Les mystérieuses tablettes Rongorongo

Une écriture non déchiffrée...
Coupés du monde pendant des siècles, les habitants de l'île de Pâques connaissaient-ils l'écriture ?
Leurs signes gravés, le rongorongo, intriguent et fascinent les chercheurs depuis plus d'un siècle...

Le mystère de l’écriture Rongo Rongo
Les pictogrammes gravés sur les tablettes représentent des personnages, des objets utilitaires : des poissons, lézards, singes, oiseaux, pagaies, etc... stylisés.
Le nombre de caractères est de l'ordre de cinq cents environ. Il s'agit donc d' une écriture idéographique, et non d'une écriture alphabétique ou purement syllabique.
En dépit des contestations, cette écriture s'apparente d'une façon frappante avec l'écriture dite « proto-indienne » de la vallée de l'Indus (Cette écriture peut être datée au minimum de 2600 à 3000 ans avant Jésus Christ) .
Malheureusement, toutes les études faites sur l'écriture de la civilisation harappéenne du Penjab, notamment celle de Mohenjo-Daro, n'ont pu être déchiffrées à ce jour !
On ignore donc l'âge de ces tablettes " Rongo Rongo", de ces bois parlants, qui ne sont pas originaires de l'île de Pâques et ceci, pour la simple raison, que leur bois n'existe pas sur l'île !
Les derniers secrets de l'Île de Pâques et l'écriture « rongo-rongo »

C'est un bien étrange cadeau que Mgr Tepano Jaussen, évêque de Tahiti, reçut en 1868. Les habitants de l'île de Pâques, tout juste convertis, lui offrirent une corde de cheveux humains d'une centaine de mètres de long, important élément de parure pour les Pascuans. Elle était enroulée autour d'un morceau de bois sur lequel l'évêque discerna des signes gravés. Stupéfait, il fit activement rechercher d'autres objets porteurs de glyphes.
Les bâtons de chantre
Très peu de tablettes, nommées kohau rongorongo, littéralement « bâton de chantre », furent retrouvées.
Les rares Pascuans qui avaient survécu aux massacres, à la déportation, à l'esclavage, à la variole, c'est-à-dire aux contacts avec les Européens et les Américains, ne savaient ni lire ni graver les impénétrables signes. La tradition rapporte qu'ils leur furent enseignés par Hotu Matua, le roi fondateur divinisé.
Amateurs et spécialistes tentèrent de les déchiffrer et de répondre à la première des questions :
s'agit-il d'une écriture ou de simples dessins ? Leurs efforts furent vains.
Le monde occidental ne pouvait croire que les habitants de cette petite île perdue au milieu du Pacifique à plus de 2 000 km des terres habitées les plus proches, coupés des autres hommes pendant des siècles, avaient inventé une écriture. Les plus sceptiques ne voyaient dans le rongorongo qu'une grossière imitation, dépourvue de sens, de l'écriture occidentale. En guise de signature, les chefs pascuans avaient, en 1770, apposé des signes rongorongo sur l'acte de cession de l'île aux Espagnols. Ils n'auraient fait qu'aligner certaines formes du répertoire iconographique habituellement gravées dans la pierre.
Sur une centaine de sites, les roches de l'île sont en effet gravées de milliers de motifs dont certains sont semblables aux signes rongorongo. Mais, se référant aux autres cultures polynésiennes, la majorité des chercheurs avaient plutôt conclu que les glyphes pascuans étaient un moyen mnémotechnique utilisé, lors des cérémonies, par les récitants des traditions orales et des généalogies.
Certains linguistes réfutent cette interprétation. Même s'ils divergent dans leur analyse,une chose est sûre : ces alignements de signes gravés avec une très grande finesse sur des objets de bois forment bien une écriture. Car ils sont assemblés et/ou combinés de façon très structurée.

(photos : karenstollznow)
Un problème d'interprétation et de chronologie
Les travaux de ces dernières 30 années, se fondent sur les récits des missionnaires et des explorateurs, les données recueillies par les ethnologues et les archéologues sur la culture pascuane et les études menées dans les années 50 par le linguiste allemand Thomas Barthel. Ce dernier avait répertorié plus de 14 000 signes - figures géométriques, plantes et animaux, objets usuels et parties du corps humain - à partir des vingt et une tablettes connues ainsi que des quelques pectoraux et d'un bâton-sceptre porteurs de glyphes identiques. Parmi ces 14 000 signes, il avait identifié 595 signes de base.
Barthel conclut que les éléments de base étaient trop nombreux pour former un alphabet et qu'ils représentaient donc des mots ou des concepts. L'une des caractéristiques les plus étonnantes du rongorongo est son mode de lecture, unique au monde : le « boustrophédon inversé » . Les signes se lisent de gauche à droite et de haut en bas, mais, à chaque fin de ligne, il faut tourner la tablette de 180° afin de placer la suivante dans le bon sens, car chaque ligne est tracée à l'envers par rapport à la précédente.
Un vieux Pascuan instruit des traditions de son peuple s'était mis à chanter en suivant ainsi les lignes sur une tablette que Mgr Jaussen lui avait présentée. Au bout d'un siècle d'essais et de cogitation, le rongorongo reste une énigme. Il ne fait aucun doute que son déchiffrement est encore loin.

Quant au moment de son apparition, l'hypothèse d'une création relativement récente, inspirée de l'écriture occidentale, semble compromise. Car ont a recueilli des graines de Paschalococos disperta, le palmier de l'île de Pâques.
Cet arbre possède un tronc caractéristique en forme de bouteille, que l'un des signes rongorongo serait censé représenter. Les plus récentes de ses graines sont datées de 1300 à 1640, elle sont donc antérieures à la découverte de l'île par les Espagnols en 1722. Si ce signe a été inventé alors que l'arbre existait encore, le rongorongo serait né bien avant l'arrivée des Européens - assurément après le VIe siècle, époque où les premiers hommes sont parvenus sur l'île.
Mais sous quelle impulsion ? Même si les chercheurs reconnaissent aux Pascuans de fabuleux dons artistiques, une technique raffinée du travail du bois et de la pierre, une inspiration variée et pleine de fantaisie, une évolution culturelle originale par rapport aux autres peuples polynésiens, ils ne savent à quoi attribuer une invention si élaborée. Ils restent en effet fidèles à l'idée que l'écriture n'apparaît qu'au sein de civilisations en plein développement, dominées par un fort pouvoir central, situées dans un réseau dense de contacts et d'échanges.
Les Pascuans, eux, sur leur île lointaine, grande comme celle d'Oléron, n'ont, pendant plus d'un millénaire, entretenu presque aucune relation avec le reste du monde. Ils se sont divisés en clans ennemis et ont cultivé leurs petits jardins.
Ce qui empêche de déchiffrer une écriture, c'est soit la méconnaissance du système linguistique auquel elle est liée, soit l'insuffisance des documents écrits. C'est pourquoi les linguistes butent toujours sur l'écriture de la civilisation de l'Indus dont, par ailleurs, certains symboles et dessins ressemblent étrangement à ceux de l’île de Pâques.
Le très faible nombre des tablettes rongorongo connues rend peu fiables les études statistiques. Les travaux archéologiques menés sur l'île de Pâques apporteront peut-être d'autres documents aux linguistes.
(source : inmysteriam)





(photo : karenstollznow)
Les tablettes - Aspect général
Les signes des tablettes présentent l'aspect d'homoncules et d'animaux stylisés, parfois de plantes, souvent de formes géométriques ou fantastiques, et d'objets que l'on a du mal à interpréter. Ces signes sont codés par la norme ISO 15924.Vingt-six objets en bois portant des inscriptions rongo-rongo ont été collectés dans la seconde moitié du xixe siècle et sont aujourd'hui conservés dans des musées et des collections particulières. Il s'agit majoritairement de tablettes mais aussi d'un bâton de chef, d'une statuette d'homme-oiseau tangata manu, et deux reimiro (ornement pectoral). La tradition épigraphique les désigne soit par une lettre majuscule soit par un nom descriptif.
(source : wikipedia)
Enfin, reste l’énigme de l’écriture rongorongo dont la dernière pierre fut apportée par le Docteur Steven Roger Fischer. Cette écriture est restée longtemps indéchiffrable et représente un des systèmes graphiques les plus expressifs. On y trouve des figures humaines, des oiseaux, des poissons, des plantes, des figures géométriques et bien d’autres choses. On trouve cette écriture sur des tablettes de bois, des statuettes, des pectoraux et même sur des crânes humains. C’est Eugène Eyraud, missionnaire résidant sur l’île de Pâques, qui le premier en parle, en 1864, dans une des lettres qu’il écrit à son supérieur. En 1869, c’est l’évêque « Tepano » Jaussen qui les redécouvre et rassemble les tablettesrongorongo, car il soupçonne qu’elles peuvent un jour conduire à déterminer l’origine des Pascuans. L’écriture rongorongo devint dès lors l’objet d’une attention soutenue de la part du monde scientifique. Diverses excursions sont organisées sur l’île (dont l’une par l’anthropologue suisse Alfred Métraux en 1934-1935) dans le but d’en savoir plus sur ces fameuses tablettes.
Durant 7 ans, Steven Roger Fischer fait partie des chercheurs passionnés de l’histoire de l’île de Pâques. Il est convaincu par un bon nombre d’indices que cette écriture est un phénomène plutôt récent datant au plus de la fin du XVIIIème siècle.
En 1770, les espagnols qui étaient seulement les seconds visiteurs étrangers de l’île, écrivirent une proclamation d’annexation de l’île. Ils demandèrent aux Pascuans de signer ce document au cours d’une cérémonie formelle. Lorsque les Pascuans prirent la plume pour imiter les espagnols en un semblant de signature, ils sentirent le mana, la force spirituelle, qui résidait dans cette forme de communication qui alliait le langage oral à une forme graphique. Aucun autre peuple océanien ne possédait à cette époque un système d’écriture car ils n’en avaient apparemment pas besoin. Dès le départ des espagnols, les Pascuans cherchèrent à capter lemana pour traduire à leur tour, en signes, leur langage oral. Pour ces signes, ils utilisèrent divers motifs tirés de l’inventaire de l’art sculptural de l’île, qui est aujourd’hui considéré comme le plus riche de la polynésie. Par conséquent, le système d’écriture unique doit son inspiration, sa linéarité et son sens de la lecture au contact avec les européens. Cependant, les signes, le mécanisme interne, les textes et les rituels sont entièrement le produit du génie Pascuan.
L'écriture rongorongo s'est développée depuis les années 1770-1780 jusqu'au milieu des années 1860, quand la société Pascuane implosa.
On put aussi mettre des sonorités en correspondance avec les signes grâce au Pascuan Daniel Ure Va'e Iko en 1886 lorsqu'il rendit visite aux officiers de l'armée navale américaine et qu'il chanta à cette occasion le chant traditionnel rongorongo "Atua Mata Riri" ou "les yeux colériques de Dieu". Le chant est une liste de 41 procréations, utilisant une structure rhétorique répétitive telle que : "La Terre copula avec le poisson Ruhi Paralyser : cela donna naissance au Soleil." On constata que la structure du chant était identique à la structure de l'écriture rongorongo basée sur une structure ternaire.
Toutes ces trouvailles rendent à la culture polynésienne ses lettres de noblesse ainsi que sa formidable unité au-delà des distances géographiques qui séparent ces nombreuses îles. Seules les sept moai de l’Ahu Akivi sont tournées vers l’Ouest et regardent la mer, toutes les autres étant orientées vers l’intérieur des terres. Ne serait-ce pas un rappel de l’origine des premiers habitants de l’île qui vinrent de la direction indiquée par le regard des moai ?
(photo : audreyandcedric)
Ces statues silencieuses nous inspirent et ne cessent de nous rappeler notre rôle d’être humain sur la terre : être un canal « entre Ciel et Terre ».
Kinthia APPAVOU (source : uniteterreciel)


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