu’il aurait mis enceinte l’accusée. Mais rien à faire, il fallait un bouc émissaire et il était tout trouvé. Bouchardon et Ladoux jubilent comme des gosses.

    Le 15 octobre 1917, Mata Hari est conduite à la forteresse de Vincennes, où l’attendent ses bourreaux. Dans un dernier baroud d’honneur, elle refuse le bandeau sur les yeux et s’adressent encore aux fusiliers qui la mettent en joue. Elles leur pardonnent, car ils ne savent pas ce qu’ils font et leur envoie un baiser d’adieu. Les bourreaux font feu et Mata Hari s’écroule dans une dernière danse. 

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    Victime ou véritable espionne ?

    Avec le recul, il est difficile de croire que Mata Hari était une espionne à la solde des allemands. Bien qu’elle fût recrutée par Ladoux, elle a certainement transmis quelques informations aux français, mais en aucun cas, il était dans sa nature de jouer les agents doubles. Mata Hari avait un faible pour les militaires et les officiers, et c’est probablement cette faiblesse qui a causé sa perte. Elle s’est laissée entraînée naïvement dans un jeu dangereux orchestré par Ladoux, afin de pouvoir continuer son train de vie de luxe. Elle était obnubilée par l’argent, le sexe et la notoriété, mais en aucun cas par l’envie de trahir ou de mentir. D’ailleurs aucunes preuves dignes de ce nom n’ont pu démontrer sa participation dans de l’espionnage.

    L’Espion H21 ?

    Cet espion (dont on se demande encore s’il a véritablement existé !) aurait été à la solde des allemands et basé en Espagne. Il était sensé envoyer des messages codés à Berlin sur les éventuelles manœuvres orchestrées par les français. Seulement cet espion si bien nommé n’apparaît que sur les preuves très peu crédibles de Ladoux. Certes des messages interceptés par les français depuis la tour Eiffel furent effectivement envoyés depuis Madrid à destination de l’Allemagne, mais rien ne prouve qu’ils furent effectivement signé par H21. Il semble, donc, que ce fameux espion n’était en fait qu’un piège destiné à anéantir Mata Hari et probablement orchestré par l’officier Kalle.

    La condamnation de Mata Hari

    Cette condamnation reste une des plus sombres de l’histoire judiciaire française. Avec si peu de preuves directes, comment a-t-on pu oser condamner une personne à mort ? En fait, il faut se remettre dans le contexte de l’époque. Tout d’abord, elle fut jugée avant tout par un tribunal militaire, acquis d’avance à la cause de Ladoux et Bouchardon. L’espionnite étant un fléau à éliminer, il fallait mettre un terme par quelque moyen que ce soit à cette épidémie. Ensuite, l’armée française devait faire face à un grave problème de mutinerie à l’intérieur de l’édifice. La guerre qui s’éternisait sur le front ouest et les pertes énormes avaient raison de certains officiers qui ne voulaient plus envoyer leurs hommes au casse-pipe. De nombreux gradés furent emprisonnés, dégradés, voire même exécutés. Le moral des troupes était au plus bas. Le fait de juger et condamner une personne de grande notoriété pour trahison permettait de remettre du baume au cœur et de montrer que l’armée était encore une institution solide et efficace. Autant dire que Mata Hari était déjà coupable avant de se présenter au tribunal. Son train de vie, ses déplacements incessants et son étiquette de mangeuse d’hommes en uniforme ont fait le reste. La coupable de tous les maux était toute trouvée. Ajoutons à cela le zèle de Bouchardon et de Ladoux pour la faire tomber, la suite allait de soi.

    Epilogue

    Malheureusement Mata Hari n’était certainement pas une espionne, et n’avait non plus rien à voir avec ce mystérieux H21. Elle s’est laissée entraînée malgré elle dans une spirale infernale pour satisfaire ses goûts de luxe et ses fantasmes. Sa notoriété et son comportement ont dérangé des hommes qui ont trouvé en elle la parfaite coupable. Dans le but de remettre les choses à leur place, ils n’ont cessé de la persécuter pour arriver à leur projet narcissique. Elle devait être condamnée, peu importe par quel moyen ou quelle ruse. Elle devait tomber de son piédestal.  

    En 2001, Léon Shirman, qui a épluché les archives françaises et allemandes tente de déposer une requête en révision du procès de Mata Hari au Ministre de la Justice. Etonnement la demande fut refusée. Pourquoi donc ?

    De nombreuses fictions ont été réalisées sur la vie de Mata Hari, notamment avec Greta Garbo en 1931 et Jeanne Moreau en 1964.

    Note de l’auteur

    De nombreuses et différentes versions de la biographie de Mata Hari ont été écrites. Elles varient sensiblement les unes des autres sur ses allées et venues entre la France, la Hollande, l’Allemagne, l’Espagne et l’Angleterre. Elles diffèrent également sur les nombreux amants qu’elle aurait eus. Enfin certaines dates et certains faits ne correspondent pas selon les versions. Nous avons donc recueilli ici les faits qui se regroupent le plus possible et ceux qui ont été avérés par des témoignages ou des écrits officiels.

    (source : enigmeshistoire) 

     

         

     

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