• Les Bog bodies ou les momies des tourbières

    Découvertes extraordinaires 

    Les Bog bodies ou les momies des tourbières

    Phénomène rare et très étudié en archéologie, les hommes des tourbières sont des cadavres momifiés retrouvés dans les marécages du nord de l’Europe en grand nombre dans un excellent état de conservation.

    Nombreux sont ceux qui sont fascinés par les momies égyptiennes. Pourtant, l’on s’intéresse trop peu à la momification naturelle, particulièrement à celle qui eut lieu en Europe, il y a très longtemps et également plutôt récemment. 

      

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    Cette momie date de l’Âge du Fer, rien de moins. Nommée « l’homme de Tollund » et découvert au Danemark, il est certainement l’une des momies des tourbières les plus anciennes et les mieux conservées. Il fut découvert en 2003. 

    Les Hommes des Tourbières sont des corps momifiés qui ont été naturellement conservés dans les marécages européens. On en aurait retrouvé à ce jour plus de deux-milles, les plus récents étant des soldats soviétiques de la dernière guerre. Les plus anciens, tel que l’Homme de Tollund, remontent à l’Âge de Fer. 

    LES HOMMES DES TOURBIERES

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    L’Homme de Tollund, avec sa corde autour du cou, fut probablement victime d’un sacrifice humain, tout comme bien d’autres momies. En effet, les civilisations européennes existant à l’Âge du Fer n’ont laissé derrière elle aucun écrit décrivant leurs coutumes et croyances. Pourtant, les corps retrouvés au fond des marécages ont quelques points communs : l’immense majorité d’entre eux semble avoir connu une mort violente. Les Historiens sont donc partagés entre deux hypothèses : sacrifices humains ou morts à la guerre que l’on aurait jetés au fond de la tourbe ? Il est fort probable que ces deux explications soient valables. 

    Les marais dans lesquels les momies furent retrouvées partagent également quelques particularités : ils sont tous extrêmement acides, contiennent pas ou très peu d’oxygène, le tout à basse température. Ces trois facteurs ont permis de conserver parfaitement la peau et les cheveux des cadavres, et ce bien que les os aient fondu. En effet, l’acidité du milieu dans lequel les corps ont baigné pendant parfois plus de 2300 ans a complètement fait fondre les os. En revanche, les organes sont toujours là. 

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    De nombreux corps découverts présentent des malformations corporelles, telles que des scolioses. C’est le cas de la « Fille de Yde », sortie de son marécage dès 1897 aux Pays-Bas. Supposément âgée de 16 ans, elle aurait été bossue. Ces handicaps physiques retrouvés chez plusieurs momies privilégient la thèse du sacrifice humain. 

    Les Bog bodies ou les momies des tourbières            Les Bog bodies ou les momies des tourbières

    Une reconstitution faciale de la « Fille de Yde ». Richard Neave, de l’Université de Manchester, reconstitua son visage à partir de son crâne.  

    En revanche, « l’Homme de Clonycavan », trouvé en Irlande en 2003, ne partage pas les mêmes caractéristiques. En effet, il n’a pas l’air d’être une simple victime de meurtre ou de sacrifice humain. Son corps présente des blessures semblant avoir été infligées volontairement et avec une extrême violence. 

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    Le nez brisé, le crâne fendu, et finalement éventré avant d’être jeté au fond d’une tourbière, l’Homme de Clonycavan partage les experts entre les deux thèses. Victime de guerre ou de sacrifice humain ? 

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    L’Homme de Grauballe est actuellement l’un des Homme des Tourbières les mieux conservés. Sa gorge fut tranchée d’une oreille à l’autre et il fut découvert en compagnie de bien d’autres cadavres. Sûrement tous victimes de sacrifices humains. 

    Pour conclure, personne n’est certain des raisons pour lesquelles ces êtres humains ont trouvé la mort avant ou alors qu’ils s’enfonçaient dans les tourbières. Il est possible d’admirer certaines de ces momies dans des musées où elles furent restaurées et où elles sont conservées avec le plus grand soin.  

    Anecdotes :

    - l’Homme de Gromballe est fourré avec de la paille

    - l’Homme de Tollund était si bien conservé que la police fut appelée lors de sa découverte. En effet, certains crurent qu’il s’agissait d’une victime de meurtre

    - l’acidité du milieu où ces cadavres ont été conservés a rendu leur peau noire

    Sources: nationalgeographic, environmental graffiti

    La femme de Koelbjerg

    Ces momies ont été datées pour la plus ancienne, la femme de Koelbjerg, à 3500 av. J.-C et pour la plus récente au 16ème siècle. Mais la plupart de ces momies sont généralement attribuées à la culture celtique de l’âge de fer.

    LES HOMMES DES TOURBIERES

    Reconstruction made by Prof. Dr. Richard Helmer, Bonn

    La composition chimique de la tourbe présente d’excellentes conditions pour la conservation des tissus mous et permet donc de faire des analyses très poussées et souvent très précises grâce aux différentes techniques d’investigation. Dans le cas des hommes des tourbières, l’expertise médico-légale généralement utilisée dans les investigations policières s’est révélée précieuse. La reconstruction faciale également été utilisée pour la 1ère fois. La conservation des tissus a permis de reconstruire le visage de plusieurs momies telles que la fille d'Yde exposées au musée de Drenthe à Assen ou encore l'homme de Lindow exposé au British Museum à Londres
     
    La fille d'Yde
     
    la fille d'Yde
     
    Reconstitution faciale de la fille d'Yde

    La jeune fille d'Yde est une momie des tourbières exhumée près du petit village d'Yde dans les marais de Bourtange aux Pays-Bas. Elle fut découverte le 12 mai 1897 dans un état de conservation tout à fait remarquable (particulièrement sa chevelure), mais il s'écoula deux semaines avant que le corps soit expédié aux autorités ; dans l'intervalle, il avait subi de nombreuses détériorations.

    Les tests au carbone 14 ont montré que la fille d'Yde est morte entre -54 et 128 de notre ère, à l'âge approximatif de 16 ans. Elle portait de longs cheveux blonds tirant sur le roux, mais une partie de son crâne semble avoir été rasée avant son exécution. La tomographie a permis de montrer que cette jeune fille souffrait d'une scoliose.

    Le corps était enveloppé dans une cape de laine et portait une cordelette avec un nœud coulant autour du cou, ce qui a fait conclure que la jeune fille avait été exécutée ou sacrifiée. Le corps présente également la marque d'un coup de poignard à la clavicule, qui toutefois n'a pas entraîné la mort. Comme pour la plupart des hommes des tourbières, la peau et les traits du visage ont été préservés grâce à l'acide tannique de la tourbe. Lorsque la fille d'Yde a été mise au jour, les ouvriers sectionnèrent accidentellement son corps, détruisant la cage thoracique. Le corps a été exposé pendant des décennies dans un musée sans que de nouvelles recherches interviennent avant 1992.

    Cette année-là, le professeur Richard Neave de l'université de Manchester, analysant le crâne par tomographie, détermina l'âge de la morte et data la momie. La fille d'Yde fit à nouveau parler d'elle lorsque Neave publia une reconstitution des traits de son visage, s'appuyant sur des techniques de chirurgie esthétiqueet de pathologie. Le corps et la reconstitution du visage sont aujourd'hui exposés au musée de Drenthe, à Assen.

    Le visage révélé présente des diformités : des petits éléments constitutifs (yeux, bouche etc), des yeux assez écartés et un front très haut et très droit. Une courbure de la colonne vertébrale a aussi été révélée par scannographie. Les archéologues ont émis l'hypothèse de son infirmité comme cause de son sacrifice, car considérée alors comme « défavorisée des Dieux ». (source : wikipedia)  

    L'homme de Lindow 

    l'homme de Lindow
     

    L'Homme de Lindow est une momie préservée dans une tourbière naturelle, découverte le 1er août 1984 dans la tourbière de Lindow Moss (Wilmslow), dans leCheshire par des exploitants de tourbe. La presse locale surnomma à l'époque le corps « Pete Marsh » (avec un jeu de mots sur peat marsh, « tourbière » en anglais). Le corps a été lyophilisé pour sa conservation et est exposé en 2010 dans la galerie 50 du British Museum. La pièce où il est conservé est la mieuxthermostatée du musée, car sa fragilité est telle que même au cours des travaux, il a été jugé plus sage de le laisser en place dans un sarcophage plutôt que de risquer de le déplacer.

    Données archéologiques

    La datation au carbone 14 de l'Homme de Lindow a permis de situer la date de sa mort entre -2 et 119 de notre ère. Il avait environ 25 ans, mesurait 1,68 m et pesait entre 60 et 65 kg. Ce qui est remarquable chez cet homme des tourbières est l'acharnement avec lequel il a été mis à mort : on considère que son exécution a commencé par les trois coups portés à la tête que l'on a relevés sur le crâne, suivis d'une incision à la gorge. Enfin, on a trouvé autour de son cou une cordelette fortement serrée. Le cadavre a été retrouvé le visage replié sur le buste dans une tourbière de Lindow Moss. Ces caractéristiques, notamment le triple mode d'exécution, évoquent un « meurtre rituel » dans la mesure où les triades sont des attributs de la religion celtique. Quant à savoir s'il s'agissait d'un sacrifice humain, d'une exécution ou des deux à la fois, les spécialistes sont partagés : comme les récits de sacrifices humains chez les Celtes sont le fait d'historiens étrangers à cette culture, les détails qu'on y trouve sont a priori suspects.

    L'Homme de Lindow a été découvert le 1er août 1984 par deux hommes qui travaillaient à la déchiqueteuse à l'extraction de tourbe pour leur entreprise, dans le comté de Cheshire. Andy Mould et Stephan Dooley écartaient de la fosse des grosses pierres ou les branches de bois enfouis sous la tourbe, comme susceptibles de détériorer leur machine, quand ils mirent au jour ce qui semblait être un ballon de football crevé. Mais lorsqu'ils dégagèrent l'objet de sa gangue de tourbe, ils reconnurent les traits non équivoques d'un visage humain et contactèrent la police du comté. Au premier examen, quelques cheveux tenaient encore au cuir chevelu et le globe de l'œil gauche était intact ; des parties de l'encéphale étaient encore visibles. Au cours des années suivantes, de nouveaux restes du corps de l'Homme de Lindow purent être retrouvés : les bras détériorés (qui permirent de déterminer sa taille), le torse et le pied droit (fin 1984), puis en 1988 des lambeaux de peau, les jambes, les fesses et la cuisse droite.

    L'acidité de la tourbière a conservé le contenu de l'estomac : le dernier repas consistait en grande partie de céréales cuites (blé, son et orge), ce qui correspond davantage à une offrande sacrificielle qu'à un repas ordinaire. La présence de pollen de gui dans l'estomac de la victime a d'abord paru très suggestif, compte tenu de la place qu'a cette plante dans la tradition druidique : le gui est une plante vénéneuse connue pour provoquer des convulsions, de sorte qu'il est peu probable qu'un homme l'ait ingéré accidentellement ; en outre, ce mode d'empoisonnement est bien documenté dans la littérature celtique postérieure à l'occupation romaine. Mais Gordon Hillman (1986) a justement attiré l'attention sur le fait que le pollen retrouvé dans les intestins est plus vraisemblablement du pollen qui s'est déposé sur les stigmates des fleurs de céréales, ingéré ensuite avec les graines.

    L'archéologue Anne Ross, s'appuyant sur le fait que cet homme n'exécutait pas de tâches manuelles, estime que l'Homme de Lindow était un druide. Elle suggère qu'il s'est prêté à un sacrifice, peut-être à Beltaine, après un repas de pain de graines symboliquement brûlées. L'écrivain John Grigsby, lui, croit voir dans la mort de l'Homme de Lindow une expérience mimétique de renaissance et de mort apparentée aux rites de Nerthus et d'Attis, théorie soutenue par le fait que l'analyse chimique de la peau semble montrer que l'Homme de Lindow avait peint son corps d'un pigment vert végétal.

    (source : wikipedia)
     
    L’Homme de Clonycavan

    LES HOMMES DES TOURBIERES

    L'homme de Clonycavan est le corps momifié d'un homme retrouvé dans une tourbière à Clonycavan (comté de Meath, Irlande) lors de l'hiver 2003. Sa coiffure est le plus ancien exemple de crête iroquoise connu. 

    Découverte

    Repéré dans l'énorme crible d'une machine agricole, il était nu, tête tournée vers la gauche, jambes et avant-bras arrachés par l'engin qui l'avait exhumé de la tourbière. Sa tête et son torse présentaient des marques de violences infligées avant d'être jeté dans la tourbière : il avait reçu trois coups de hache en pierre à la tête qui lui avaient ouvert le crâne, laissant sortir des parties decerveau, il avait aussi reçu un coup à la poitrine et avait été éventré. Pendant qu'il reposait dans la tourbe, le poids des sphaignes gorgées d'eau avait aplati sa tête fracassée et les eaux sombres avaient tanné sa peau comme du cuir et donné à ses cheveux bruns une teinte orange.

    Un appel fut lancé à la communauté archéologique car il ne s'agissait pas là de la victime d'un meurtre banal : l'homme de Clonycavan était en effet une momie des tourbières embaumée de façon naturelle, qui témoignait à sa façon des rituels mystérieux en usage durant l'âge du fer en Europe du Nord, dans les siècles juste avant et après la naissance du Christ. Une datation au carbone 14indique que le corps a été jeté dans la tourbière entre 392 et 201 av. J.-C. Préservées par l'absence d'oxygène et les composés antimicrobiens des sphaignes, des centaines de ces étranges momies ont été retrouvées dans les zones humides d'Irlande, du Royaume-Uni, d'Allemagne, de Hollande et particulièrement du Danemark.

    Emploi du gel capillaire à la Protohistoire

    La coiffure de l'homme de Clonycavan ne manque pas d'étonner ses observateurs. Outre les cheveux coupés court sur la nuque, il possède ce que l'on pourrait appeler aujourd'hui une forme de crête iroquoise, popularisée par le mouvement punk. Cette houppe de 20 centimètres de hauteur pouvait peut-être permettre à cet homme de se donner une plus grande taille. En effet, sa taille, estimée à1,57 m, était petite pour un homme, même entre le iiie et le iv siècles av. J.-C. Ce gel se composait d'un mélange d'huile végétale et de résine provenant de pins. Aucun arbre ne produisait ce type de résine en Irlande. Celle de l'homme de Clonycavan était donc importée. Une étude révèle qu'elle venait du sud de l'Espagne ou du sud-ouest de la France. Faire venir de si loin un produit cosmétique révèle sans doute le niveau social élevé de l'homme tué.

    Raisons du sacrifice

    Une étude menée à partir de 2003 (National Museum of Ireland's Bog bodies Research Project) et qui s'est concentrée sur plusieurs momies, dont celle d'Oldcroghan et celle de Clonycavan a proposé de voir dans ces morts la trace de rituels de royauté. Certaines gravures sur bois retrouvées près des défunts (à Ralaghan et Corlea notamment) ont été identifiées à des marqueurs de frontière. Ce genre d'objet semble avoir été utilisé à l'occasion de l'intronisation d'un nouveau roi et les corps auraient été déposés dans des zones marquant la frontière du domaine royal.  

     
    L'homme de Grauballe
     
    au musée de Moesgaard (Danemark).

    Un homme des tourbières est un être humain mort dont les restes momifiés ont été conservés dans une tourbière du nord de l'Europe (Scandinavie, îles Britanniques notamment). À la différence de la plupart des cadavres aussi anciens, par suite de conditions particulières de conservation, les cadavres des tourbières présentent des échantillons de peau et d'organes internes très bien conservés : sous certaines conditions, l'acidité de l'eau, le froid et l'absence d'oxygène concourent pour dessécher et tanner naturellement la peau des cadavres ; le squelette, en revanche, est rarement intact, car l'acidité de la tourbe dissout le phosphate de calcium qui forme l’armature des os.

    Les hommes des tourbières constituent des vestiges d'un très grand intérêt pour l'archéologie. Certains détails anatomiques ou morphologiques ont été préservés sur ces corps, comme les tatouages ou les empreintes digitales. Le médecin légiste danois C.H. Vogelius Andersen fut même surpris de constater que les empreintes digitales de l'homme de Grauballe étaient plus nettes que les siennes. La barbe et les traits de l'homme de Tollund sont aussi particulièrement bien préservés.  

    LES HOMMES DES TOURBIERES

    Données chronologiques

    Plus d'un millier de corps ont été extraits de tourbières associées à la culture celtique de l'Âge du Fer, bien que la plus vieille momie des tourbières, la femme de Koelbjerg, découverte sur l'île deFionie, ait été datée de 8000 av. J.-C et remonte donc au début du Mésolithique. La momie la plus récente est celle d'une irlandaise du xvie siècle qui a dû être ensevelie en terre non consacrée parce qu'elle s'était suicidée. Les plus anciens cadavres celtes remontent au ive siècle av. J.-C.

    Des restes momifiés d'hommes et d'animaux ont été retrouvés dans des tourbières en Grande-Bretagne, en Irlande, en Allemagne du Nord, aux Pays-Bas (Drenthe, Zélande), au Danemark (Jutland) et en Suède méridionale. Les premières mentions de trouvailles de ce genre remontent au xviiie siècle (momie de Kibbelgaarn aux Pays-Bas, en 1791). Le premier corps retrouvé dans une tourbière et photographié remonte à 1898. La découverte a eu lieu à Nederfrederiksmose (Danemark). Il est impossible de dire d'emblée, lorsqu'on découvre un tel cadavre, s'il a été enseveli il y a une décennie, un siècle ou quelques millénaires : ce sont les progrès accomplis par la médecine légale au cours du xxe siècle (notamment la radiodatation, les CT-scans, les images en 3D) qui ont permis d'en savoir davantage sur l'époque où vivaient ces hommes, sur l'âge au moment de leur décès, etc. Les biologistes ont pu étudier les fragments de peau, reconstituer les traits du visage ou déterminer les derniers aliments absorbés avant la mort en analysant le contenu de l'estomac. La denture permet également de déterminer l'âge approximatif du mort et son régime alimentaire.

    Causes du décès

    Beaucoup d'hommes des tourbières semblent avoir été exécutés, de façons d'ailleurs fort différentes : poignardés, égorgés, matraqués ou pendus. Les seins de l'homme de Croghan, par exemple, ont été tranchés. Les cadavres ont parfois été décapités, puis jetés de propos délibéré dans la tourbière, et enfoncés sous la vase à l'aide d'une perche, de fascines de saule ou de baguettes de noisetier.

    Les Germains, et bien d'autres peuples de l'Antiquité, pratiquaient souvent leurs sacrifices dans les marécages, d'où la sémantique attachée à ces lieux, marqués comme passages entre le monde des vivants et le monde des morts. L’écrivain latin Tacite rapporte également qu'ils exécutaient les lâches, les fuyards et ceux qui manquaient d’ardeur au combat en les précipitant dans un marécage :« Proditores et transfugas arboribus suspendunt, ignavos et imbelles et corpore infames cæno ac palude, injecta insuper crate, mergunt.. » (« Ils pendent les traîtres et les fuyards aux arbres, et noient les lâches, les infirmes et ceux qui refusent de se battre dans la fange et les marais, en les couvrant de branchages. ») 

    L' Homme de Tollund
     

    Si les résultats des expertises médico-légales ne permettent pas toujours de discriminer s’il s’agissait d’une exécution consécutive à un crime commis par la victime ou d'un sacrifice religieux, les signes victimaires : difformité, malformation, boiterie, étrangeté, très souvent associés aux corps retrouvés, orientent dans ces cas-là dans le sens d'une mort sacrificielle. Certains cadavres, comme celui de l’homme de Tollund (Danemark) ou l'homme de Lindow (Angleterre), ont été retrouvés avec la corde qui a servi à les étrangler. D'autres, comme la fille d'Yde aux Pays-Bas et les momies d'Irlande, avaient les cheveux coupés très courts sur une partie du crâne. Les hommes des tourbières appartenaient majoritairement à la classe aisée : leurs ongles sont manucurés et les tests effectués sur les protéines cutanées revèlent une alimentation abondante. Nous savons par le géographe Strabon que les Celtes pratiquaient la divination sur les entrailles des hommes sacrifiés : en effet, on relève sur certains corps (par exemple l'un des hommes de Weerdinge retrouvés aux Pays-Bas dans la province méridionale deDrenthe), que les entrailles ont été extraites en partie par des incisions.

    Toutefois, comme le suggère un article du National Geographic, il est possible que, dans certains cas, les blessures n'aient pas été infligées par d'autres hommes, mais résultent simplement de la pression exercée par la tourbe : cela expliquerait les nombreux cas où les os semblent avoir été écrasés. Sous réserve que la tourbe soit capable d'exercer une pression conséquente, étant donné qu'une tourbière résulte du comblement d'une zone lacustre, qu'elle est un milieu intermédiaire et toujours relativement récent, et que la densité de la tourbe est particulièrement faible.

    Une étude menée à partir de 2003 (National Museum of Ireland's Bog bodies Research Project) et qui s'est concentrée sur plusieurs momies, dont celle de Croghan et celle de Clonycavan a proposé de voir dans ces morts la trace de rituels de royauté. Certaines gravures sur bois retrouvées près des défunts (à Ralaghan et Corlea notamment) ont été identifiées à des marqueurs de frontière. Un récipient de bois contenait également du beurre des tourbières (à Rosberry). Ces objets semblent avoir été utilisés à l'occasion de l'intronisation d'un nouveau roi et les corps auraient été déposés dans des zones marquant la frontière du domaine royal.

    Conséquences pour l'archéologie

    Dans le cas des « momies » de Cladh Hallan, les immersions dans la tourbe ont pu être interprétées comme une technique primitive d'embaumement pour les nobles.

    Aujourd'hui, les rayons X sont une étape préliminaire importante pour l'examen des hommes des tourbières, car ils permettent de dessiner la forme de la momie intacte au sein de la gangue de tourbe. On peut alors dégager le corps sans risque de l'endommager par un creusement hâtif. La datation par le carbone 14 est très fréquemment utilisée, car elle permet de situer chronologiquement la période d'enfouissement, du moins jusqu'à la fin du Paléolithique. Pour ce qui est des causes du décès, dans un grand nombre de cas, on constate qu'il s'agit d'une mort violente voire d'une exécution. L'homme de Tollund, par exemple, avait un lacet serré autour du cou et l'homme de Windeby I a été repoussé au milieu du marécage à l'aide d'une perche.

    Comme la tourbe préserve les tissus mous, le contenu de l'estomac peut presque toujours être analysé. On peut ainsi connaître précisément le régime alimentaire de ces populations. La reconstruction faciale donne aussi des résultats impressionnants ; conçue à l'origine pour identifier les victimes de crimes contemporains, cette technique permet de reconstituer les traits du visage à partir de la forme du crâne et de l'âge de la victime au moment du décès. Ainsi, Richard Neave de l'université de Manchester a pu reconstituer en 1993 le visage de la fille d'Yde, à partir detomographies du crâne. Cette momie et sa reconstruction faciale sont exposées au musée de Drenthe à Assen. On a pu également reconstituer le visage de l'homme de Lindow (British Museum à Londres), et de Windeby I (Archäologisches Landesmuseum, Schleswig, Allemagne).

    (source : wikipedia

      
     
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