• L'hypothèse "Gaïa" ou la terre est un être vivant

    Conscience de l'homme

    L'Hypothèse "Gaïa"

    La terre est un être vivant ! 

    Vue d'artiste de la Terre et citation de Lovelock
     
    L'hypothèse Gaïa, appelée également hypothèse biogéochimique, est une hypothèse scientifique controversée, initialement avancée par l'écologiste anglais James Lovelock en 1970, mais également évoquée par d'autres scientifiques avant lui, selon laquelle la Terre serait « un système physiologique dynamique qui inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d'années, en harmonie avec la vie ».
      

    L'ensemble des êtres vivants sur Terre serait ainsi comme un vaste organisme appelé « Gaïa », d'après le nom de la déesse de la mythologie grecque personnifiant la Terre réalisant l'autorégulation de ses composants pour favoriser la vie. Un exemple cité par Lovelock à l'appui de son hypothèse est la composition de l'atmosphère, qui aurait été régulée au cours du temps de manière à permettre le développement et le maintien de la vie.

    L'hypothèse Gaïa repose sur un modèle scientifique qui se fonde sur plusieurs constatations écologiques, climatologiques, géologiques ou encore biologiques (à travers la notion d'éco-évolution notamment) et appelé Earth system science. Il en résulte un pronostic alarmiste quant à l'avenir de la biosphère, face au défi du changement climatique notamment.

    L'hypothèse Gaïa est développée par James Lovelock dans plusieurs ouvrages : Les Âges de Gaïa (1990), La Terre est un être vivant, l’hypothèse Gaïa (1999), Gaïa. Une médecine pour la planète (2001) et enfin La Revanche de Gaïa (2006) qui dresse le tableau d'une planète devenue inhabitable pour l'homme. D'autres scientifiques comme Lynn Margulis reprennent l'hypothèse Gaïa, qui depuis les travaux de Lovelock a fait l'objet d'une abondante littérature, tant scientifique que philosophique. Du modèle géobiochimique est née la géophysiologie qui, dans la continuité de l'hypothèse Gaïa, propose d'étudier toutes les interactions existant au sein du système-Terre.

    Définition et champ épistémologique

    Expériences et constatations ayant conduits à Gaïa

     Le modèle de Lovelock est né d'une multitude de constatations scientifiques, de toutes disciplines, s'échelonnant de 1965 à 2000 principalement et dont l'ensemble constitue ce que Mitchell Rambler, René Fester et Lynn Margulis ont nommé l'« écologie globale » Global Ecology. Des recherches sont encore menées au sein de divers centres d'étude comme le Centre for Ecology and Hydrology, le Hadley Centre for Climate Prediction and Research et la Edinburgh Research Station par exemple. Dans ses divers ouvrages James Lovelock cite un corpus d'expériences appuyant son modèle gaïen, parmi lesquelles :

    Dès 1968 Lynn Margulis écrit un article intitulé The Origin of Mitosing Eukaryotic Cells qui fondera plus tard la théorie endosymbiotique. Elle fait alors dans cet article et plus tard dans son ouvrage le lien entre la physiologie et les régulations à l’échelle terrestre ; en 1971 elle s'associe à Lovelock et, en 1976 les deux scientifiques écrivent « Is Mars a Spaceship, Too? » qui propose une lecture gaïenne de l'atmosphère martienne.

      

    En 1972, James Lovelock entreprend un voyage scientifique sur le navire le Shackleton ; son but est de mesurer la teneur atmosphérique en Sulfure de diméthyle (DMS) en des points différents du Globe. Il conclut que les organismes marins ont un rôle de régulation dans la diffusion des DMS et publie la même année le premier article évoquant le mécanisme gaïen : « Gaia as seen through the atmosphere ». Avec d'autres scientifiques  Robert Charlson, Meinrat Andrea et Stephen Warren Lovelock émet l'hypothèse « CLAW » (acronyme des noms des auteurs) qui postulent que les émissions de DMS produit par le plancton marin modifient l'absorption de lumière de la planète et sont impliquées dans la régulation climatique, via un processus similaire à celui de l'albédo. L'hypothèse CLAW est confirmée expérimentalement par M. O. Andreae en 1978

    Richard Betts du Hadley Centre for Climate Prediction and Research a montré dans quelle mesure les forêts tropicales ont surmonté la limitation en eau en s'adaptant à un milieu chaud, par un recyclage de celle-ci. Betts et son collègue, Peter Cox, postulent qu'une élévation de 4 °C de la température suffirait à mettre la forêt amazonienne hors d'état d'assurer ce mécanisme de refroidissement. Andrew Watson et Tim Lenton ont montré le maintien d'une composition chimique stable dans le mélange atmosphérique, et notamment le rôle joué par le phosphore. Enfin, Peter Liss a expliqué en quoi les océans sont les sources biologiques des éléments essentiels à la chimie de la biosphère (soufre, sélénium et iode principalement).

    Un nouveau point de vue sur la vie

    Plus qu'une explication géologique, l'hypothèse Gaïa est selon ses partisans une vision particulière de la vie, une réponse scientifique à la question du Vivant, concept protéiforme selon la discipline concernée, voire ignorée par les communautés scientifiques pour James Lovelock : « Je lus beaucoup, espérant découvrir dans la littérature scientifique une définition complète de la vie considérée comme un processus physique, sur laquelle il serait possible de fonder le principe des expériences visant à la détecter. (…)

    On avait accumulé des tonnes de données sur tous les aspects imaginables des espèces vivantes, des parties les plus extérieures aux plus intérieures. Mais dans la vaste encyclopédie de faits qui se trouvait à notre disposition, le cœur du sujet (la vie elle-même) avait été quasiment ignoré. ». En ce sens la conception gaïenne tient de celles d'Alfred James Lotka et d'Erwin Schrödinger (dans What is Life?, 1944). L'hypothèse permet de dépasser le cadre dichotomique habituel du biotique - abiotique en montrant que les espèces participent à l'histoire du milieu, qui, en retour, a pour finalité le développement de la biosphère : « La vie ne s’est pas adaptée à un monde inerte déterminé par la main morte de la chimie et de la physique. Nous vivons dans un monde qui a été construit par nos ancêtres, anciens et modernes, entretenu en permanence par le biote actuel dans sa totalité. » D'un point de vue philosophique, le modèle gaïen que Jacques Grinevald nomme la Biosphère-Gaïa s'apparente à une nouvelle philosophie des Lumières.

    Il ajoute que les espèces également obéissent à une autorégulation vers plus de stabilité : « Si, dans le monde réel, l’activité d’un organisme modifie son environnement matériel dans un sens qui le favorise, et que par conséquent, il a une descendance plus abondante, alors l’espèce et la modification vont croître l’une et l’autre jusqu’à ce qu’un nouvel état stable soit atteint. ». Enfin, au final, « à une échelle locale, l’adaptation est le moyen par lequel les organismes peuvent survivre dans des environnements défavorables, mais à l’échelle planétaire, l’association entre la vie et son environnement est tellement étroite que la notion tautologique d’« adaptation » est proprement évacuée. ».

    En ce sens, le modèle gaïen est une réponse au darwinisme strict qui voit dans la vie un accident n'ayant aucune espèce de relation à l'environnement selon Lynn Margulis. Philippe Bertrand, dans Les Attracteurs de Gaïa (2008) décrit l'évolution du système-Terre comme la mise en place d'une complexité croissante créant et faisant interagir différents niveaux de régulation (les « attracteurs »), biologiques et non biologiques, depuis les cellules jusqu'au cadre global, chimique, biogéochimique, climatique et gravitationnel, et où l'évolution par sélection naturelle joue toutefois pleinement son rôle.

    Origines du nom « Gaïa

    L'hypothèse d'une Terre animée (même si Lovelock ne lui attribue jamais d'intelligence ou d'émotions) est un thème récurrent dans l'imaginaire humain, que cela soit dans la littérature ou dans les théories scientifiques. Si cependant aucun modèle n'a été aussi précis et argumenté que celui de Lovelock, qui est un « scientifique sans affiliation », d'autres auteurs ont proposé une vision assez proche de celle de l'écologiste. La personnification du concept n'est donc au final qu'une métaphore heuristique qui remplit un but avant tout didactique : « Dans cet ouvrage, je parle souvent de l’écosystème planétaire, Gaïa, comme vivant, (…).

    Lorsque je fais cela, je ne me cache pas que le terme « vivant » relève de la métaphore et que la Terre n’est pas vivante comme vous et moi ou même une bactérie. Dans le même temps, j’insiste sur le fait que la théorie Gaïa elle-même est véritablement de la science et non une simple métaphore. J’utilise le terme « vivant » comme un ingénieur disant qu’un système mécanique est vivant, pour distinguer son comportement lorsqu’il est mis en marche ou arrêté, ou au point mort » explique son créateur. 

    Néanmoins, ce point de vue est celui de Lovelock au début de son hypothèse, au moment où il doit ménager son image au sein de la communauté scientifique. Depuis, il l'a largement personnifiée, jusqu'à élargir le modèle à une dimension mystique voire religieuse, mais sans jamais en faire une entité consciente ou une sorte de dieu vivant. Les théories Gaïa par contre, se réclamant de ses assertions, ont développé à sa suite l'idée que la Terre aurait une « conscience », voire qu'elle serait une sorte de divinité, dans la tradition du mouvement New Age.

    Gaïa

    Gaya, Gaiya, Gæa ou Gè  est en effet dans la mythologie grecque la déesse de la Terre, mère des dieux, liée au culte de la fécondité, et aussi l'une des plus ancienne représentation théiste de l'histoire humaine puisqu'on retrouve des statues de la terre-mère (Grande Déesse) à l'époque préhistorique (Mohenjo-daro et Harappa). Le nom de l'hypothèse a été choisi par Lovelock sur l'avis de l'écrivain et ami William Golding ; l'universalité du nom, permis par la diffusion de la mythologie grecque d'une part, le fait que le nom par ailleurs véhicule une idée de protection et de maternalisme, procure à l'hypothèse une métaphore adéquate. Lovelock fut dès le début conscient de l'importance de fournir une métaphore universelle et immédiate, et ce afin d'en rendre le contenu vulgarisable, et afin de rivaliser avec les autres modèles reconnus. Par opposition à cet aspect positif, Lovelock parle aussi de Kâlî, déesse qui représente l'aspect destructeur divin dans l'hindouisme, aspect négatif de la Terre si elle venait à expulser l'homme.

    Gaïa et la systémique

    Le modèle de Lovelock s'enracine précisément dans la systémique, théorie elle-même née de la cybernétique de Wiener, et exposée notamment par Joël de Rosnay dans Le Macroscope. Gaïa répond ainsi à toutes les propriétés inhérentes à la définition d'un système. Lovelock et ses partisans n'ont en effet de cesse dans leurs ouvrages de faire de la Terre, du climat et de ses processus, des systèmes ouverts suivant les conclusions de la cybernétique, même « si » certains processus ne sont pas reconnus comme systémiques par certains détracteurs comme Richard Dawkins. Le système-Terre possède en effet trois caractéristiques cybernétiques :

    L'hypothèse Gaïa devient ainsi, après sa reconnaissance en 2001 lors du Congrès d'Amsterdam, un pilier fondateur du modèle interdisciplinaire écologique nommé Earth system science, qui réunit de nombreuses disciplines scientifiques autour d'une volonté commune : comprendre, modéliser et prévoir les soubresauts de la Terre, dans une approche systémique.

    (source : Wikipedia)

     

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